La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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Scowl

Ni ciel ni enfer pour Scowl…

Scowl, groupe hardcore de Santa Cruz, sortira son nouvel album, « Are We All Angels », ce 4 avril. Il a été mixé par Rich Costey (Fiona Apple, My Chemical Romance, Vampire Weekend, etc.) Un elpee marqué par l'aliénation, le chagrin et la perte de contrôle, dont une grande partie traite de leur nouvelle place dans la scène hardcore, une communauté qui a à la fois embrassé la formation et fait de lui une sorte de paratonnerre au cours des dernières années.

Le premier single, « Not Hell, Not Heaven », rejette catégoriquement les récits qui leur sont attribués par les gens de l'extérieur. ‘Il s'agit de se sentir victime et d'être victime, mais de ne pas vouloir s'identifier à la victime’, explique la chanteuse Kat Moss. ‘Il s'agit d'essayer de trouver la grâce dans le fait que j'ai mon pouvoir. Je vis dans ma réalité. Il faut faire avec ce à quoi on a affaire, et ça ne marche pas pour moi’’.

Sur « Are We All Angels », le band explore à chaque fois de nouvelles directions ambitieuses et bouscule les normes du genre. L'évolution la plus visible est celle de Moss, qui abandonne le mordant des précédents long playings du groupe au profit d'une approche plus texturée et parfois délicate. Il déploie des harmonies et des sensibilités mélodiques qui pourraient surprendre même les fans les plus dévoués de Scowl.

Sur le plan instrumental, il cite des influences telles que Negative Approach, Bad Brains, Hole, Mudhoney Garbage, Ramones, Pixies, Sonic Youth, Rocket From The Crypt et bien d'autres. Le bassiste Bailey Lupo déclare : ‘L'écriture des chansons sur ce nouvel album a été la plus collaborative de toute l'histoire de Scowl. Tout le monde a apporté tellement d'idées que nous avons pu les disséquer et prendre notre temps. Nous avons tous des goûts, des influences et des personnalités très éclectiques et cela s'entend dans tous les coins de l'album’.

Le clip de « Not Hell, Not Heaven » est à voir et écouter

 

 

RY X

Du fragile au dansant, RY X a réussi son coup en douceur…

Écrit par

Nommé aux Grammy Awards, RY X a décroché un énorme hit, « Berlin », en 2013. Cinq elpees à son actif, dont le dernier, « Blood Moon », est paru en 2023 (c’est également le titre choisi pour sa tournée actuelle). En février dernier, il a gravé « All I Have », un morceau qui annonce la sortie d’un nouvel album studio.

Cet artiste est constamment à la recherche de connexions : connexion avec la nature, avec l'esprit et avec les expériences humaines. Il a joué dans le monde entier et s'est produit dans certains des lieux les plus emblématiques de la planète

Ry X, de son vrai nom Ry Cuming, est né en 1988 à Angourie, en Nouvelle-Galles-du-Sud (Australie). Musicalement, il est toujours resté fidèle à sa formule sonore, en mêlant folk intimiste et musique électronique ; et cette constance a porté ses fruits, car il a facilement trouvé une connexion avec les jeunes et les moins jeunes. Ce n’est pas un hasard si le lien avec son public est d’une grande importance. Il est programmé pour deux soirées à l’AB. Votre serviteur assiste à la première. Cosmopolite, l’auditoire comporte un fort contingent de jeunes spectateurs. Et la salle, vous vous en doutez, est pleine à craquer.

Le supporting act est assuré par un duo espagnol, réunissant deux personnalités improbables aux univers différents, Alex Serra et Totidub. Mais c'est leur amour pour les sons naturels qui les a rapprochés. Ils sont issus de la région de Barcelone.

Aux vocaux, Alex Serra (page ‘Artistes’ ici) chante d’une voix douce, envoûtante et aérienne, dans la langue de Shakespeare ou de Cervantes. Barbu et chevelu, il ressemble à Jésus-Christ. Casquette en pied-de-poule vissée sur le crâne, Totidub (page ‘Artistes ) est assis derrière un pupitre rempli de machines et de consoles, dont il se sert pour bidouiller des tas de sonorités et notamment électro/dub et techno.

Le voyage est immédiat vers les immenses sphères d’un pays imaginaire. La cohésion entre les deux artistes fonctionne à merveille et provoque des explosions d'enthousiasme dans la foule. Il y a de l'âme, de la passion et de la fraîcheur dans leur performance, et c'est précisément grâce à cette alchimie que le tandem constitue un excellent choix pour servir d’entertainer. En outre, réussir à faire taire complètement un auditoire lors d'une première partie, c’est plutôt rare…

Une énorme toile blanche est tendue derrière les musicos, soit deux claviéristes dont l’un double à la basse et l’autre au violon, mais sur une estrade et un drummer installé sur une autre petite plate-forme, le tout formant une sorte de triangle au milieu duquel évolue Ry X.

Derrière son micro et le stetson rivé sur le crâne, cet autre barbu est entouré de claviers. Ce qui ne l’empêche pas de se consacrer également à la guitare, alternant entre une semi-acoustique et une dobro électrique. C’est lui le cœur du spectacle. D’ailleurs les projecteurs du plafond se focalisent en permanence sur lui. Cependant, ceux installé sur le podium, au pied de la tenture, balaient les artistes et le public. L’ambiance est pourtant particulièrement sombre, rendant alors le concert, intimiste et cosy.

Le set débute s’ouvre par « Sweat » qui plonge la salle dans un silence religieux, tandis qu’attentive, la foule accueille Ry X. On n’entend pas une mouche voler ! Armé de sa semi-acoustique et à l’aide de sa voix délicate et apaisante, il subjugue. Et la conjugaison des quatre synthés, des percussions, des cordes de violon, de la basse ainsi que de la guitare accentue cette impression. Mais quand les beats électro se déclenchent, on se croirait dans un dancing.

« Salt » se distingue par son jeu d’ombres et de lumières. Son backing group est subtilement mis en valeur grâce à un éclairage sophistiqué.

A ce moment, la musique de Ry X s’apprécie les yeux fermés. Mais attention, il faut les garder bien ouverts, car l'Australien revient rapidement à un concept visuel clair.

« Tell Me » a quelque chose de magique, alors que la diffusion d’images sur le drap blanc, tout au long de « All I Have », est captivante. La foule reprend les refrains de « You ».

L'interaction entre les artistes sur les planches est chaleureuse, tout comme celle avec l’auditoire.

Quand la guitare se fait discrète, Ry Cuming opte pour une approche plus électronique. « Bound » amorce ce changement de cap. Plutôt discret au début, il s’emballe lorsque les beats puissants émergent, rendant le public hystérique, prêt à investir le dancefloor.

L’Australien démontre toute sa maîtrise aux commandes de sa musique sur l’euphorique « The Water ». Détendue, la foule se laisse porter sur les eaux de sa ville natale, le paradis des surfeurs d’Angourie.

Du fragile au dansant, RY X a réussi son coup en douceur. Entre ces morceaux dansants, il y a également de l’émotion. Ce n’est pas un hasard si « Berlin » nous ramène sur terre un instant. Le violoniste communique à l’ensemble du morceau une touche mélancolique supplémentaire qui bouleverse les aficionados aux âmes sensibles...

Pendant le titre final, les tribunes se lèvent pour crier « Howling », en lançant les bras dans tous les sens et en reprenant chaque parole.

Lors de la première chanson du rappel, RY X nous réserve une surprise. Pour la première fois, il interprète « Love Like This », une composition vieille de onze ans, en compagnie de son ami Alex Serra. Une première à laquelle Bruxelles a répondu avec enthousiasme. Le set s’est terminé en douceur et intimisme par le magnifique « Only ». Une bien belle soirée !

Setlist : « Sweat », « Salt », « Tell Me », « All I Have », « You », « Bound », « Oceans », « Berlin » (Solo), « Shortline », « The Water », « Lençóis (Love Me) », « Howling ».

Rappel : « Love Like This « (avec Alex Serra), « Only ».

(Organisation : Live Nation)

Steven Wilson

The Overview

Une odyssée progressive au bord de l’infini…

Steven Wilson n’est pas un musicien qui se repose sur ses lauriers. À 57 ans, le maître britannique de la musique progressive, cerveau de Porcupine Tree et architecte sonore hors normes, livre ici son huitième album solo, et peut-être son opus le plus audacieux à ce jour. Sorti ce 14 mars 2025 sur Fiction Records, cet album de quarante-deux minutes, partagé en deux longues pièces, n’est pas une simple addition à sa discographie prolifique : c’est une somme, un manifeste rétrofuturiste qui explose les frontières du genre qu’il a contribué à réinventer depuis trois décennies.

Une genèse introspective et cosmique

Écrit, produit et mixé dans son home-studio entre décembre 2023 et août 2024, "The Overview" s’inspire de ‘l’effet de vue d’ensemble’ (‘the overview effect’), ce vertige existentiel ressenti par les astronautes face à la Terre vue de l’espace.

Dans un ‘Questions-Réponses’ réservé aux fans, Wilson a commenté la genèse de “The Overview” : ‘L'année dernière, j'ai vu un très bon ami à moi, Alex Milas, qui dirige une organisation appelée Space Rocks, et je lui ai parlé de la possibilité de faire une sorte de collaboration. Son organisation a pour objectif de réunir le monde de la science et de l'astronomie par le biais de la musique. Je me suis dit que je pourrais peut-être créer une bande-son pour un de ses événements. Et il a commencé à me parler du ‘Overview Effect’. C'est le phénomène que vivent les astronautes lorsqu'ils vont, pour la première fois, dans l'espace et qu'ils regardent la Terre depuis l'espace. Ils ont cette prise de conscience où ils comprennent à quel point la Terre est insignifiante et donc, par extension, à quel point les êtres humains sont insignifiants par rapport au cosmos. Il m'a expliqué que certaines personnes ont une réaction positive à cela, mais que d'autres ont une réaction très négative. J'ai immédiatement imaginé, dans ma tête, la possibilité d’enregistrer un album conceptuel sur ce thème. J'ai en quelque sorte entendu tout le disque dans ma tête, en tant qu'ébauche. J'ai su, à ce moment-là, qu'il fallait que ce soit quelque chose de long. Que ce soit un seul morceau de musique ininterrompu. Je suis donc rentré chez moi et en six à huit semaines, j'ai esquissé les compositions et élaboré la plupart des morceaux de base que l'on entend sur l'album final. Donc, oui, ça s'est mis en place facilement. J'aimerais que ce soit toujours aussi simple.’

Wilson, habitué à explorer les tréfonds de l’âme humaine, traduit cette sensation en deux pistes : "Objects Outlive Us" (23:17) et "The Overview" (18:27). Ces titres ne sont pas de simples chansons, mais des suites fragmentées en mouvements (huit pour la première, six pour la seconde), qui oscillent entre méditation philosophique et voyage interstellaire.

Accompagné de musiciens exceptionnels, Craig Blundell à la batterie, Adam Holzman aux claviers, Randy McStine aux guitares, Wilson s’entoure aussi d’une plume prestigieuse : Andy Partridge de XTC, qui signe les paroles de “Objects : Meanwhile”. Ce clin d’œil adressé à l’un de ses héros personnels ajoute une couche d’élégance pop à une œuvre par ailleurs dense et ambitieuse.

Une anthologie sonore rétrofuturiste

Dès les premières notes de "Objects Outlive Us", on reconnaît la patte de Wilson : un classicisme progressif à la "Dark Side of the Moon", construit autour de guitares stratosphériques et de claviers évoquant les grandes heures de Porcupine Tree ("In Absentia", "Fear of a Blank Planet"). Le ‘riff’ de base aux claviers comporte 19 notes qui se déroulent sur une signature rythmique asynchrone rappelant le style hypnotique de Happy The Man (“Carousel”).

Wilson explique : ‘Sur la première face, presque tout le matériel musical est dérivé de la même mélodie de 19 notes, qui est accompagnée d'une ligne de basse. Et même si vous n'en êtes pas conscient lorsque vous écoutez le morceau, tout émane de cet unique thème. J'ai décidé de regarder ce motif thématique depuis différentes perspectives, différentes signatures rythmiques et différentes tonalités. C'est ce qu'“Objects Outlive Us” est devenu : un morceau de 23 minutes, essentiellement dérivé d'une seule idée musicale. Même si j'espère que cela ne donne pas cette impression lorsque vous l'écoutez.’

Mais là où certains pourraient se contenter de recycler les recettes de la musique ‘prog’, Wilson les développe. “No Monkey’s Paw” ouvre sur une texture ambient digne de Brian Eno, avant que “The Cicerones” n’introduise des dissonances électroniques rappelant Aphex Twin. Cette fusion entre ‘prog’ et expérimentation moderne n’est pas nouvelle chez lui ("The Future Bites" en témoignait déjà), mais elle atteint ici une cohérence rare.

La seconde pièce, "The Overview", est plus contemplative. “Perspective” démarre comme une lente ascension, articulée autour de synthés éthérés et d'une batterie feutrée, avant que “Borrowed Atoms” ne déploie une mélancolie familière aux fans de "The Raven That Refused to Sing". Le final, “Permanence”, s’achève sur une note suspendue : un fade-out qui semble miroiter dans l’infini, comme si Wilson nous laissait seuls face à l’immensité cosmique qu’il décrit.

Références et réinvention

Ce qui frappe dans "The Overview", c’est sa capacité à condenser les différentes périodes de sa carrière en une encyclopédie sonore. On y décèle des échos de Porcupine Tree dans les crescendos dramatiques (“Cosmic Sons of Toil”), des réminiscences de "The Harmony Codex" au sein des thèmes spatiaux, et même une touche indie-pop (Blackfield, XTC). Pourtant, l’œuvre ne sent jamais le réchauffé. Wilson ne se contente pas de regarder dans le rétroviseur : il projette ces influences dans un futur incertain, où la musique progressive devient un miroir de notre place dans l’univers.

La nécessité d'avancer, au risque de déplaire, est un thème central chez Wilson. Il déclare : ‘Un des principes qu’il faut connaître, c'est que je n'aime pas l'idée de toujours faire la même chose. Certains fans aimeraient que je continue dans la veine de Porcupine Tree ; mais, pour moi, il est important de toujours essayer d’explorer des domaines différents, d'avancer. Je ne sais donc pas vraiment ce que je vais proposer après "The Overview", mais pour l'instant, la priorité, c'est la tournée. J'espère que le show sera aussi époustouflant que l'album et le film qui l'accompagne.’

Revenons à l'album. Les textes, souvent abstraits, renforcent la dimension cosmique de la musique. Andy Partridge apporte une poésie grinçante à “Objects : Meanwhile” (“We’re just borrowed atoms / In a cosmic pawn shop”), tandis que Wilson explore la finitude humaine face à l’éternité (“Heat Death of the Universe”). C’est une réflexion qui rappelle les méditations de “Hand. Cannot. Erase.” sur la solitude, mais portée à une échelle galactique.

Une production au sommet

Côté son, "The Overview" est un régal. Le mixage révèle une précision chirurgicale. N'oublions pas que Wilson est aussi ingénieur du son et producteur. L’album brille par sa clarté et sa spatialité. Les claviers d’Holzman planent comme des nébuleuses, les guitares de McStine oscillent entre délicatesse et fureur contenue, et la batterie de Blundell ponctue chaque mouvement grâce à une dynamique parfaitement contrôlée. Le mix Dolby Atmos, disponible en édition Deluxe, permet une immersion totale.

Un chef-d’œuvre, mais pas pour tous

Alors, chef-d’œuvre ? Oui, si l'on accepte l’exigence de Wilson. "The Overview" n’est pas un album facile. Ses longues plages instrumentales et ses transitions abruptes demandent une écoute attentive. Ici, pas de single accrocheur à la “Lazarus”. Les néophytes pourraient s’y perdre, mais les fans de longue date, habitués aux labyrinthes sonores, y verront une apothéose. C’est une œuvre qui se dévoile au fil du temps.

Le 7 mai prochain, Wilson présentera "The Overview" au Cirque Royal, à Bruxelles. A guichets fermés, preuve que son aura ne faiblit pas. À l’heure où la musique progressive peut parfois sembler tourner en rond, Steven Wilson rappelle pourquoi il reste le “King Wilson” : il ne suit pas les tendances, il les redéfinit.

"The Overview" est disponible ici ou via la page ‘Artistes’.

Pour écouter (et regarder) "Objects Outlive Us : Objects : Meanwhile", c'est .

 

 

Les Nuits: le festival du Bota fait peau neuve

Le Directeur du Botanique, Fred Maréchal a présenté les Nuits 2025 lors d'une conférence de presse. Beaucoup de changements sont prévus pour cette 32e édition. Après avoir fait le test pendant une journée l'année passée, le Centre Culturel bruxellois adopte complètement le système “All Access” classique des festivals. Un seul ticket par jour, qui donnera accès à tous les concerts.

Changement également au niveau des espaces: seules les salles de l'Orangerie et du Musée seront occupées, cette dernière profitant d'une jauge plus grande grâce à l'aménagement du balcon. A l'extérieur, le chapiteau fera place à une nouvelle structure éphémère à ciel ouvert, pouvant accueillir 2000 festivaliers. C'est l'asbl ROTOR qui a reçu la mission de dessiner ce nouvel espace en veillant à l'intégrer de façon optimale dans l'écrin du parc.

Au volet Programmation, Olivier Vanhalst et Thomas Konings ont sélectionné 130 groupes ou artistes en respectant l'ADN du Botanique, qui privilégie les projets locaux, la diversité des styles et les créations exclusives. Les grosses têtes d'affiches sont donc assez peu nombreuses, laissant la place aux artistes émergents à découvrir.

Jeudi 15 mai: coup d'envoi orienté “métal” avec un nouveau concept de concerts: “Obsidian Dust”. A l'affiche: Zeal & Ardor, Elder, Liturgy, Wiegedood, etc.

Vendredi 16 mai: journée plus garage/punk, construite autour des OSEES (auparavant The Oh Sees).

Samedi 17 mai: une progra folk / rock / postpunk, avec Michelle Gurevich, Jay-Jay Johanson, Efterklang, etc.

Dimanche 18 mai: le grand retour de The Jesus Lizard, le groupe légendaire de rock alternatif des années 90, qui côtoiera McLusky, The Ex et les Belges The K et Marcel.

Mardi 20 mai: concert unique d'Azealia Banks, la chanteuse-rappeuse américaine.

Mercredi 21 mai: journée aux accents de pop acidulée avec, entre autres, Adèle Castillon et Vendredi Sur Mer.

Jeudi 22 mai: focus sur le rap francophone autour de Dali et Theodora (déjà quasi sold-out!).

Vendredi 23 mai: plein feu sur les découvertes et la veine alternative avec, notamment, Jenny Hval et son avant-pop performative, suivie par une “Bota By Night” aux accents pop-latino (Orangerie) ou techno (Musée).

Samedi 24 mai: journée 'belge' mettant en scène des artistes locaux avec, par exemple, Greentea Peng & Krisy.

Dimanche 25 mai: prestation événement de Stereolab, le groupe culte d'art-rock des années 90, précédé par des projets gravitant dans la même sphère musicale.

Comme chaque année, le festival proposera des créations exclusives, conçues en collaboration avec la SABAM: Billy Bultheel (14/5), Vica Pacheco (23/5), Esinam & Sibusile Xaba (23 mai) et Dorian Dumont (25/5).

A l'issue de la conférence presse, deux showcases ont été proposés en live:

  • Chaton Laveur : duo liégeois de dream-pop / kraut. Juliet et Pierre font penser à Beach House, Beak, Stereolab ou Low. Le tout chanté en Français.

  • Julie Rains: duo bruxellois composé de Julie Rens et Rowan Van Hoef; une voix féminine protéiforme (Blonde Redhead) évoluant au-dessus d'éléments organiques et électroniques aux frontières de l'ambient, du jazz et de l'electronica.

Pour plus d'infos et pour commander les tickets, c'est ici

Biohazard + Life of Agony + LYLVC

Hardcore never dies…

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La salle de La Madeleine, située en plein centre de Bruxelles, entre la grand-place et la gare centrale, est plutôt habituée à programmer des concerts de chanson française ou destinés au jeune public. Ce samedi soir, elle est fréquentée par des fans de metal, en majorité des quadras et quinquas, et est pleine à craquer. La double affiche (sold-out) de Life of Agony et Biohazard attire la toute grande foule. Si le premier cité tourne de manière quasi-ininterrompue, le second s’était fait plus rare, en live, au cours de ces dix dernières années. Compte-rendu en détails.

Le moins qu’on puisse écrire c’est que Life of Agony a lutté contre vents et marées pour rester à flots. D’agonie il n’a finalement jamais été question, l’amitié liant le bassiste Alan Robert aux cousins Joey Z. et Mina/Keith Caputo semble avoir triomphé des tumultes de leur vie. Et du turn-over des batteurs aussi (NDR : il n’y pas assez des doigts d’une main pour compter ceux qui se sont succédé). Le cas le plus notable reste, cependant, celui du chanteur Keith. Il a changé de genre pour s’appeler Mina. Et visiblement, ce soir, il a réussi son retour vers le genre masculin… Son enfance a vu ses parents, accros à la drogue, disparaître très tôt dans son existence. Aussi, s’il a été élevé par son grand-père, il a également été victime d’abus. Heureusement son voisin et cousin, Joey Zampella, lui a communiqué la passion de la musique et l’a indirectement décidé à fonder son groupe actuel.

Les haut-parleurs diffusent le « Jump around » de House of Pain en intro. Bonne idée ! Puis, fort d’une longue intro à la batterie et à la guitare « River runs red » entame les hostilités. Keith est vêtu d’un sweat surmonté d’une capuche orange à l’effigie de Biohazard et déménage d’un côté à l’autre du podium. Cheveux courts (en brosse), sa poitrine (siliconée) disparue, et la voix à nouveau rauque, sa (re-)transformation s’est bien opérée. Caractérisé par son crescendo, « This time » incite la foule à bondir dans son dernier quart temps. « Weeds » et « I regret » s’enchaînent à merveille. La reprise du « We Gotta Know » de Cro-Mags est plutôt réussie, même si le physique et la voix de Keith voguent à mille lieux du charismatique de Harley Flanagan. Et la boucle est bouclée lors du final, « Underground » (NDR : un titre issu du premier elpee, « River Runs Reds », paru en 1993 ; opus qui avait fait l’effet d’une météorite dans le ciel déjà bien chargé de métal).

A l’issue de ce morceau et surtout de sa prestation, il est difficile de coller une étiquette à Life of Agony. La plus fréquente qui lui est attribuée est cependant évocatrice : ‘alternative metal’ (lien page ‘Artistes’ ici et photos Romain Ballez ).

On vous le signalait dans le chapeau, le parcours de Biohazard a connu quelques interruptions, notamment depuis 2015 (NDR : son dernier concert, cette année-là, avait été accordé dans le cadre de l’Ieperfeest). La tournée prévue en 2016 avait été annulée à la suite d’une nouvelle démission au sein du line up ; en l’occurrence celle de Scott Roberts. Il a donc fallu attendre 2023, pour qu’il refasse surface. Et en particulier, dans le cadre des festivals Lokerse feesten (NDR : la journée consacrée au metal) et l’Alcatraz, en Belgique. En 2024 il se produisait au Graspop meeting ; et c’est donc une belle opportunité de le revoir, dans une petite salle, ce soir.

A 21h30 précises, les lumières se tamisent d’un bleu profond. Après un court prélude d’une chanson de Blondie, l’auditoire s’agite. Pas de doute « Urban discipline » (NDR : le titre éponyme de ce long playing ; sans doute la meilleure compo du band, à ce jour) va entamer le set. Cette sirène et le drumming musclé le confirment.

Enfin, la ligne de basse et les chœurs du charismatique Evan Seinfeld, la voix de Billy Grazadei, ses riffs de sixcordes, ainsi que ceux, enflammés, qui virent souvent aux exercices en solo, au beau milieu des morceaux, de Bobby Hambel : la musique de Biohazard semble ne pas avoir pris une ride en plus de 38 ans d’existence. « Shades of grey », « Tales From the Hard Side » et en fin de parcours l’inévitable « Punishment » ainsi que l’épilogue, « Hold mye own », constituent autant d’occasions pour déclencher des circule pits, wall of death, crowdsurfings et autres pogos endiablés tout au long de la soirée. Et avant de quitter définitivement les planches, la formation prend encore le temps de saluer les premiers rangs ou d’accepter de poser pour quelques selfies. Après le show, certains musicos sont même venus papoter avec des fans, à l’extérieur de la salle… (photos Romain Ballez ici et page 'Artistes' )

Pour être exhaustif, sachez que LYLVC (NDR : prononcez Lylac) complétait l’affiche. Programmé à 19 heures, il n’a été possible, pour votre serviteur, que de voir et écouter la fin de sa prestation limitée à 30 minutes. 

Quoique demeuré poli, le public ne semblait guère s’enthousiasmer. Une explication ? Les voix des deux vocalistes paraissent antagonistes. Métissé, le chanteur balance une sorte de rap hardcore, alors que la voix de sa comparse, plutôt charmante, est capable de grimper dans les aigus, suivant la plus pure tradition des chanteuses de metal mélodique. Enfin, il faut reconnaître que l’expression sonore du sextuor naviguait à des années-lumière des deux têtes d’affiche…

Néanmoins sympathiques, aussi bien sur les planches que dans la salle, les deux vocalistes se sont baladés dans la foule ou se sont postés à proximité du stand de marchandising pour discuter avec les aficionados, tout au long de la soirée… (lien page ‘Artistes’ et photos Romain Ballez ici).

(Organisation : Live Nation + Biebob)

Silverstein

Un quart de siècle au compteur…

Écrit par

Pour Silverstein, un quintet de post-hardcore canadien, tout a débuté en 2000, dans une salle de répétition poussiéreuse de Burlington, en Ontario. À l'époque, personne n’imaginait que, 25 ans plus tard, il serait toujours en tournée dans le monde entier, et compterait à son actif des albums classiques tels que « Discovering The Waterfront », « A Shipwreck In The Sand », « This Is How the Wind Shifts » et « When Broken Is Easily Fixed ». Le band est venu présenter son douzième et dernier opus studio, « Antibloom », paru ce 21 février. Et il annonce un second volume, « Pink Moon », prévu plus tard dans l’année.

La tournée est baptisée ‘25 Years Of Noise’. Dans ses bagages, il a emmené trois groupes :  Thursday, The Callous Daoboys et Bloom. Ce qui est intéressant chez chacune de ces formations programmées ce soir, c’est la présence d’au moins deux guitaristes et parfois trois, au sein des line up.

Bloom entame les hostilités à 18h30. Australien, cet autre quintet réunit le chanteur/guitariste Jarod McLaren, le second sixcordiste Oliver Butler, le bassiste Andrew Martin et enfin du batteur Jack Van Vliet. Cette formation déborde d’une rare énergie. Elle pratique un metalcore qu’elle mêle à un hardcore assez mélodique. Pour son premier concert en Belgique, elle souhaite faire grosse impression en nous proposant de larges extraits de son nouvel long playing, « Maybe In Another Life ».

Le set s’ouvre par « The Service », un extrait de l’elpee live, « The Passion », paru en 2021. La dynamique vocale constitue un énorme point fort tout au long de « Bound to Your Whispers », notamment au niveau des voix claires. Bien ancrées dans les morceaux, elles restent adaptées aux paroles. Les voix hurlées, en particulier, sont également parfaitement maîtrisées. Bloom a durci son style, prenant une direction plus metalcore qu'auparavant et délaissant davantage les aspects hardcore mélodique de ses débuts. Mais qui dit metalcore dit aussi refrains insupportables en voix claires... Bah, pas grave, une belle découverte quand même (page ‘Artistes ici) !

Setlist : « The Service », « Bound To Your Whispers », « Cold », « You & I », « The Works Of You », « Maybe In Another Life », « Siren Song ».

The Callous Daoboys est un combo américain originaire d’Atlanta, en Géorgie, qui mélange mathcore et emo. Son patronyme est une contrefaçon de celui de l'équipe de football des Dallas Cowboys. Une des sixcordes est remplacée par un violon joué par Amber ‘The Mind’ Christman. Elle se sert d’un instrument contemporain et électrique. Le reste de la formation implique la bassiste, Jackie ‘Clancy’ Buckalew, le guitariste, Daniel ‘Dip’ Hodsdon et le batteur du Matthew ‘Marty’ Hague. Le groupe puise ses influences chez The Dillinger Escape Plan, Botch, Korn, Slipknot et Linkin Park : que du bon ! Il est venu défendre son dernier opus, « Two-Headed Trout, The Demon of Unreality Limping Like a Dog », paru il y a peu.

Le concert commence par le single et titre maître du nouvel LP, « The Demon of Unreality Limping Like a Dog ».  

Alimenté par une agressivité impressionnante, le démoniaque The Callous Daoboys dispense une solution sonore à indice d'octane élevé et rapide, à la fois émotionnel et multiforme. Ne s'appuyant pas sur une approche ou un style unique et linéaire, il s’inspire des créateurs de tendances et des OG du mathcore, apportant sa propre variation de riffs et de signatures rythmiques à évolution rapide, mêlant grognements, synthés et instruments, et offrant une expérience live unique que l'on ne trouve que chez ce combo.

Cependant, c’est Amber qui focalise l’attention. Non seulement elle assure le show tout comme Jackie, en short de cuir et bas nylon noirs, mais c’est elle qui communique une touche singulière à la musique, au cœur de la discorde, lorsque c’est nécessaire (page ‘Artistes' ).

Setlist : « The Demon Of Unreality Limping Like a Dog », « TwoHeaded Trout », « Pushing the Pink Envelope », « Star Baby », « Violent Astrology », « Waco Jesus », « A Brief Article Regarding Time Loops ».

C'est toujours un plaisir de revoir Thursday. Une autre raison pour laquelle cette soirée est si spéciale : musicien de tournée, Wade McNeil d'Alexisonfire remplace Norm Brannon à la guitare. Ce band étasunien (New Jersey) est un véritable vétéran du post-hardcore ; et c’est la toute première fois qu’il tourne en compagnie de Silverstein.

Dès les premières notes de « The Other Side Of The Crash/Over And Out (Of Control) », le groupe s’approprie l’espace scénique. Dynamisées par la section rythmique, les lignes de guitare sonnent comme un assaut tranchant. La voix de Ricky est brisante d’émotion. Mélodique, la solution sonore s’élève à un très haut niveau. La foule est enthousiaste et les pogos éclatent. Faut dire que la setlist est constituée d’une majorité d’anciens titres. Pendant « Cross Out the Eyes », la température dans la salle grimpe encore de quelques degrés. Manifestant sa nervosité caractéristique et sa passion inébranlable, Ricky comble les silences entre les chansons, en profitant pour émettre une critique sociale acerbe et bien ciblée de l’état du monde. Ce qui a mis une couche supplémentaire à la performance, tout en rappelant que le post-hardcore a toujours été un pont entre la colère et l’idéalisme (page ‘Artistes’ ici).

Setlist : « The Other Side Of The Crash/Over And Out (Of Control) », « Cross Out The Eyes », « Signals Over The Air », « Jet Black New Year », « This Song Brought To You By A Falling Bomb », « Fast To The End », « White Bikes », « Paris In Flames », « Understanding In A Car Crash », « War All The Time ».

Alors que les musiciens de Silverstein sont sur le point de grimper sur le podium et que l’excitation est palpable dans la foule, une courte vidéo racontant l'histoire de Silverstein et détaillant le quart de siècle de carrière de la formation est projetée. Emouvante, elle tient l’auditoire en haleine tout en appréhendant le spectacle sous un angle différent.

Le combo va nous réserver un titre de chacun de ses 12 albums. Un défi qu’il va relever mais en les interprétant dans l’ordre chronologique inverse, après avoir entamé et clôturé le concert par des extraits du dernier, « Antibloom », paru le 21 février, et notamment « Skin & Bones » et « Confession », des morceaux taillés pour le live.

Toute la soirée, les trois guitares tourmentent délicatement les tympans sans les agresser. Tout en technique, elles libèrent de longs riffs hyper mélodieux. Ce qui n’empêche pas les aficionados de mettre le souk dans la fosse.

Le post-hardcore est bien exploré. Efficace, la section rythmique peut compter sur la frappe à la fois sauvage et métronomique du drummer.

En rappel, après avoir accordé une version acoustique de « My Heroine », Silverstein nous a réservé deux plages issues de son nouveau long playing, « Bleeds No More » et « Smashed Into Pieces ».

Une belle soirée qui s’est figée dans la nostalgie pour ce groupe canadien.

Setlist : « Skin & Bones », « Confession », « The Altar », « Infinite », « Bad Habits », « The Afterglow », « Aquamarine », « A Midwestern State Of Emergency », « Massachusetts », « Toronto (Abridged) », « One Last Dance », « Sacrifice », « Vices », « The End », « My Disaster », « Your Sword Versus My Dagger », « Call It Karma », « Smile in Your Sleep ».

Rappel : « My Heroine » (Acoustique), « Smashed Into Pieces », « Bleeds No More »

(Organisation : Ancienne Belgique)

Swans

Le chant du cygne de Swans ?

Swans vient de communiquer des informations à propos de son dix-septième album studio, « Birthing », dont la sortie est prévue pour le 30 mai 2025.

Michael Gira déclare : ‘Le matériel contenu dans cet album a été largement développé au cours d'une tournée de Swans d'un an, en 2023 - 2024 ('The Healers', 'I Am a Tower', 'Birthing', 'Guardian Spirit', 'Rope', et 'Away'), puis enregistré, orchestré et réarrangé en studio. Deux morceaux ont été créés et joués en studio (« Red Yellow », « The Merge »).

Dans tous les cas, les idées pour le matériel sont arrivées lorsque j'étais assis dans mon bureau avec une guitare acoustique, chantant et rêvant de ce que deviendraient ces chansons squelettiques. J'ai la chance d'avoir un groupe de musiciens aussi brillants avec lesquels je peux travailler en direct et par le biais de l'improvisation.

Cet album, couplé au récent album live, « Live Rope », constitue ma dernière incursion (en tant que producteur/imprésario) dans les mondes sonores et dévorants qui ont été mon obsession pendant des années. Nous ferons une dernière tournée dans ce mode vers la fin de l'année 2025, puis ce sera tout.

Après cela, Swans continuera, tant que j'en serai capable, mais sous une forme considérablement réduite. Des indices de cette nouvelle direction peuvent être trouvés à quelques endroits de l'album actuel. En attendant, j'espère que notre musique offrira une atmosphère positive et fertile pour rêver…’

La ‘lyric vidéo’ de « I Am a Tower » est disponible

 

 

King Hannah

King Hannah dans le bain…

Le duo britannique King Hannah, originaire de Liverpool, a récemment partagé le single « Leftovers ». Le groupe a également annoncé une série de dates de tournée en Amérique du Nord et en Europe. Sur « Leftovers », le duo ralentit le rythme et les paroles calmes de Merrick sont livrées sur une batterie écrasante et des guitares psychédéliques et floues. C'est un regard intime et dynamique sur une formation qui opte généralement pour la ‘propulsion.

 « Leftovers » a été enregistré à l'origine pour l'album « Big Swimmer », mais le combo n'a jamais été totalement satisfait des paroles, et ce morceau a donc été réécrit dans les mois qui ont suivi la sortie du long playing. En plus d'être une compo ‘leftover’ de l’opus l'album, il s'agit littéralement des restes d'une assiette ou de leur absence, car ‘I eat leftovers until there is nothing left over’ (je mange des restes jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien).

King Hannah nous parle de ce titre : ‘« Leftovers » est un titre très personnel qui parle de l'avenir et du passé, de l'importance des traditions et de l'établissement de certaines normes, comme l'emplacement réservé à l'arbre de Noël, et avec la répétition de la phrase ‘I know’, nous voulions donner au titre un sentiment de vulnérabilité personnelle et de confiance. La répétition de la phrase ‘because I eat leftovers until there is nothing left over’ (parce que je mange les restes jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien) sert de métaphore pour vouloir plus et ne jamais se contenter, mais reflète aussi une idée très réelle et simple des restes dans une assiette ou de l'absence de restes. Sur le plan instrumental et sonore, nous voulions que le morceau ait un côté sauvage, qu'il se construise lentement et qu'il mijote avant d'imploser’.

Si une grande partie du deuxième elpee du groupe, « Big Swimmer », reflète les récits de leurs voyages, c'est surtout en Amérique que Merrick et Whittle se sont retrouvés à regarder à travers la fenêtre de leur van de tournée permettant à l'inspiration pour leurs récits d'affluer.

 

La vidéo de « Leftovers » est disponible

DITZ

DITZ trans-cende !

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Ce dimanche soir a beau être frisquet, la grande foule s’est donné rendez-vous à la Rotonde du Botanique, pour le très attendu concert de DITZ. La preuve, il affiche complet depuis belle lurette. Et ses derniers passages dans notre plat pays ont déjà fait forte impression. Un an plus tôt, il se produisait en supporting act d’Idles à la Lotto Arena, mais il avait également participé aux festivals Micro de Liège et Sonic City de Courtrai.

Brighton regorge de talents musicaux. Auprès des anciens Kooks, Royal Blood et autre Fujiya & Miyagi, une nouvelle scène émerge depuis quelques années. On y recense, notamment Squid, mais aussi DITZ.

Ce soir c’est avec un peu d’avance sur l’horaire, et sur une intro des Canadiens de Big Brave, « I felt a funeral », que le quintet débarque sur les planches. Et directement le chanteur Callum Francis (dit Cal) focalise l’attention. D’abord, à cause de son look. Son accoutrement (il a enfilé une robe de couleur bleue) et sa coupe de cheveux de travesti contrastent avec sa voix rauque et son physique masculin. Mais aussi de son attitude. On dirait qu’il est possédé. Il (NDR : faut-il écrire iel ?) s’avance en front de podium, ne regardant pas le public, mais examinant les hauteurs et contours de la salle (NDR : on comprendra vite pourquoi).

Dès le titre d’ouverture, « V70 », il invite la foule de se séparer en deux, préparant un Wall of death. Enfin, un muret, vu l’exiguïté de la Rotonde. Une trentaine de fans exécutent une charge médiévale, amorçant des pogos qui seront quasi-permanents. « Taxi man » et « Four » sont soutenus par les solides interventions du batteur, rapidement torse nu. Il faut dire que la température ambiante a rapidement augmenté de quelques degrés, conférant même des allures de sauna à l’hémicycle. Et il n’y a pas que la température qui grimpe, puisque pendant un autre titre phare, « Hehe », le leader traverse rapidement la foule, alors que les spectateurs l’aident à dérouler le fil de son micro. Il escalade ensuite l’arrière de la salle et atteint les palissades plusieurs mètres au-dessus de nos têtes. Le chaos est donc autant musical (les guitares se lancent dans riffs noisy tonitruants) que visuel. Le tout pendant que Cal chante d’une voix rauque sur une musique aux relents post-punk. Évocateurs et propices au déchaînement, les titres parlent d’eux-mêmes : « I am Kate Moss » ou encore « Smell like something died here » (NDR : dont le refrain est repris par une fan à droite de l’estrade, qui semble avoir accompli le voyage depuis Brighton). « Summer of the shark », « Seeking arrangement » et l’explosif « No thanks, I’m full », évoquant le final de Gilla Band, viennent clôturer un set tout en intensité et surprises.

La bande son d’outro « I’m glad » de Captain Beefheart tombe d’ailleurs à pic pour calmer les esprits, et faire retomber la température en douceur, alors que la foule s’empresse de rejoindre le bar ou se rafraîchir sur la terrasse extérieure.

Pour celles et ceux qui ont manqué le show, DITZ revient à deux pas de la frontière belge, à l’Aéronef de Lille ce vendredi 8 mars. Malheureusement, à l’instar de nombreuses autres dates de la tournée, ce concert est également sold out.

Photos Dieter Boone ici

(Organisation : Botanique)

David Kushner

Une voix en or…

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David Alan Kushner est un auteur-compositeur-interprète américain de 23 ans. Élevé dans la banlieue de Chicago, dans l'Illinois, il a déménagé à Los Angeles, en Californie, et a commencé à publier de la musique. Ce jeune prodige s’est principalement fait connaître via Tik Tok en y postant ses chansons dont les plus célèbres, « Miserable Man » et « Mr. Forgettable », des plages issues de son premier Ep, « Footprints I Found » (2022), ont déjà dépassé le milliard de streams, en à peine un an. Son single « Daylight », paru en 2023, a également connu un succès fulgurant, devenant disque de platine quelques mois seulement après sa sortie. Ce 25 février, il a gravé un nouvel Ep 7 titres, « 20 Years From Now » et « In My Bones », un single, pour lequel il a reçu la collaboration du Belge, Lost Frequencies. David est en tournée pour défendre son dernier opus, « The Dichotomy », paru en août de l’an dernier. Il devait déjà se produire, la veille, au même endroit. Malade, il a dû déclarer forfait. Heureusement, aujourd’hui, le spectacle a été maintenu. Et le concert est, bien entendu, sold out.

Le supporting act est assuré par Jenna Raine. Née le 17 février 2004 à Westlake, au Texas, elle est actrice et s’est initialement illustrée comme membre du groupe pop exclusivement féminin L2M. Elle y a milité pendant quatre ans, avant de se lancer en solo. Elle a publié son premier single, « Us » en 2018, suivi de deux Eps baptisés « Nen » et « Be Like You », en 2019. Elle est surtout connue pour sa chanson « See you later (ten years) ».

Très jolie, elle est accompagnée d’un claviériste/guitariste/bassiste. Elle ouvre son set par « Cruise Control » et embraie par « Crickets ». Son dernier single, « 21 », est un morceau très familier que ses nombreux fans présents dans la foule semblent définitivement adorer. Après la troisième chanson, Raine remercie Kushner de l'avoir invitée à cette tournée et dédié la suivante à leur amitié. Raine siège derrière son clavier pour interpréter « Nights Like These ». A l’issue du tube accrocheur « It Is What It Is », elle invite la foule à participer à un petit concours de chant, divisant le public en deux parties pour déterminer si le côté gauche ou droit pouvait chanter ces paroles plus fort. Un petit moment court mais agréable avant d’attaquer, à la guitare, l’inédit, « Donnie's World », alors que l’auditoire éclaire toute la pièce avec les lampes de poche de leurs smartphones. Cette compo raconte la rencontre d'un sans-abri dans les rues de Londres, qui l’a marquée.

Très interactive, elle plaisante et rit fréquemment, interrompant et recommençant souvent sa chanson. Une prestation accordée à la manière d’une certaine Anne Marie (page ‘Artistes ici).

Setlist : « Cruise Control », « Crickets », « 21 », « Nights Like These », « It Is What It Is », « Donnie's World », « see you later (ten years) », « Roses ».

Le décor est sobre, sans artifices, hormis des lumières puissantes (stroboscopes, gros spots Leds et bas de l’estrade illuminé par une rampe -également constituée de lampes de même type- qui s’étend sur toute la longueur de celle-ci), six grands paravents presque transparents installés sur le pourtour et un à l’arrière d’une estrade où vont s’installer un claviériste, un guitariste/bassiste un drummer.

Enthousiaste, les spectateurs sautillent, balancent les bras en l’air de droite à gauche, en empoignant leur téléphone, la lampe allumée vers un Kushner impérial qui déboule sur le podium.

Le light show inonde la scène et la foule dans toutes les directions. Soutenu par des claviers et des beats dévastateurs et enivrants, le puissant « Darkerside » ouvre le set.

Sur les planches, David Kushner possède une présence scénique imposante. Il envoûte et capture l’attention de chacun. Il se dégage une certaine douceur de sa voix caverneuse qui flotte au-dessus de la musique, enveloppant la salle même lorsque les fans tentent de la couvrir de leurs acclamations. Il exécute ses chansons en te tenant la tête avec les mains tel un prédicateur dans une chorale.

Onze titres de la setlist seront extraits de son dernier long playing.

Mais il régale ses fans en n’oubliant pas « Mr. Forgettable », « Love Worth Saving », « Cigarettes », « Miserable Man » et « Burn », issus de ses précédents elpees.  Avant d’aborder « Burn », Kushner signale que la chanson parle d’une relation toxique qui a mal tourné et la dédie à tous ceux qui ont vécu une telle mésaventure. Cette compo met vraiment en valeur la profondeur de sa voix. Elle commence doucement et se transforme lentement en un refrain au rythme plus soutenu. Les paroles répétitives accentuent l'émotion du morceau.

Quant à « Cigarettes », malgré ses nombreux changements de rythme, ses refrains profonds dégagent une atmosphère apaisante, cool.

De temps en temps, il empoigne une gratte semi-acoustique ou électrique pour accompagner sa voix… en or.

Dommage qu’il n’ait abordé aucune plage de son dernier Ep, « 20 Years From Now ».

« Miserable Man » clôt une superbe prestation d’à peine 60 minutes. Un moment magnifique. La mer de voix se rassemble presque comme une seule entité, interprétant ‘All We Wanted Was A Place To Feel Like Home ‘, les paroles correspondant parfaitement à la mélodie.

Bien sûr il y a le rappel. Le public attend le hit intemporel « Daylight », qui a consolidé le succès de David. Déchaîné, l’’auditoire scande une dernière fois le refrain, de plus en plus fort, jusqu'à ce que Kushner réapparaisse. Dès qu'il commence à chanter, l'énergie devient électrique. Tout le public reprend le refrain avec lui, mot pour mot…

Setlist : « Darkerside », « Humankind », « Poison », « Sweet Oblivion », « Mr. Forgettable », « Dead Man », « No High », « Burn », « Heaven Sees », « Love Worth Saving », « Cigarettes », « Skin And Bones », « Buried At Sea », « You And Me », « Miserable Man ».

Rappel : « Daylight ».

(Organisation : Live Nation et Ancienne Belgique)

Beirut

Le cirque de Beirut…

Zach Condon vient d’annoncer la sortie, le 18 avril prochain, du plus grand et du plus inattendu des albums de Beirut à ce jour. « A Study of Losses » est une odyssée de 18 titres commandée par le cirque suédois Kompani Giraff, pour un spectacle acrobatique du même nom. « A Study of Losses » se compose de onze chansons et de sept thèmes instrumentaux étendus, nommés d'après les mers lunaires et inspirés par l'histoire effrayante d'un homme obsédé par l'archivage de toutes les pensées et créations perdues de l'humanité.

Il s’agit du deuxième album de Beirut en seulement deux ans et la suite d'un chapitre prolifique caractéristique de Zach Condon.

Écrit et enregistré par Zach Condon aux États-Unis, avec des racines suédoises et allemandes, « A Study of Losses » élargit également le vaste monde qu'il a construit à travers la musique de Beirut, depuis qu'il a commencé le projet en tant qu'adolescent curieux et itinérant de 14 ans. ‘Lorsqu'on m'a proposé d'écrire la bande originale d'un cirque, un certain traumatisme de l'époque d'« Elephant Gun » a surgi’, explique Condon.

Alors que « A Study of Losses » entame cette semaine une nouvelle série de représentations, transcendant à la fois le concert et le théâtre, Zach Condon reprendra bientôt la route pour la première tournée de Beirut depuis 2019. Du 1er au 9 mai, Condon sera soutenu par un ensemble de membres du groupe, nouveaux ou de retour, et jouera des morceaux qui couvrent la discographie de Beirut et « A Study of Losses ». La tournée passera notamment par le Cirque Royal de Bruxelles.

Le clip de « Guericke’s Unicorn » est disponible ici

 

 

Lambrini Girls

Une tornade venue des Îles… Britanniques…

Écrit par

Le trio Lambrini Girls se produisait ce mardi 25 février 2025. Le concert est sold out et la tête d’affiche est programmée à 22h15.

Fondée en 2019, à Brighton, la formation britannique a seulement sorti son premier elpee, « Who Let The Dogs Out », ce 10 janvier. Un opus produit par Daniel Fox, du Gilla Band, et dont les textes abordent des problèmes sociétaux actuels combinés à un style lyrique mordant et ironique qui correspond parfaitement à son attitude punk.

Le line up a subi quelques changements depuis sa création. Seule membre originelle, Phoebe Lunny se consacre au chant et à la guitare. Arrivée en 2022, Lilly Macieira-Boşgelmez se réserve la basse et les backing vocaux. Quant au drummer, il est souvent intérimaire et pour la nouvelle tournée, ce serait un certain Micha (un transgenre ?) qui siège derrière les fûts.

Mais entrons dans le vif du sujet. Bien maquillées et sexy, les filles portent des robes courtes. De couleur noire pour Lilly et rouge pour Phoebe. Dès le premier morceau, « Big Dick Energy », cette dernière descend dans la fosse. Une compo, lacérée de brefs breaks, qui critique la masculinité toxique des mecs dont la société célèbre leurs supposées grosses queues, qu'ils exhibent constamment.

Phoebe a demandé au public de s’accroupir autour d’elle, puis à son signal, il se redresse et se lance dans un solide pogo. A cet instant, des gobelets de bière volent dans les airs (NDR : au prix de la chope !)

Tout au long du concert, elle va transiter du podium à la salle et vice-versa avec micro et/ou guitare pour haranguer la foule.

La ligne de basse est charnue, un peu comme chez FACS, et supplée l’absence de sonorités de sixcordes, lorsque Miss Lunny l’abandonne pour se consacrer au micro. D’ailleurs la musique n’est pas vraiment exceptionnelle, mais qu’importe, puisque Lambrini Girls est avant tout un groupe à vivre en ‘live’. Et il va le démontrer.

Lilly la rejoint lors du second titre, « Help Me I'm Gay » ; alors que la leader juchée sur les épaules d’un spectateur, chante dans le microphone que lui tend un autre individu. Mais avant d’entamer ce morceau, Phoebe en profite pour dire tout le mal qu’elle pense de Trump et toute sa bande…

Vocalement, Phoebe déclame sur un ton hip hop, quand elle n’emprunte pas des intonations criardes. Elle lance un circle pit au cours de « Lads », et est hissée au niveau des épaules de et par deux solides gaillards pendant « Mr Lovebomb », avant de partir en crowdsurfing. Evidement il en est aussi question dans la foule, mais les audacieux s’y risquent un(e) à la fois.

Face à cette tornade, l’ambiance est très chaude, dès le début du concert, dans la salle. Et elle ne va jamais baisser d’un cran.

Lilly se fend d’un long discours avant « The boys in the band », expliquant que la communauté LGBTQIA+ est régulièrement victime d’agressions, et que la police se montre passive face à cette situation. C’est aussi la bassiste qui incite le public à frapper dans les mains.

« Love » et « Filthy Rich Nepo Baby » constituent les deux morceaux les plus structurés de cette déferlante sonore.

Et lors du dernier titre, « Cuntology 101 », les deux filles descendent, sans leurs grattes, accompagnées du batteur, uniquement armé d’une cowbell et d’un stick,  afin d’entretenir cette ambiance de feu ; préenregistrée, la musique privilégiant les synthés. Votre serviteur est convaincu, qu’à l’instar des Fleshtones, si l’Aéronef avait une sortie sur la rue, le band y aurait entraîné la foule…

Et lorsqu’il remonte sur l’estrade, c’est pour prendre congé de l’auditoire. Qui a beau reprendre le slogan ‘CUNTOLOGY’, en découpant bien le mot par lettres, même lorsque les lumières se rallument et qu’une musique de fond est diffusée dans les haut-parleurs, rien n’y fait, Lambrini Girls n’accordera pas de rappel…

Photos Ludovic Vandenweghe ici

 Setlist

1) Big Dick Energy

2) Help Me I'm Gay

3) God's Country

4) Company Culture

5) Lads

6) Bad Apple

7) Mr Lovebomb

8) Love

9 Filthy Rich Nepo Baby

10) Boys in the Band

11) Craig David

12) Cuntology 101

(Organisation : Aéronef, Lille)

Milow

Milow intercontinental

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Le chanteur-compositeur belge Jonathan Vandenbroeck, aka Milow, a sorti son nouvel album, « Boy Made Out Of Stars ». Après le succès de « Nice To Meet You » (2022) et de ses singles phares « Whatever It Takes » et « ASAP », Milow a continué à enrichir son univers musical avec de nouvelles sorties régulières. Ses récents titres « Tell Me Twice », « I’ve Been Expecting You » et « Crazy For You », dévoilés ces derniers mois, figurent également sur ce nouvel elpee. Chacune de ces chansons illustre les thèmes introspectifs et émouvants qui traversent « Boy Made Out Of Stars », confirmant l’évolution artistique de Milow, toujours porté par des récits sincères et des mélodies acoustiques envoûtantes. Le nouvel extrait « Castaways », en duo avec Florence Arman, mêle subtilement désir et connexion. Produit par le duo DECCO et mixé par Mitch McCarthy (Olivia Rodrigo, Chappell Roan), ce morceau fusionne des influences country-pop avec la narration sensible de Milow et des mélodies intemporelles, sublimées par la chaleur d’une guitare dobro.

« Boy Made Out Of Stars » a été enregistré en compagnie de son groupe live. Le long playing capture l’énergie et la synergie uniques du groupe, qui contribuent à façonner l’identité sonore de Milow.

Pour accompagner la sortie de l’opus, il a réalisé un clip vidéo pour chaque chanson. La moitié des vidéos a été tournée en Belgique, l’autre à Los Angeles, ses deux lieux de vie. Cette dualité entre l’Europe et la Californie se reflète dans les thèmes de l’opus et offre un voyage visuel à l’image de son quotidien partagé entre ces deux continents. Milow s’apprête à partir en tournée à travers l’Europe. Parmi les dates belges, il se produira notamment à De Roma (Anvers), au Triangel (Saint Vith) et deux soirs au Het Depot (Louvain).

Le clip de « Castaways » est à voir et écouter

Pixies

Je n'écoute pas beaucoup les nouvelles musiques...

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Groupe incandescent et incontournable du rock alternatif de la fin des années 80, les Pixies se sont séparés en 1993, chaque membre embrassant des projets annexes plus ou moins réussis. Le quatuor se reforme dix ans après, tourne, tourne, tourne… et finit par enregistrer un nouvel album en 2013 ! Moment choisi par Kim Deal, la bassiste originelle, pour quitter le navire, remplacée rapidement par Paz Lenchantin.

Une autre décennie et trois disques dispensables plus tard, cette dernière prend, à son tour, congé du band pour laisser la place à Emma Richardson (des injustement sous-estimés Band of Skulls) qui apporte fraîcheur et inspiration. Elle parvient presque à faire oublier Kim Deal sur « The Night The Zombie Came », dernier LP du band, paru fin de l'année dernière.

Co-fondateur du groupe, le guitariste Joe Santiago, qui fait souvent merveille sur ce dernier disque dont l'inspiration et la spontanéité frôlent celles de la première période des Pixies, évoque l'arrivée de cette nouvelle bassiste, l'importance de son jeu de guitare au sein du line up, David Lynch et ses propres origines… philippines.

Avez-vous recruté Emma Richardson parce que sa voix ressemblait un peu à celle de Kim Deal ?

Emma et Kim possèdent des caractéristiques vocales distinctes. Ainsi la voix d'Emma est un peu plus basse. Mais nous avions notre petite liste d'exigences quand nous l'avons auditionnée ; et elle a parfaitement répondu à nos attentes (il sourit).

Comme elle est anglaise plutôt qu'américaine, cette situation change-t-elle la donne ?

L'éloignement n'a jamais été un problème pour nous. Charles (le vrai prénom de Frank Black, leader du groupe) vit sur la côte Est, David (Lovering le batteur) dans le Massachusetts, et pour ma part j'habite en Californie.

Le fait qu'elle soit anglaise ne pose par ailleurs aucune difficulté. D'ailleurs, notre crew et même notre manager sont britanniques.

Pourquoi avez-vous toujours été plus populaire en Europe qu'en Amérique ?

Je n'en ai aucune idée ! L'Europe a tout simplement meilleur goût (il rit).

Sur « Ernest Evans », vos sonorités de guitare réalisent la fusion entre celles des Shadows et des Ramones...

Les guitares dont je joue sur ce morceau sont influencées par le rockabilly.

Pourtant, sur « Primrose », elle résonne exactement comme celle de Hank B. Marvin, le guitariste légendaire des Shadows...

En musique, on produit des sons mais sans jamais vraiment avoir conscience de rivaliser avec qui que ce soit.

Vos interventions à la guitare paraissent essentielles, en particulier sur cet elpee...

En effet. Beaucoup de place m’est réservée sur un titre comme « Primrose », par exemple. En tout cas, j'espère me différencier. L'objectif est de le réaliser sans me mettre en avant pour autant être entendu ; et en même temps ne pas trop l'être et apparaître différent (il rit).

« Ernest Evans » est une chanson sur laquelle votre intervention se révèle également déterminante...

Le morceau évoque la figure de Chubby Checker, dont le vrai nom était Ernest Evans. J'ai tenté de jouer de la guitare comme si c'était un twist... d'où le résultat (il sourit).

« The Night The Zombies Came » me rappelle la première période du groupe, avant sa reformation...

Il y a des parallèles, mais c'est si loin ! On sent cependant une évolution, à laquelle on doit s'attendre sur tout nouvel album...

Comment fonctionne l’écriture des morceaux ? Frank Black compose-t-il seul pour ensuite proposer ses maquettes au reste de la formation ou bien composez-vous ensemble ?

C'est un mix des deux. Frank compose principalement, et nous invite à écouter un résultat pas totalement étoffé... mais presque.

Quels sont vos héritiers ?

Nirvana ou les Smashing Pumpkins, mais ils ont cuisiné cet héritage à leur propre sauce. Même Radiohead affirme avoir été influencé par les Pixies. Nous les incitions simplement à être différents.  La preuve, c’est qu'ils ne nous ressemblent quasiment pas.

Et parmi les combos plus récents ?

Je n'écoute pas beaucoup les nouvelles musiques. 

Même pas Kim Deal, une ‘nouvelle artiste’ qui vient de sortir son premier long playing solo ?

(Il rit) Non. J'écoute beaucoup d'ambient, notamment le groupe allemand Cluster, qui proposait du krautrock, à l'instar de Tangerine Dream ou Kraftwerk.

David Lynch, qui est décédé il y a quelques semaines, a exercé une grande influence sur les Pixies, notamment au niveau des paroles...

Surtout sur Frank qui est très marqué par le surréalisme.

Vous partagez cette passion ?

J'aime les films étranges de Lynch. Nous reprenons d'ailleurs régulièrement en concert l'une de ses chansons, « In Heaven (Lady in the Radiator) », tirée de son premier film ‘Eraserhead’.

Vous êtes originaire des Philippines.  Quelle est l'influence musicale de votre pays natal sur votre style et sur votre approche de la musique ?

Ce trille à la guitare qui est un peu ma signature est sans doute dû à une influence espagnole, héritée de la colonisation du pays.

La seule chose dont je me souviens vraiment à propos des Philippines, que j'ai quittées à 7 ans lors de l'instauration de la loi martiale par Marcos, c'est que la culture musicale y était très prégnante. Les Philippins chantaient constamment. On entendait les chansons des Beatles partout. Lorsqu'ils se sont séparés, les Philippines étaient quasiment en deuil...

En concert le 26 avril à la Lotto Arena d'Anvers.

Pixies : « The Night The Zombies Came » (BMG rights) – 25/10/2024

Echolalia

Echolalia

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L’écholalie (NDR : en anglais Echolalia) est une tendance spontanée à répéter systématiquement tout ou une partie des phrases, habituellement de l'interlocuteur, en guise de réponse verbale.

Echolalia, c’est aussi un quatuor texan, originaire de Nashville, qui a enregistré son album éponyme dans une ancienne abbaye datant de 1160, située sur l'île de Wight. Cette abbaye restaurée, est aujourd'hui transformée en studio d'enregistrement.

L'album d'Echolalia est une œuvre unique, à la fois pastorale, psychédélique, confortable, progressive, familière et inattendue.

Hormis les ballades, les morceaux de l'album tirent un peu dans toutes les directions. Caractérisé par sa mélodie doucement douloureuse et sa steel guitare gémissante, "Dreams Of You" ouvre l'elpee. Paru en single, "Odd Energy" se distingue par sa rythmique lyrique et propulsive avant de s’enfoncer dans le psychédélisme. Les lignes mélodiques de "Little Bird" sont hantées par Paul McCartney. Romantique, "Blood Moon" est tramé sur des accords de piano martelés. Si "Rainbow Road" rappelle le style vaudeville des Tiger Lillies (les sticks de drums à balais jazzyfiants), "The fox and the grapes" lorgne vers une forme de folk prog qui invite paradoxalement un moog.

L'album s’achève par "In The Pub", une plage qui sort vraiment de l’ordinaire. Dans l’esprit de Beck et sur un ton hip hop, elle recrée l’atmosphère particulière qui règne dans un pub.

Podcast # 74 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Live Nation : les nouveaux concerts (update 28/02/2025)

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Mardi 27 mai 2025 – Don Toliver – Forest National, Bruxelles

Dimanche 29 juin 2025 – Anohni & The Johnsons – Stadsschouwburg, Anvers

Mezrcredi 15 octobre 2025 – Disturbed – Forest National, Bruxelles

Dimanche 2 novembre 2025 – Till LIndermann – Sportpaleis, Anvers

Mardi 11 novembre 2025 – Patrick Watson – Bozar, Bruxelles

Samedi 20 décembre 2025 – Nirs – Cirque Royal, Bruxelles

http://www.livenation.be

 

Purrses

La réalité fantaisiste de Purrses…

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Etabli à Bruxelles, Purrses est un groupe de glam wave / art rock drivé par Laura Ruggiero. La formation offre un large éventail d'influences : un mélange étrange entre la musique rock des années 70/80, l'énergie punk et une touche moderne. Les rythmiques rebondies glam rock rencontrent des mélodies wave pop, structures qui véhiculent des textes tantôt chantés tantôt parlés voire rapés.

Après un premier Ep autoproduit et un second baptisé « Wrong Tide », entièrement enregistré de manière analogique, son très attendu premier album, intitulé « Reality Fantasy », sortira le 16 mai 2025, en vinyle et digital sur les labels JauneOrange, Rockerill Records et Cheap Satanism.

« Ride the Dragon » est le premier single extrait de l'elpee et paraît aujourd’hui accompagné d'un clip vidéo réalisé par Felicitas Jander.

Hybride entre pop et glam rock, « Ride the Dragon » est une fable cynique à l’intention des hommes et une déclaration d’amour à la féminité ; un morceau lascif sur fond de guitare hachées et de rythme nonchalant reflétant la lassitude et le ton amusé des paroles. Cette invitation à dos de dragon traite de l’émancipation féminine, offrant une vision particulière où le dragon devient une métaphore puissante des femmes affirmées et intrépides.

À la fois gothique et cartoonesque, le clip vidéo raconte la tension et l’ambivalence qui entoure ces ‘femmes dragon’. Elles sont perçues, tour à tour, comme très désirables, comme le mythe de la femme muse ou stigmatisées comme intimidantes. Dans une mise en scène très frontale, volontairement choisie en réaction à la lassitude provoquée par des codes très souvent retrouvés dans les clips de musique rock, mais les empruntant pour la circonstance au hip hop, une mariée déchue tente de trouver l’élu. Le mariage constituant le symbole de bienséance féminine, elle ne récoltera que jugement. Le personnage cherche à incarner l’essence de la femme fatale. Cette esthétique marquée et l’ironie cynique soulignent la tension entre séduction et stigmatisation, reflétant ainsi le propos des paroles.  

Le clip est à découvrir

 

 

One Rusty Band

One Rusty Band a des envies meurtrières…

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Contrairement à ce que l'on pourrait penser de prime abord, One Rusty Band est un duo de blues rock atypique et explosif, composé de Léa (circassienne) et Greg (ingénieur du son), réunis autour d'une même passion : la musique !

Sur les planches, ils se donnent à 200% lors de sets où les riffs déchaînés et la voix puissante de Greg se mêlent aux rythmes endiablés des claquettes acrobatiques de Léa.

Et c'est justement de scènes et plus particulièrement, de routes pour les relier dont il est question dans leur 3ème opus intitulé "Line After Line", composé et enregistré dans les conditions du live au sein de leur home studio (situé dans le Morbihan). A travers 12 nouveaux titres au fort accent rock, ils nous embarquent avec eux en tournée, contempler les lignes blanches défiler et vivre de l'intérieur leur vie de saltimbanques.

Le clip de leur 1er single "I Wanna Kill You", est disponible

La vidéo retrace une journée d'enregistrement dans le home studio de One Rusty Band. Un plan séquence, unique et sans montage à l'instar de ce rock'n'roll punchy, brut et sans artifices. Les voix de Léa et Greg s'entremêlent sur des paroles qui mélangent passion et haine, expression des états extrêmes dans lesquels la création peut nous plonger. Une vidéo tournée en une après-midi, reflet d'un enregistrement live, avec Louis Devaux derrière la caméra.

 

Voltair

C’est fin février pour Voltair…

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Après avoir dévoilé un 1er single/clip intitulé "Les jours plus vieux", le 15 novembre dernier, les Vendéens de Voltair nous en proposent uns second, "Fin Février" !

"Fin février" est une exploration des hibernations intérieures. Ces périodes de repli sur soi durant lesquelles on réfléchit, rêve et forge en silence les promesses que l'on souhaite voir éclore dès la fin de l'hiver.

Le clip, réalisé par Bastien Varin, prend la forme d'un documentaire brut et authentique, capturant l'essence même de ces moments.

Tourné à l'aide d'une caméra embarquée dans un mas, isolé au cœur de la Camargue, il suit le groupe qui s'y est retiré pendant une semaine pour se reconnecter et composer.

Ce décor, à la fois simple et majestueux, devient alors le théâtre d'instants de vie aussi simples qu'essentiels : des sessions de composition intenses, des doutes partagés, des éclats de rire et des moments de complicité qui résonnent comme des témoignages de vérité.

Ces 2 titres sont extraits de leur nouvel Ep "Des fantômes et des anges" dont la sortie est prévue le 21 mars 2025 !

Le clip de "Fin Février" est à voir et écouter

 

 

epona

Epona a de la peine pour autrui…

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Le nouveau single d'Epona, « Peine Pour Toi », véhicule des accents pop modernes et rock indé dans la lignée de Mazzy Star et The Cranberries.

Orignaire de Belgique, la jeune artiste de 23 ans s'est fait remarquer pour sa capacité à aborder des thèmes de société avec justesse depuis son premier single « Voice », paru en 2023.  « Peine Pour To » ouvre un nouveau chapitre pour Epona, et pas des moindres.

C'est sa toute première chanson en français, et aussi l'une des plus personnelles, puisqu'elle ose maintenant relater l'abus de confiance qu'elle a vécu dans un cadre professionnel.

Au-delà de ses textes engagés, Epona a récemment prouvé sur la RTBF qu'elle est une artiste complète, capable de porter ses mots avec une simple guitare et sa voix. C'est sur scène qu'elle se révèle pleinement, ce qui n'a d'ailleurs rien d'étonnant puisqu'elle a fait ses débuts en tant que comédienne à 7 ans.

La vidéo de « Peine pour toi »v est à voir et écouter ici

 

 

Vox Populi

Les Hero.e.s de Vox Populi

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Deux faces d’une même médaille d’irrévérence.

Vox Populi ce sont des membres de Dead Chic, Groundation, Télégram, Catfish, Danakil, les Hurlements d’Léo… qui rendent hommage à 12 héroïnes et héros de notre temps dans un album intitulé « Hero.e.s ».

Un collectif qui met en avant les actions et les personnalités qui ont inspiré notre époque : Frida Kahlo, Robert Badinter, Gisèle Halimi, Joséphine Baker, Joe Strummer, Rosa Parks, Cabu & Mano Solo, Charlie Chaplin, Edward Snowden ou encore Greta Thunberg...

Entre combat social, rébellion sociétale, luttes féministes ou simple affirmation citoyenne. Douze héros et héroïnes. Douze chansons coup de poing. 

Extrait de l'opus « Hero.e.s »,  « Du rire aux larmes » est disponible sous forme de clip illustré, ici

 

 

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