La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Dour festival 2025 : samedi 19 juillet

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‘On n’a plus 20 ans’. Cet adage n’a jamais reçu autant d’écho en ce samedi, avant-dernier jour d’un festival qui aura marqué par sa diversité.

Cette journée est traditionnellement plus ‘accessible’, le line-up des jours précédents se focalisant essentiellement sur la découverte, bonne ou mauvaise d’ailleurs.

Le soleil peine à montrer ses rayons. Les plus précautionneux ont scruté leur appli météo et ils ont pu constater qu’on annonce de la flotte. Mais ne dit-on pas que la météo est douroise ?

Comme la plupart des scènes sont couvertes, les permanentes des donzelles ne devraient donc pas trop souffrir.

Au moment où votre serviteur foule la plaine, YoussefSwatts vient d’entamer son set. Originaire de Tournai, c’est un rappeur dans l’âme, auteur et manager d’artistes belgo-algériens, connu pour son style introspectif, poétique, ancré dans le hip‑hop à l’ancienne, parce qu’il reste très digne dans ses propos en dispersant ici et là des messages remplis de bon sens.

Il a déjà bien bourlingué. Il compte plusieurs albums à son actif (dont un fraîchement tombé dans les bacs), des collaborations avec des artistes belges et français notoires tels qu’Oxmo Puccino (« Le poids des mots ») ou Demi Portion (« Maintenant ou jamais ») et a assuré le supporting act des concerts de IAM, en 2022, mais aussi de Bigflo et Oli, notamment en 2023. Une chance, le duo est aussi attendu en début de soirée sur ce même podium.

Swatt’s a très vite été popularisé lorsqu’il a remporté le concours organisé par l’émission française de rap, ‘Nouvelle Ecole’, d’autant plus qu’en apothéose, la finale a été diffusée sur Netflix.

L’histoire de cet artiste s’apparente à un véritable conte de fées. Âgé de seulement 14 ans, il sort un premier Ep, « L’Amorce », qui lui permettra d’être repéré par le phénomène belge, Scylla. Prolifique, il a déjà gravé « Vers l’infini et au-delà » en 2017, « Poussières d’espoir » en 2020, « Pour que les étoiles brillent », en 2022 et enfin « Chute libre » cette année.

Son histoire est belle et constitue une référence aux relations qu’il entretient depuis toujours avec sa fan base. Sa victoire n’est pas seulement sienne, mais celle de toute une équipe.

Alors que votre serviteur n’épouse pas nécessairement le genre, la musique du gars est différente, essentiellement pour deux raisons. Premièrement, il se produit en groupe, phénomène plutôt rare dans le style, les artistes se contentant souvent de recevoir le concours d’un DJ, derrière les platines pour l’enveloppe musicale. Ensuite, et surtout, son écriture n’est pas vindicative à l’instar d’autres de ses congénères. Et pas davantage d’insultes vis-à-vis des ‘keufs’ (Trad : les agents de police) et des ‘meufs’ (Trad : les femmes) qui ne sont pas toutes des putes. Ah bon ?

Youssef est soutenu par quatre musicos chargés d’appuyer ses propos tentaculaires (basse, guitare, clavier et batterie). Le parterre est plutôt timide, les festivaliers éprouvant des difficultés à se remettre des guindailles vécues les jours précédents.

Maîtrisant les codes du hip-hop grâce à des compositions enivrantes et chaloupées, l’artiste se livre entre lyrisme poétique et introspection maladive. Maniant une plume taillée comme du silex, il regarde dans le rétroviseur de sa vie avec humilité. Des compos touchantes et une expression sonore légère sur fond grave ainsi que des thématiques qui traitent de la vie, la mort ou la résilience.

Il se rappelle que jadis, il était lui-même festivalier à Dour et campeur. Et de ses propres aveux, le camping ‘D’ ne semble pas lui manquer. Et en guise de pied de nez à cette situation qu’il a éprouvée, à cette époque, il s’est offert le luxe de louer un teepee, afin de s’assurer davantage de confort.

Il rappelle s’être alors présenté devant un public alors qu’il n’avait pas la popularité qu’on lui connaît aujourd’hui. D’OVNI à artiste confirmé, il se remémore le temps passé, avec un brin de nostalgie. Généreux à souhait, afin de remercier celles et ceux qui le suivent depuis ses débuts, il offre une toute nouvelle compo « Je t’en veux », une ballade aigre-douce dans laquelle il exprime sa haine.

Après avoir servi ses titres les plus connus (mais pas nécessairement les plus joyeux, comme il aime le reconnaître), le set touche doucement à sa fin. Il lui reste exactement 5 minutes. Mais n’ayant pas d’autres matières à offrir sur sa setlist, il propose au public de lui dicter la prochaine compo. Espiègle, le public dourois joue le jeu, le chanteur troubadour s’exécutant forcément dans une belle communion.

Couronné de succès d’estime et critique, Swatt’s est devenu une figure de proue dans le paysage noir-jaune-rouge et attise la curiosité, tout en proposant une prestation éblouissante, où scintille une « Etoile filante ».

Et parlant d’étoile, il est temps de filer à l’anglaise pour y assister au concert d’Uwase, une artiste belge en devenir. Une chose est sûre, son univers suscite la curiosité.

Votre serviteur a déjà assisté à l’une de ses prestations, mais dans une dynamique différente, nettement plus familiale. Il est donc impatient de découvrir sa prestation dans un contexte différent.

Originaire de Bruxelles et bien qu'encore nouvelle sur la scène indie pop belge, elle s'est déjà distinguée par sa maîtrise de la production et de l'écriture, construisant un univers musical intimiste qui reflète ses pensées et émotions les plus profondes. C’est cette singularité qui a attiré l’attention de Jasper Segers (Sylvie Kreusch, Jaguar Jaguar), avec qui elle a coopéré pour produire son nouvel Ep.

Avant l’été, Uwase a dévoilé un premier aperçu de cette collaboration à travers le single « Chorus Baby », suivi de « Fine », à l’avant-goût prometteur.

Elles sont trois sur scène. Des blacks. Une préposée au chant, une à la batterie et la troisième à la basse.

Elles sont relativement jeunes, la trentaine à tout casser. Il va donc falloir jouer des coudes et bousculer les codes, afin d’assurer une crédibilité artistique auprès d’un public qui n’est pas forcément venu pour les découvrir. C’est ça aussi la force et la faiblesse des festivals, métisser le plus grand nombre pour satisfaire la franche la plus large. Et face à un auditoire qui peut se révéler impitoyable dans ses réactions Ainsi, BB Brunes, De la Soul ou Patrick Juvet en ont fait les frais. Dour est un laboratoire au sein duquel il est parfois préférable de ne pas s’exposer.

Le set débute par le percutant « Pls Don’t Take It Away » qui confirme le style dans lequel s’inscrit l’artiste. Un univers sonore empreint de sensibilité, une forme de dreampop mélancolique traversée d’instants groovy. Et ce n’est pas « Gone » ou « Other side » qui iront à l’encontre de cette constatation. 

La jeune fille a acquis une certaine assurance. Ce qui semble logique.

Poursuivant son concert intelligemment, elle alterne chansons douces et languissantes et compos un peu plus énergiques, tout en se frottant au blues et la soul, à l’instar de « Perfect Blue », qui fait mouche auprès de l’auditoire.

Le public qui ne s’est pas pressé en masse, semble tout de même réceptif à l’univers musical de cette belle et jeune artiste.

« Pedestal » sert de référence. Même les plus sourcilleux reconnaissent immédiatement le refrain de cette chanson largement diffusée sur les ondes radiophoniques.

Une autre artiste belge à se produire à une encablure d’ici est Sylvie Kreusch. En novembre, elle soufflera ses 34 bougies et pourtant elle a déjà bourlingué.

Originaire d'Anvers, Kreusch est âgée de seize ans lorsqu'elle fonde son premier groupe, Soldier's Heart, en compagnie d’amis d’enfance. Elle mène en parallèle de la musique une carrière dans le mannequinat. Pas étonnant au vu de son physique attrayant.

Elle s’est entourée d’une bande de musiciens pour servir un set qui risque de faire mouche. Pas mal de néerlandophones se sont donnés rendez-vous.

Tout de bleu vêtue, on pourrait la confondre avec la Schtroumpfette.

Le concert s’ouvre par « Ding Dong », une compo au cours de laquelle l’artiste joue de la mélodie en l’amenant là où l’on ne se doute pas qu’elle puisse aller, cette mélodie restant le plus important à ses yeux, au-delà des mots.

Il y a quelque chose de très organique dans la manière dont le live est construit, avec tous les musiciens, les chœurs, les percussions. C’est théâtral et ça incite à danser. La magie opère immédiatement, naturel donc qu’« Hocus Pocus » embraie.

« Let it all burn » met tout le monde d’accord. Au-delà de l’élégance du projet, de l’intelligence d’écriture et d’une voix au timbre atypique, la prestation de Sylvie est digne d’une messe envoûtante.

Mais, c’est encore lorsqu’elle s’exprime seule en piano-voix ou armée d’une sèche, qu’elle se sublime entre douceur et détermination.

Au cours de son spectacle, elle interagit énormément avec son public, comme lorsqu’elle s’amuse à l’aide d’un parapluie sur lequel figure un motif de pastèque. Original !

Elle est venue défendre son dernier né, « Comic Trip », une exploration audacieuse de l'identité et de l'indépendance.

Puisant ses influences dans la country et la pop expérimentale, ses chansons soufflent le chaud et le froid. Femme moderne, elle refuse de se conformer aux normes, laissant ses imperfections et sa vulnérabilité s'exprimer avec sincérité.

D’une durée approximative d’une heure, SK s’impose majestueusement en femme du monde, attentive à ce qui l’entoure et soucieuse de faire le bien.

Le ciel se couvre méchamment, des gros nuages surplombent le site, alors que Big Flo et Oli doivent y donner un concert sur la main stage, la seule non couverte.

Le décor est impressionnant. Une structure avec de part et d’autre des escaliers qui mènent vers une plate-forme destinée, semble-t-il, aux musiciens. Petit clin du jour, à côté de l’idiome ‘Big Flo et Oli’, est affiché en grandes lettres ‘Dour festival’. Une pensée émue, qui fait mouche !

La plaine est pleine à craquer.

Originaires de Toulouse, ces deux-là ont acquis une célébrité certaine bien malgré eux en devenant également jurés dans une célèbre émission de télécrochet sur la chaîne nationale. Ils ont même remis le couvert dans l’hexagone, ce qui leur a également permis d’y recueillir une reconnaissance certaine.

Selon leurs dires, ils sont heureux de se produire à Dour, le plus grand festival d’Europe.

Le premier disque des frangins, « La Cour des grands », gravé en 2015, est certifié disque d'or moins de quatre mois après sa sortie, puis de platine en France. Le second format « La Vraie Vie », devient disque d’Or après seulement trois semaines d’existence. Leur dernier né, date un peu, puisqu’il est paru en 2022 (« Les autres c’est nous »).

Bien que les goûts musicaux de votre serviteur soient à mille lieues de ce que propose le duo, il faut admettre qu’il va livrer un bon concert. A bien des égards !

D’abord, le rap qu’il prodigue est authentique, loin des clichés du genre, même si leur accoutrement, lui, suit la tendance…

Après une intro permettant à toute l’équipe de sortir d’un pas décidé depuis la grande porte au centre du décor, le show commence par « Papa » qui rend un hommage vibrant au ‘padré’ sur fond de musique latine.

La paire ne fragilise pas les faits sociétaux, mais les renforce par un positivisme élancé. Elle ne cherche ni à provoquer, ni à critiquer. La verve est plutôt à considérer comme une diction philosophique vue à travers le prisme du quotidien.

L’humour aussi alimente le show, « Pour un pote » proposé entre « Aujourd’hui » et « Demain », des morceaux où ils se racontent, leur enfance ainsi que leurs expériences récentes, abordent le sujet de leur renommée nouvelle. Des textes qui fédèrent auprès du plus grand nombre.

Les deux zigotos sont biberonnés à la musique et à la pratique des instruments depuis leur tendre enfance, n’hésitant d’ailleurs pas à mettre la main à la pâte, l’un à la trompette et l’autre à la batterie.

Les titres s’enchainent : « Je suis », « Comme d’hab », « Sur la lune », alors qu’une pluie diluvienne s’invite elle aussi. Mais, cela n’altère en rien la bonne humeur de tous.

L’amour fraternel qui lie le duo n’est pas feint, la complicité est belle à voir.

Le live durera une heure durant laquelle Florian ‘Bigflo’ et Olivio ‘Oli’ Ordonez ont transformé la plaine du festival de Dour en une célébration du rap francophone, les deux frères interagissant fortement avec la foule, la faisant vibrer au rythme de leurs succès, sans ménagement.

On peut dire que les Toulousains ont livré un set d’une grande ferveur, alors que ce n’était pas gagné d’avance !

Une sacrée jolie surprise !

Il faut attendre maintenant trois heures pour assister au concert de Parcels.

A l’heure prévue, les musiciens chevelus, moustachus comme feu Frank Zappa, vêtus de chemises venues d’un autre temps et de pantalons à pattes d’eph’, débarquent. Malgré la cascade de poils, ils ont des visages de poupon. Ils s’installent sur l’Autel. Seraient-ce les descendants des Beatles ? Pas du tout, les membres de Parcels (NDR : un patronyme qui s’inspire du nom d’un café/pâtisserie au sein duquel les musicos ont effectué leurs premiers pas), sont australiens.

Rappelez-vous, la formation avait fait, il y a quelque temps déjà, la une des médias en dévoilant « Overnight », un morceau réalisé sous la houlette du duo français Daft Punk.

Centenaire à eux cinq, Noah Hill (basse), Patrick Hetherington (clavier), Louie Swain (clavier), Anatole ‘Toto’ Serret (batterie) et Jules Crommelin (guitare), se sont rencontrés au lycée de Byron Bay, la ville sise la plus à l’Est du continent australien.

Entourés de parents encourageant l’expression artistique, ils sont parvenus à unir leur différente culture musicale pour former un savant mélange de pop, funk, et electronica.

Etablis à Berlin, ils sont vite repérés par label parisien Kitsuné (NDR : celui qui a découvert Two Door Cinema Club, Klaxons ou encore Hot Chip).

Aujourd’hui, le combo jouit d’une renommée internationale et sillonne les festivals et concerts, nous offrant régulièrement de nouvelles surprises sonores, bien que son dernier album date de 2018. Toutefois, la sortie d’un nouveau single pourrait bien présager celle d’un long playing…

Après une intro en guise de teaser, le groupe sert un « Overnight » qui, justement, ne manque pas de piment. Sourires béats, ils prennent manifestement leur pied. Le bonheur est communicatif, le public est complètement subjugué.

Grâce à des titres comme « Safeandsound » ou encore « Somethinggreater », les gaillards possèdent une maîtrise absolue de leur art ! On frôle la perfection harmonique ! C’est d’une justesse et d’une finesse sans pareil ! Les guitares délicatement pincées et le groove finement mené. On peut aisément parler de génie mélodique !

Toujours transportées par des cordes enjouées, les chansons se distinguent par leur simplicité et leur efficacité. Mais, sans contexte, c’est encore « Tieduprightnow » qui éveille auprès du public une joie onirique.

En permanente oscillation entre le rock et le funk des 60’ et 70’s, en passant les Beach Boys aux Bee Gees, Parcels a su trouver un équilibre en réinventant ce passé musical. Par ailleurs, l’influence de la musique contemporaine, de ses sons électroniques dans une vision pop et moderne sert de contrepoids aux sonorités surannées, mêlant plusieurs esthétiques musicales entre passé et présent.

Multi-instrumentistes et chanteurs, chacun des membres évolue autour d’un univers contrasté d’ombre et de lumière où le groove en est le maître.

Après plus d’une heure d’un ‘live’ surprenant, les superlatifs ne manquent pas ! Tout simplement impressionnant... à faire pâlir les plus grands !

Parcels a réconcilié votre serviteur avec la vie !

Il est minuit lorsque le set s’achève. Il est temps de reposer ses lombaires. La route est longue et parfois semée d’embûches…

Le festival de Dour tire doucement sa révérence. Demain clôturera une édition qui aura marqué les esprits par son esprit de tolérance, sa diversité et son empreinte musicale.

(Organisation : Dour Festival)

 

Dour festival 2025 : jeudi 17 juillet

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Si en 1989, date de la première édition limitée à sa scène unique, qui avait notamment programmé Bernard Lavilliers en tête d’affiche, Dour était un festival, les choses ont drôlement évolué depuis, puisque les festivités se déroulent maintenant sur 5 jours, au cours desquels 230 artistes sont répartis sur 7 scènes. Sans oublier évidemment les 6 campings. Bref, d’un improbable festival artisanal, une machine industrielle s’est imposée aujourd’hui.

Le décor est à l’image de la Belgique ! Surréaliste ! Le site est entouré d’éoliennes gigantesques.

Le festival de Dour traîne, depuis ses origines, une mauvaise réputation : drogue, viols, décès, etc. A tort, évidemment, les services de police et de sécurité veillent au grain. Il n’y pas plus de problèmes ici qu’il n’en existe ailleurs. Ce n’est d’ailleurs pas l’évènement qui crée le problème, mais les individus, tout simplement.

Dour est synonyme de découvertes. A vrai dire, il y a peu de têtes d’affiche connues, surtout ces jeudi et vendredi. Le festival mise avant tout sur un concept unique en son genre, le concept se résumant à flâner entre les différents podiums, s’imprégner de ce qui existe en matière musicale, mais surtout de garder de bons souvenirs, dans la joie et la bonne humeur.

Outre ‘The Last Arena’, la plus grande scène qui peut accueillir 20 000 âmes, ‘De Balzaal’ consacrée à la musique électronique, la ‘Boombox’, qui fait la part belle au hip-hop, à la musique soul, au r’n’b et au swing, il reste ‘La Petite Maison dans la Prairie’ destinée aux fans de musique indie. Sans oublier le ’Garage’, scène mythique pour les amateurs de rock et de rock and roll. On a fait le tour du propriétaire. Enfin, presque, puisque de nombreux endroits proposent encore et encore du son aux potentiels insatisfaits.

Hormis la main stage, toutes les autres sont couvertes. Si la météo est agréable ce jeudi, elle risque de changer les prochains jours, notamment ces samedi et dimanche. Dour, victime d’un acharnement météorologique ? On pourrait le penser. Si certaines années, les pompiers ont dressé leurs lances pour arroser le public, à d’autres, ils sont intervenus pour empêcher la formation de torrents de boue.

Si depuis quelques années, la musique électronique, le hip hop et le rap étaient devenus la clé de voute du festival, le line-up est quelque peu revenu à ses fondamentaux depuis peu, puisque sous l’impulsion de vieux briscards, de temps à autre, des ensembles ‘guitare-basse-batterie’ ont à nouveau voix au chapitre.

Les festivités ont commencé la veille. Seules quelques scènes ont décidé de laisse tomber le rideau afin d’y servir de la musique… électronique aux plus fervents. Une mise en bouche en quelque sorte, puisque le repas et le dessert risquent d’être riches eux aussi.

Autant le dire, la journée du jeudi ne s’annonce pas spectaculaire pour autant ! Dour est par excellence un lieu de compromission à toute épreuve !

Question people, ici, on voit de tout. Tout et son contraire d’ailleurs. Inutile de vous mettre en quête de famille en emmenant un bambin. Au DMF, on ne badine pas avec les looks les plus exubérants : crêtes colorées et gonzesses à moitié à poils déambulent aux côtés de gars déguisés, tantôt en panthère, tantôt en ours. Bref, une style faunistique propre à cette région du centre. Mais toujours dans le respect, précisons-le.

Il faut s’y faire, les badauds vocifèrent ‘Douuuurreeeeehhhhhh’ à n’en plus finir. Un signe distinctif dialectal quel seuls les initiés comprennent.

Comme le système économique est au centre de toutes les préoccupations, les stands de boissons et de bouffe fleurissent comme des pâquerettes sur les pelouses. Le constat est sans appel, les prix deviennent excessifs. Il faut débourser au minimum entre 4€ et 5€ pour une boisson. Même chose pour la nourriture. Et que dire des parkings à trente balles ?

Votre serviteur, tel un explorateur, arrive sur le site, aux alentours de 16h30. Lovelace se produit sur la main stage.

Une sacrée belle expérience pour celle qui vient seulement de goûter aux joies des festivals. En effet, ingénue, elle avoue partager ce genre d’expérience depuis seulement 4 ans.

Elle nous vient de Bruxelles et appartient à la nouvelle scène pop alternative.

La demoiselle est fort sexy. Habillée d’un petit short et d’un corset, elle fait des envieux. Des jalouses également !

Un grand drapeau noir sur lequel est imprimé de grandes calligraphies trône en toile de fond, histoire qu’on se souvienne de cette artiste.

Elle n’est accompagnée que d’un guitariste, le reste de l’enveloppe musicale étant créée par des samples. C’est un peu dommage.

Le parterre est assez clairsemé, l’artiste ayant sans doute encore un peu de mal à se faire un nom alors que sa musique tourne pourtant en boucle sur les ondes radios, grâce à une collaboration avec Saule sur « Petite Gueule », un titre plein d’entrain.

Elle se plait dans une pop sucrée à décortiquer son existence (encore jeune), alternant murmures et envolées vocales.

A tendre l’oreille, sa tessiture vocale est proche de celle de Billie Eilish (NDR : une auteure-compositrice-interprète et actrice américaine) lorsqu’elle scande au public, les yeux dans les yeux ‘Ça te dirait bien qu’on s’aime’, un refrain tout droit issu de « Corps », une jolie balade émouvante. S’agit-il d’une invitation ?

Trop gentillette et manquant de relief, tant dans l’univers que de l’approche musicale, la musique de Lovelace souffre probablement d’absence d’aspérités pour ce genre de festival, raison pour laquelle elle peine à fédérer.

Trop de love et de mélancolie, tue l’expression musicale en quelque sorte…

Au ‘Garage’, se positionne les membres de Dog Race, un groupe dont la musique a adopté une configuration rock.

Les quatre membres sont prêts à en découvre. Le personnage qui drive la formation est une gonzesse, tout aussi sexy que la précédente.

Lunettes noires vissées sur la caboche, elle est vêtue d’un petit short et de collants noirs, de quoi affrioler même les plus fidèles compagnons.

Il y a peu de monde à cette heure, les festivaliers préférant prendre un maximum de plaisir en soirée.

Même si les patronymes riment, Dog Race est l’antithèse de Lovelace. Ici, c’est de l’énergie à l’état pur, des guitares cinglantes, une atmosphère tour à tour joyeuse ou claustrophobique et onirique.

Cette course de chien est venue présenter le dernier Ep, « Return The Day », un disque faussement mélancolique aux allures foutraques.

Dès la première compo, un constat s’impose : des guitares abrasives, une basse pénétrante et une rythmique implacable. La musique de Dog Race aurait pu naître d’une rencontre entre le profil grave voire gothique de Joy Division et les envolées pop lyriques d'Arcade Fire.

Le chant spectral de la jeune dame trahit parfois des intonations à la Sheryl Crow, lorsqu’elle vocifère ce qui semble être, a priori, des cris guerriers.

Des morceaux comme « The leader » ou encore « It’s The Squeeze » naviguent quelque part entre post-punk inclassable et new wave contemporaine.

Une musique particulièrement vivante à l’image de la vocaliste qui en fait des tonnes afin d’amuser son public.

Direction ‘La Petite maison dans la prairie’, un endroit situé à une encâblure de la précédente scène. L’endroit est parfaitement reconnaissable, grâce à ses couleurs vives et son inscription visible des kilomètres à la ronde.

C’est Nilüfer Yanya qui s’y colle, une autrice-compositrice-interprète britannique.

Son nom est étrange, tout comme ses origines. Elle est née à Londres, en 1995, d'un père turc et d'une mère d'origines irlandaise et barbadienne.

Elle débute en publiant des démos sur Soundcloud dès 2014, refusant un projet produit par un membre de One Direction pour rester indépendante dans sa création.

Son premier elpee, produit chez ATO Records, a reçu un accueil critique très favorable. Il fusionne indie rock, soul, jazz, grunge et trip hop, tout en laissant libre cours à son imagination introspective.

Ils sont cinq sur les planches. Mais c’est elle qui drive le band. Elle est très sexy. Décidément, un des éléments marquants lors de cette première journée de festival pour votre serviteur.

Le style est assurément différent une fois encore. Alors que les ‘portugaises’ de votre serviteur souffrent d’acouphènes, le style de Nilüfer Yanya pourrait y remédier.

Ici, pas d’exagération ni dans la forme, ni dans le fond, juste une musique douce et amère, épanouie, relativement épurée, explorant les tensions émotionnelles à travers des guitares semi-nerveuses, des interventions de saxophone et d’électronique dispensés avec une précision chirurgicale, et des paroles qui traitent des anxiétés contemporaines.

Une des particularités du band est de mêler acoustique et électrique afin d’obtenir un son gracieux, propre et glamour, laissant entrevoir de belles envolées sauvages grâce au saxophone joué magistralement par la dame plantée à gauche (qui se consacre également aux ivoires).

Si le set manque cruellement d’énergie, cette situation est largement compensée par la créativité artistique dont on se laisse bercer au gré des compositions, issues notamment du dernier album en date, « My Method Actor » (septembre 2024) ainsi que de l’Ep récemment tombé dans les bacs, « Dancing Shoes ».

Yanga brasse les genres et les sons, de manière presque poétique, voire cinématographique.

Son expression sonore est souvent comparée à celle de Siouxsie and the Banshees. Notamment à cause des riffs de guitare subtils ; et puis de ces sonorités inventives, surprenantes, mais ô combien intéressantes. Et le tout baigne au sein d’‘un univers feutré.

Une ouverture sur le monde de demain, un univers immersif qui sort des sentiers battus et une curiosité belle à entendre. C’est ça l’esprit du festival de Dour.

Retour au ‘Garage’, non pas pour y faire réparer sa bagnole, mais pour y assister au set de Marcel. Le déjanté de service. Enfin, plutôt LES déjantés de service, Marcel ne se cantonnant pas à une seule personne.

Ce sont des (presque) voisins, ils viennent d’Arlon.

Sur l’estrade, trône une inscription rappelant l’idiome de la formation, fabriquée dans une matière qui, à s’y méprendre, ressemble à de la frigolite.

Formé en 2021, ce groupe belge propose une musique hybride, entre post-punk, garage bruitiste et indie rock, tout en affichant une identité visuelle et sonore à la fois décalée et percutante. On est une nouvelle fois loin du style précédent. On a intérêt à se protéger correctement les feuilles de choux, si on ne veut pas, à nouveau, martyriser ses tympans.

A l’heure prévue, des cloches sonnent, comme dans une cour de récréation. Des bruits fusent en backstage. On entend crier froidement ‘Dourrreehhhhh’ repris (évidemment) en masse par le public qui s’est pressé massivement devant le podium.

Les premiers riffs de guitare ne laissent planer aucun doute. La musique immersive de Marcel est un savant mélange, presque improbable, entre celles de Dead Kennedys, Talk Talk, Nina Hagen, Jacques Dutronc, ; et le tout est ponctué de textes poético-horrifiques et d’instruments singuliers (kazoo, darbouka, sifflets).

Le style néo garage rappelle les heures de l’énergie Punk (is not dead), essentiellement dispensée par les Sex Pistols, connus pour être des pionniers dans le genre.

Derrière son micro, Amaury Louis remplit l’espace scénique à lui seul. Dynamique et espiègle, il livre une prestation de manière brute et sans équivoque.

Le combo est venu présenter son dernier né, « Ô  Fornaiz », un opus tout au long duquel instrumentation et bonne humeur font bon ménage.

Que ce soient sur des titres comme « Basho Basho Basho », « Six Seconds » ou encore « The Digger », Maxime d’Hondt (guitare), Benjamin d’Hondt (basse) et Ulysse Wautier (batterie) prodiguent un son qui oscille entre violence percussive, humour absurde et ruptures rythmiques constantes, tout en conservant une cohésion post‑punk extrêmement marquée d’un bout à l’autre du set.

Les titres s’enchaînent de manière irrévérencieuse. Le public est excité voire exalté.

A l’issue de ce concert, votre serviteur déambule de scène en scène pour y encaisser, la plupart du temps, des beats électroniques. Facile et pas cher…

On y croise une majorité de jeunes, en général torses-nus, en quête d’ambiance. La nuit risque d’être longue pour eux…

Le précepte ‘Sex and drugs and rock and roll’ serait-il en train de disparaître ?

La question mérite d’être posée.

A demain !

(Organisation : Dour Festival)

LaSemo 2025 : dimanche 13 juillet

Écrit par

Clap de fin pour cette dix-huitième édition du LaSemo.

Un festival qui, bien que devenu grand, a gardé son âme d’enfant.

Une majorité qui signe un tournant dans l’histoire aussi, les organisateurs ayant obtenu l’accord de la Ville pour occuper le Parc d’Enghien durant encore au moins trois années, laissant entrevoir de belles surprises à venir.

De grands noms de la chanson française pop sont annoncés. Ce qui explique pourquoi il y a du monde, très tôt dans l’après-midi. Bien plus que lors des deux jours précédents.

Il fait très doux, les badauds déambulent à travers les nombreuses allées ombragées largement réparties sur le site.

Lorsqu’à 16 heures, votre serviteur arrive manu militari, deux artistes se produisent quasi en même temps, Vendredi sur Mer, côté prairie, et Coline BLF, côté guinguette. Le choix se portera vers l’endroit le plus rafraîchissant. Va donc pour la seconde option.

Comme de juste, de nombreux spectateurs ont envahi l’espace. Il fait noir de monde et se frayer un chemin n’est pas une sinécure.

La petite effarouchée se produit devant un parterre, davantage attiré par la soif que par l’artiste, avouons-le ! Mais, surprise, la demoiselle assure. Et son assurance a de quoi faire rougir les plus téméraires, alors qu’elle affiche à peine un quart de siècle.

Elle est originaire de Namur. L’univers musical aussi sein duquel elle baigne, oscille entre Bedroom pop et French pop.

Chantant seule dans sa chambre depuis son plus jeune âge, armée de sa guitare, ce n'est qu'à ses 18 ans qu'elle dévoile son goût pour le chant. Après une année passée en Californie, Coline se lance et travaille sur un premier Ep, « Blue Nostalgia », qui verra le jour en septembre 2022.

Sa musique vintage et solaire est d'abord influencée par King Krule, Clairo et Mac Demarco, mais aussi par de nombreux artistes francophones tels que Lewis Of Man ou encore Claire Laffut.

Ses compos sont parfaitement engagées. Elle s’interroge sur le monde et le devenir de la planète. Ses textes adoptent des opinions idéologiques, sociétaux et politiques. Elle ne mâche pas ses mots lorsqu’il s’agit de balancer du lourd, comme sur cette « Drôle d’Histoire », une compo subtilement chargée de mélancolie.

Parfois doux ou teinté d’une pointe rock, l’univers de Coline BLF sent bon l’été et l’herbe fraîche (celle que l’on sous nos pieds, pas celle que l’on fume). Quand il ne se transforme pas en véritable plaidoyer à l’égard de l’inaction des politiques, tout au long de ce « Feu », bouillonnant de colère et caractérisé par son refrain entêtant, au cours duquel elle clame ‘Soyons heureux avec que le monde brûle’, véritable hymne repris en chœur par l’auditoire.

Coline BLF appartient à cette catégorie rare d’artistes qui se servent de la musique comme son champ de bataille pour mener des combats, tout en promouvant un mode de vie épanoui et en phase avec les enjeux de notre époque.

Mais, elle sait aussi lâcher prise en dispensant des compos aux sonorités eighties, à l’instar de « Luna », personnage fictif qui invite le peuple à se déhancher.

Bref, Coline BLF est assurément une artiste au sens noble du terme qui mérite amplement que l’on s’y intéresse.

La scène du Château est à une encâblure d’ici. Et pourtant, il faut aller vite, le concert de Santa risque d’être pris d’assaut.

Inutile de préciser que l’icône de Hyphen Hyphen est attendue de pied ferme !

A moins d’avoir passé ces deux dernières années sur une île déserte, personne n’a pu échapper au succès fulgurant (presque inattendu) de Samantha Cotta (NDR : c’est son vrai nom !). Et confidence pour confidence, en solo, la demoiselle est impressionnante.

A 18 heures 30’ pétantes, des écrans de fumée envahissent la scène. Impossible de distinguer quoi que ce soit. S’ensuit presque immédiatement un décompte qui semble s’éterniser. Et lorsque ce ‘fog’ se dissipe, il laisse entrevoir une Santa, haute perchée, la tête en bas, pour descendre peu à peu, aidée de filins métalliques, entre des colonnes de feu qui jaillissent. Quelle richesse dans le souci du détail !

Après nous avoir bercé de sa douce ballade en mode piano-voix sur « Popcorn salé », une compo écrite dans l’urgence, presque par égarement, qui paraîtra sous l’impulsion et les encouragements de ses comparses Laura Christin, alias Line (basse, percussions), et Romain Adamo, aka Adam (guitare, synthé), la jeune dame s’émancipe et grave un premier album sobrement intitulé « Recommence-moi ».

Alors que la pop anglophone constituait jusqu’à présent sa ligne directrice, notamment au travers d’HH, la Niçoise prend un virage à 180 degrés en réalisant un très réussi premier essai solo, chanté dans la langue de Voltaire.

Toute de noire vêtue, elle est chaussée de grandes bottes qui lui confèrent un air très glamour. Soutenue par un batteur au drumming corrosif et une bassiste qui n’est autre que sa meilleure amie – Line, elle entame son tour de chant par un spectaculaire « Chanter le monde », une compo aux couleurs vives qui émeut par sa richesse sonore.

Vivant depuis peu de temps dans le plat pays, elle dit aimer se retrouver parmi les siens.

Multi-instrumentiste, elle alterne, au gré des compositions, piano et guitare, ses deux instruments de prédilection, qui viennent soutenir sa voix puissante. Qu’elle met parfaitement en exergue sur « Eva », une magnifique chanson qui s’impose sur fond d’appel à la résilience. Des cris d’amour fusent. Comme elle ne parvient pas à cerner leur origine, elle les rend, mais en plus fort encore.

Et comme le temps presse, elle lance, tout de go, sa gratte au crew (mot qui se traduit en français par ‘équipage’, ‘équipe’ ou ‘bande’, selon le contexte) posté à sa gauche. Le gars la rattrape in extremis à la grande surprise de tous et … surtout de l’artiste elle-même. Un risque démesuré…

Un concert ponctué de surprises ! Et tout d’abord lorsque, posée devant ce piano noir, elle entame « Les larmes ne coulent pas », qui a bénéficié, lors des sessions d’enregistrement, de la complicité de Christophe Willem, un artiste devenu aujourd’hui son ami. Il s’invite le temps d’une chanson, entre simplicité et fausse grandiloquence, lors d’un duo uni par des larmes amères. Mais n’y a-t-il pas larmes plus amères que celles qui ne coulent pas ? Quoiqu’il en soit, elle finit ce titre, le sourire et le regard sereins, debout sur les retours posés à front de scène.

Elle compte se jeter aujourd’hui à corps perdu dans un univers où règnent l’intime, la retenue et la douceur.

Pour ce faire, rien de tel que dénoncer « La différence », sorte de manifeste sur le bien vivre ensemble avec, en filigrane, cet espoir latent de tolérance, d’insouciance et de communion. Pour marquer le coup, elle enfile un drapeau dont les couleurs se réfèrent à l’arc-en-ciel, emblème de l'homosexualité. Le drapeau arc-en-ciel, créé par Gilbert Baker en 1978, est devenu un symbole international de la communauté LGBTQIA+. Il représente la diversité des orientations sexuelles et des identités de genre au sein de cette communauté. Chaque couleur du drapeau a une signification spécifique, comme le rouge pour la vie, le vert pour la nature, et le violet pour l'esprit.

Fidèle à son style unique et son spectre lyrique hors du commun, Santa se regarde ensuite dans le miroir avec introspection durant sa séance de « Popcorn salé » et le désir de recommencer son histoire, à l’instar d’une césure sur le temps. Entre ambition, espièglerie et qualité rare, l’artiste s’était essayée au métier de cascadeuse en interprétant ce premier titre, perchée à plus de 40 mètres de haut ! C'était à Bruxelles, sur la place de la Bourse. Un « Popcorn salé » à son apogée, en quelque sorte !

Et pour rappeler cette spectaculaire ascension, elle n’a rien trouvé de mieux que de jouer du piano en lévitation, grâce à un système de treuil, sous les yeux ébahis des spectateurs qui ont rarement vu un show rythmé digne de ce nom. C’est moins spectaculaire que dans la capitale, mais quand même…

L’émotion est grande. Elle en même oublie les paroles. Et pour se convaincre d’avoir encore toute sa tête, elle embraie dans un mashup, en associant le « Paradis blanc » de Michel Berger et Désenchantée de « Mylène Farmer ». Pour un résultat plus que convaincant !

Elle s’éclipse alors le temps de quelques secondes pour revêtir une cape de vampire. Assoiffée de sang, elle souffle le chaud et le froid lors d’un « Je brûle » qui n’est pas sans rappeler certaines sonorités pop/rock contemporaines qui ont fait les beaux jours de Hyphen Hyphen.

Et puis, dans une parfaite communion, les milliers de festivaliers se transforment en chorale parfaitement synchronisée, pendant « Dis-moi oui », une toute nouvelle compo annonciatrice, sans doute, d’un futur nouvel album. Un magnifique teaser !

Le set touche doucement à sa fin. Alors qu’elle s’apprête à s’éclipser pour une séance de ‘hugs’, des câlins posés délicatement à une poignée de chanceux, elle est vite portée par le public qui l’emmène, comme feuille portée par le vent, jusqu’à la régie, pour un « « Recommence-moi » tonitruant. Et en guise de ‘Happy end’ des canons propulsent des dizaines de milliers de confettis, rappelant les joyeusetés des festivités du carnaval.

Durant près d’une heure trente, Santa a une nouvelle fois démontré qu’elle méritait amplement la distinction du public et de la presse.

Dans l’univers de la chanson française, la jeune peut être assurément considérée comme une grande artiste. Et en livrant un concert d’une telle intensité et générosité, elle a emmené le public dans un tourbillon émotionnel et onirique d’une intensité rare.

MC Solar se produit à 22 heures 30’. Dans l’attente, il faut tuer le temps. Direction donc vers la scène de la prairie pour y découvrir Acid Arab.

Il s’agit d’un groupe français de musique électronique formé en 2012 par deux DJs, Guido Minisky et Hervé Carvalho, immédiatement rejoints par Pierrot Casanova et Nicolas Borne, puis par le claviériste Kenzi Bourras.

La formation est considérée comme pionnière de l'électro-orientale en France.

Vu son goût pour la musique électronique, votre serviteur préfère se nourrir, plutôt que de mourir… d’ennui.

La fin de soirée approche, la nuit a tiré son drap de lit pour s’endormir au côté d’un prodige de la chanson française, en la personne de MC Solaar.

C’est d’un pas résolu qu’il débarque sur l’estrade. Le podium est relativement épuré, une étoile géante trônant en fond de toile.

Vingt-six ans après avoir gravé « Bouge de là », la musique de Claude Honoré M'Barali n’a pas pris une ride et sa verve pointue et naturelle est demeurée intacte.

Son « Intronisation », plage titulaire d’un succulent elpee intitulé « Géopolitique » et dans lequel on entend une dame s’écrier ‘Mc Solar’, laisse entrevoir une musique solaire et positive où on apprend que ‘tout a commencé là-bas, dans la ville qu'on appelle ‘Maisons-Alfort/En jean, en short ou en djellabah’...

Alors qu’à « A dix de mes disciples » laisse dubitatif, « Qui sème le vent récolte le tempo » relève le tout. Ce titre issu du premier LP, paru en 1991, rappelle combien le flow transgresse le poids des âges…

Son obsession… textuelle laisse transposer des suggestions profondes et légères à la fois. Un véritable travail d’orfèvre pour ce… chercheur de phrases.

Mister Claude n’échappe pas à cette règle immuable. Il est également, lui aussi, une « Victime de la mode », comme sans doute les milliers de festivaliers amusés par la facétie de cette poésie urbaine. Dans un foutraque indéterminable, il scande haut et fort à un type « Bouge de là ». Pas une invective, mais une superbe chanson datant des débuts des années 90. Et afin de faire durer le plaisir, après une césure qui tombe à pic, la seconde partie du morceau mythique est jetée aux plus fervents.

Sa musique et la qualité littéraire de ses proses sont le fruit d'inspirations diverses, allant de Serge Gainsbourg – à qui il rendra hommage à travers « Nouveau western » et son sample mythique de Bonnie and Clyde - et aux musiques africaines (ivoiriennes, maliennes, tchadiennes), en passant par les classiques noirs américains (jazz et rap US).

MC Solar est un vrai « Dingue » et son « Da Vinci Claude », titres-phares, ravivent pas mal de souvenirs au sein de l’auditoire…

Alors que Bambi Cruz, de son vrai nom Gabriel Hoareau et par ailleurs rappeur lui aussi, « Ouvre les yeux », la douce et belle « Caroline » vient susurrer dans nos oreilles de jolis refrains pour le meilleur, pas pour le pire.

Le public semble ravi. Cependant « Solar pleure ». Des larmes de joie plus que d’amertume, sans doute. Car l’artiste n’a rien perdu de ces années. Sa plume est intacte, sa verve est plus tenance que jamais et ses textes sont d’une intensité rare.

Le spectacle s’achève, laissant des étoiles dans les yeux. On peut dire que ce soir, MC Solar était… solaire !

Après quatre jours de folie, de spectacles, de concerts d'anthologie et de détente, le festival familial et durable situé dans le parc d’Enghien se clôture ce dimanche soir.

Une édition marquée par un joli succès à tous niveaux. Une fois de plus, le LaSemo a tenu toutes ses promesses.

Gageons que l’édition 2026 sera, quant à elle, au minima aussi intéressante et riche que cette année. Les paris sont ouverts et les premières places déjà disponibles…

(Organisation LaSemo)

LaSemo 2025 : samedi 12 juillet

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Le soleil brille de mille feux en ce samedi, troisième journée du LaSemo, les festivités ayant débuté dès ce jeudi.

Le site est propre, les festivaliers de la veille ont eu à cœur de le conserver comme tel pour les suivants, mais également pour celles et ceux qui reviennent sur les lieux.

Si les activités se veulent familiales, le line up du jour risque de décevoir les plus jeunes, la direction artistique, bien que pop, est davantage élitiste que la veille. Et pour cause, Mika est en tête d’affiche. Enfin, le site semble aussi un peu plus aéré que la veille.

Les quelques précautions d’usage remplies, comme la fouille obligatoire avant de pénétrer à l’entrée du périmètre, votre serviteur arrive ‘franc battant’ aux alentours de 16 heures 30.

Le soleil est encore fort généreux ce jour. Toutefois, les températures sont davantage agréables que caniculaires. Excellente initiative, les organisateurs ont disposé ici et là des points d’eau, histoire d’étancher sa soif.

Warhaus est prêt à en découdre sur la scène du Château.

Warhaus, c'est le patronyme du projet solo de Maarten Devolder, un compositeur, chanteur et multi-instrumentiste, mais également un auteur-compositeur-interprète et producteur belge. Excusez du peu !

Il a entamé sa carrière en 2010, à 22 ans, au sein du groupe Balthazar. Ce n’est qu’en 2015, qu’il s’est également lancé en solitaire.

Après avoir sorti « We Fucked A Flame Into Being » (2016) - inspiré d'une citation du roman ‘Lady Chatterley's Lover’ (‘L'amant de Lady Chatterley’) de D.H. Lawrence, « Warhaus » (2017) et « Ha ha heartbreak » (2022), Marteen et son backing group sont venus défendre leur dernier né, « Karaoke Moon ».

Alors que ses musiciens sont déjà installés sur l’estrade, Maarten avance d’un pas décidé.

Il est habillé de manière classieuse, tout en blanc. Comma le décor de la scène où trône d’ailleurs un énorme rond blanc suspendu (NDR : Jean-Jean - qui rempile (une fois de plus) cette année afin de donner de la joie et de la bonne humeur - le compare à une pastille géante pour la gorge).

Très vite, Devolder empoigne une trompette et le batteur d’un trombone pour attaquer « I’m Not Him ». Le ton est donné.

Sur « Popcorn » ou encore « Jim Morrison. », des compos chargées de spleen et de sensualité, le leader chante à la manière d’un crooner à la voix grave. Le spectre de Nike Cave se met à planer. Et ce sont ceux de Leonard Cohen, Tom Waits voire Lou Reed qui rôdent tout au long de « Zero One Code » ou encore « Where The Names Are Real », des morceaux qui ne manquent pas de charme.

Warhaus crée la surprise auprès des mélomanes. Les yeux écarquillés, le sourire aux lèvres, les spectateurs sont littéralement médusés par la douceur et l’enveloppe musicale d’une forme de jazz langoureux qui baignerait au sein d’une ambiance ‘gainsbourgienne’.

Sur des compos à l’atmosphère feutrée, la formation explore étrangement l’ombre et la lumière de l’âme humaine, les textes de la formation évoquant, de temps à autre, l’Amour et ses affres, comme sur ce langoureux « Loves A Stranger ».

Grâce à des arrangements particulièrement soignés, l’impression de climat ouaté et empreint de nostalgie est accentuée. Une atmosphère qui sied bien à l’esprit du LaSemo.

De son timbre caverneux au phrasé nonchalant, Devoldere livre des chansons profondes et sombres, partagées entre l’amour ou la haine, avec une telle empathie, que l’aspect émotionnel dépasse le spectacle. Une communion s’établit alors avec l’auditoire.

Warhaus est à l’image d’un encéphalogramme, dispensant tantôt des morceaux doux et amers, tantôt plus électriques, à l’instar de « Beaches », stimulé par une ligne de basse grondante. La tension devient palpable et le concert entre dans sa phase la plus intense.

C’est alors que Marteen annonce à la foule qu’il va interpréter une chanson en français. Il s’empare d’une grosse caisse en bois, descend dans la fosse, comme un lion prêt à dévorer une antilope, grimpe sur le caisson, et de la main droite saisit une télécommande pour allumer un vieux téléviseur avec tube cathodique placé sur le côté de scène. C’est alors qu’il entame façon karaoké, sur fond d’une bande-son, un tube de Christophe paru en 1979, « Aline ». Foi de festivalier, jamais une chanson n’avait fédéré autant de spectateurs (NDR : des milliers !) s’épanchant sur une chanson pratiquement disparue de la circulation.

Le set prend doucement fin. Sur « Mad world ». Maarten se détache du personnage statique qu’il incarnait en début de parcours pour se lâcher en virevoltant.

Et en apothéose, « Open Window » clôture le show.

Les musicos saluent chaleureusement le public, alors que l’orgue de barbarie boucle leur sortie. A défaut d’adieu, un au revoir, qui, espérons-le, sera de courte durée.

D’un bout à l’autre de la prestation, un constat : l’instrumentation du band est riche. Trompette, trombone, clavier, violon, guitare électrique et sèche, batterie ainsi que flûte. En outre, chaque musicien est un virtuose…

Direction la Guinguette pour y découvrir Uwase, une artiste talentueuse et polyvalente, originaire de Bruxelles.

Bien qu'encore nouvelle sur la scène indie pop belge, elle s'est déjà distinguée par sa maîtrise de la production et de l'écriture, construisant un univers musical intimiste qui reflète ses pensées et émotions les plus profondes. C’est cette singularité qui a attiré l’attention de Jasper Segers (Sylvie Kreusch, Jaguar Jaguar), avec qui elle a collaboré pour coproduire son nouvel Ep.

Avant l’été, Uwase a dévoilé un premier aperçu de cette coopération à travers le single "Chorus Baby", suivi de "Fine", à l’avant-goût prometteur.

Elles sont trois sur scène. Des blacks. Une préposée au chant, une à la batterie et la troisième à la basse.

Elles sont relativement jeunes, la trentaine à tout casser. Il va donc falloir jouer des coudes et bousculer les codes, afin d’assurer une crédibilité artistique auprès d’un public qui n’est pas forcément venu pour les découvrir. C’est ça aussi la force et la faiblesse des festivals, métisser le plus grand nombre pour satisfaire la franche la plus large.

Après quelques couacs techniques ayant entraîné environ quinze minutes de retard, « Pls Don’t Take It Away » confirme le style dans lequel s’inscrit l’artiste. Un univers sonore empreint de sensibilité, une forme de dreampop mélancolique traversée d’instants groovy.

« Surprise », « Rover » ou encore « On My Cloud » mettent en exergue l’organe vocal de la demoiselle qui respire l’authenticité, mais manque encore d’assurance.

Poursuivant son concert intelligemment, elle alterne chansons douces et languissantes et compos un peu plus énergiques, tout en se frottant au blues et la soul, à l’instar de « Perfect Blue », qui fait mouche auprès de l’auditoire.

La connivence entre les musiciens est belle à voir, au vu des regards complices qu’ils s’échangent fréquemment.

Débordant d’énergie, la dame embraie par « Pedestal, un morceau d’une puissance équivalente à la droite décochée par un boxeur dans les gencives de son adversaire. Une chanson à laquelle elle accorde une certaine importance. Elle y raconte le moment où elle s’est retrouvée à courir après quelqu'un, presque à mendier d'être aimée et prise en charge. Un hymne qui doit parler à la plupart d’entre nous et qui l’a catapultée en tête des charts.

Durant environ quarante-cinq minutes, la formation aura livré un set rempli d’humanité, de douceur, de paix.

Un concert simple et sobre, mais d’une puissance artistique étonnante. Bref, de l’extase et le paradis à portée de main.

Retour à la scène du Château pour le tant attendu Ghinzu. Le peuple s’est déplacé en masse. Il faut dire que le groupe assure seulement deux concerts cet été, dont un ce soir.

Chaussé de lunettes fumées, John Stargasm grimpe sur le podium. Il a pris un sacré coup de vieux, ventre légèrement bedonnant et cheveux grisonnants. Il est suivi par une bande de joyeux drilles. En l’occurrence le bassiste Mika ‘Nagazaki’ Hasson, le guitariste Greg Remy, le drummer Antoine Michel et le claviériste/guitariste Jean Montevideo, également préposé aux backing vocaux.

Le batteur est installé en retrait, de manière surélevée, comme souvent dans cette configuration live.

Le bassiste a opté pour une position à l’extrême gauche (NDR : la position sur le podium, pas l’orientation politique). Lunettes de soleil vissées sur le nez (lui aussi), il porte un costume ‘classique’ de couleur noire. Il ressemble à Kévin Bacon, un acteur, producteur, réalisateur et compositeur américain notoire pour son film musical ‘Footloose’ ou encore pour avoir endossé le rôle de méchant dans une kyrielle de longs métrages, dont ‘Sleepers’ et ‘Hollow Man’.

Le look du sixcordiste ne passe pas inaperçu, non plus ! Il porte de longs cheveux. De dos on pourrait le confondre, soit avec Jésus Christ, soit avec une belle demoiselle. Une illusion ! Car lorsqu’il se retourne, c’est sûr, on est effectivement bien en présence d’un mec.

Le set débute par « Wowa », un nouveau morceau qui annonce la sortie d’un quatrième long playing studio. En tout cas, une compo toute droite tirée de l’univers énergisant de la bande à Stargasm.

Mais c’est encore « Cold Love », issu de « Mirror Mirror », aux riffs de guitare tranchants et à la rythmique schizophrénique, qui recueille tous les suffrages au sein de la foule. L’ambiance en est déjà à son paroxysme alors que le concert vient de commencer.

Très inspirés, « Jet Sex », « Cockpit Inferno » ou encore « Dragon » maintiennent la pression.

Le set ne manque certainement pas d’énergie. Punk dans la démarche, des titres emblématiques tels que « Do You Read Me ? » ou « The Dragster Wave » ne sont pas oubliés.

Alors que le sixcordiste a habituellement tendance à en remettre une couche, il parait bien calme ce soir, ne (s’)accordant que l’une ou l’autre rare pitrerie. Presque aussi sage qu’un enfant de chœur. On le surprendra cependant, couché sur le sol, tout en triturant ses cordes.

La tension monte d’un cran lorsque le quintet interprète le trépident « 21st Century Crooners », le frontman se laissant aller à quelques pas de danse osés. Il semble en transe parfois, les yeux révulsés et la langue pendante. A ce moment, le guitariste posté à droite de la scène, fou furieux, s’empare de sa gratte et la torture afin d’en faire jaillir un son crasseux, dense et intense. C’est jubilatoire et sans vergogne.

John accuse visiblement le coup de ses fantaisies lunaires. Le front dégoulinant, il prend place devant le clavier Roland placé à front de scène et dès les premières notes, on comprend rapidement qu’il s’agit de « Blow », plage d’ouverture de l’elpee éponyme. Rien d’étonnant puisque le combo vient de célébrer le vingtième anniversaire de sa sortie. Toujours aussi punchy, cette compo conserve une place de choix dans le répertoire de la formation.

Le concert prend fin. Reste à savourer ce qui constituera un dessert de choix. En l’occurrence « Mine », un titre explosif pour lequel Stargasm s’empare de la basse de son acolyte, lui-même se chargeant désormais des six cordes électriques. Un cross-musical en quelque sorte qui prouve, une nouvelle fois, que les artistes, souvent, sont de vrais virtuoses.

La fin est digne de l’apocalypse, les musiciens se livrent à fond pour marquer de leur empreinte une prestation qui restera dans les annales. Après plusieurs minutes d’exaltation, le chanteur finit par balancer, sous le regard médusé de l’auditoire, l’instrument de son comparse. C’est spectaculaire, mais honteux, lorsqu’on connait le prix d’un tel instrument. Et elle a dû morfler sec…

Le public, quant à lui, peu habitué à de telles frasques, est sorti ravi. Et c’est finalement, ce qui compte le plus.

Malgré le poids des années, Stargasm n’a ni perdu de sa verve, ni de son énergie. Plaisir intense, satisfaction immense : et si Stargasm avait cette faculté de provoquer des orgasmes ?

Votre serviteur déambule ici et là, en quête de bonheur musical. Les scènes proposent désormais un style convenant peu à votre vieux serviteur qui préfère soigner ses lombaires, plutôt que d’encore le faire souffrir…

A demain !

(Organisation : LaSemo)

LaSemo 2025 : vendredi 11 juillet

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Il faut se rendre à l’évidence, le modèle économique des festivals tel que nous le connaissons aujourd’hui atteint un niveau de saturation critique. Les raisons sont multiples : le cachet des artistes, le nombre de ces événements, les mesures de sécurité importantes à mettre en œuvre, les conditions climatiques aléatoires – qui ont un impact direct sur les ventes de dernière minute – et sans aucun doute les dommages causés par les crises sanitaires.

Et si le LaSemo vivait ses dernières heures comme bon nombre de ses confrères ? Si la question a été évoquée lors d’une récente conférence entre les responsables des plus grands festivals belges, cette fin (inéluctable) n’a pas (encore) été décidée. Selon l’adage, qui vivra, verra…

En tous cas, il semble désormais opportun de définir une vision globale sur le long terme. Et si l’une des solutions était de promouvoir plus simplement des artistes émergents ? Sur ce point, le LaSemo fait office de figure de proue ; car si l’affiche programme des artistes confirmés, elle laisse une large place à celles et ceux, en devenir…

Le site a été réorganisé afin d’aérer l’espace, passant de 4 à 10 hectares. Si la scène du Château n’a pas bougé d’un pouce, comme figée par le temps, une autre, d’une envergure identique et identifiée comme ‘La scène de la prairie’, a été échafaudée sur une parcelle décentrée. Une configuration déjà présente l’année dernière. Seul bémol, le passage d’une scène à l’autre devient parfois un exercice fastidieux.

LaSemo a la particularité de proposer des spectacles culturels riches, conviviaux et bienveillants. Un festival à taille humaine comme il en existe peu aujourd’hui.

Les food-trucks, nombreux, permettent aux festivaliers de se restaurer correctement ; mais l’objectif avoué est de disposer d’emplacements où sustenter sans forcément assister à un concert. Il y a même un stand qui permet d’acheter des fruits.

Le festival a de nouveau invité petits et grands à faire la fête. Si de nombreux concerts sont programmés, les bambins ont également de quoi faire. Il y a même pléthore de représentations qui leur sont destinées.

Une des spécificités majeures de ce rendez-vous annuel est son caractère durable. Entendez par là toilettes sèches, décors en palettes et ballots de foin disséminés un peu partout, afin de se reposer un peu entre deux escapades. Bref, un endroit hors de tout et… surtout du temps.

Même Jean-Jean, l’habituel géant givré de service chargé d’introniser avec humour, décadence et légèreté les artistes, est à nouveau de la partie. Que demander de plus ?

Et une surprise en cachant une autre, la talentueuse, préposée au langage des signes persiste et… signe.

Si en 2024, l’accès au site avait connu quelques couacs, cette année, le plan de circulation a été revu afin d’éviter tant que possible l’engorgement de la ville d’Enghien, en disséminant les parkings.

Lorsque votre serviteur pointe le bout de son nez, aux alentours de 17 heures, Charles est celle qui va proposer son set. Vu le patronyme, on s’attend à découvrir un papy, moustache à la Freddie Mercury, ventre bedonnant et cheveux grisonnants.

Pas du tout ! Il s’agit d’une jeune dame en pleine fleur de l’âge !

Charles (référence à son papy dont elle vouait une admiration sans faille) est vêtue d’une jupe assez courte, d’un long T-Shirt et chaussée de grandes bottes noires, lui conférant un petit air d’écolière effarouchée.

Ses cheveux coiffés en chignon, on dirait à s’y méprendre la Princesse Leia, personnage fictif de la saga Star Wars.

Pas intimidée pour un sou, elle se présente en conquérante devant les centaines de badauds qui se sont pressés pour découvrir cette ancienne candidate de The Voice. Cocorico, c’est une artiste ‘noir-jaune-rouge’, puisqu’elle crèche à Braine-le-Château.

Elle explore un univers qui lui est propre et ne ressemble à aucun autre. Des chansons pop, sensuelles, qui observent la courbe de son existence. Des titres qui racontent ce qu'elle vit ou qu'elle observe dans son entourage. Vu son jeune âge, cette conception risque évidemment d'évoluer rapidement.

Après un premier Ep et un premier album, tous deux remarqués, deux disques dont le son fascinant nous plonge au sein d’univers dark-pop alternatif, Charles revient avec une esthétique punk et pourpre pour présenter un projet audacieux, au cours duquel, elle raconte ses histoires captivantes en français.

Son nouvel Ep, baptisé « Sabotage », s’érige comme le récit initiatique chaotique et formateur d’une nouvelle femme forte, nourrie par les expériences et les mélodrames de sa petite vingtaine. Il lui permet d’enfin éclater sa bulle pour la faire sauter à nos visages et à nos cœurs.

La grande nouveauté de ce disque procède au recours, aussi bien la langue de Molière que de Shakespeare. Un défi fou et laborieux, mais surtout un exercice formateur pour celle qui a toujours douté de ses capacités dans sa langue maternelle.

Pour Charles, le choix de l’idiome a toujours été purement affinitaire, et l’introduction du français sur « Sabotage » découle surtout d’une envie d’explorer d’autres horizons.

Elle entame donc son tour de chant par un « Never Fair », figurant sur l’elpee « Until We Meet », afin de mettre tout le monde d’accord sur son potentiel.

Loin du mythe selon lequel on traduit plus facilement ses secrets dans une langue étrangère, Charles affronte ses vices et ses histoires avec la même hargne, en français. En témoigne ce texte fort sur les abus de la drogue, « Le Marbre ». Une compo qui désarçonne un peu les fans de la première heure.

Mais, très vite, les craintes se dissipent dès « Without You » qui constitue le moment solennel de cette après-midi. Prise d’émotion, elle avouera avoir écrit cette chanson pour une personne présente dans l’assemblée aujourd’hui.

Son set durera une heure. 60 minutes de bonheur, de plénitude, d’introspection et de délice.

Autre style, autre lieu en compagnie de Feu ! Chatterton sur la scène du Château. Il s’agit d’un groupe français de pop/rock, originaire de Paris. Le patronyme du band est né de la juxtaposition de l'expression Feu ! et de Chatterton, en hommage au poète Thomas Chatterton.

Le quintet est composé d’Arthur Teboul (chant), d’Antoine Wilson (basse), de Clément Doumic (guitares & claviers), de Raphaël de Pressigny (batterie) et de Sébastien Wolf (guitares & claviers).

C’est la seule date belge de la formation. Autant dire que la plaine est particulièrement bondée pour ceux dont la prose poétique est hors du commun.

Le combo est réputé pour ses prestations jouissives, solaires et impeccables. Et ce n’est pas « Compagnons », un titre figurant que le long playing « Parais d’Argile », paru en 2021, qui va déroger à la règle. Les guitares sont cinglantes et lancinantes. Arthur Teboul n’est pas en reste. Sur les planches, il affiche une présence charismatique et théâtrale.

Feu ! livrera un répertoire de titres riches et solides, résumé d’une carrière d’une intensité forte entre rock/pop et poésie engagée, tels que « Allons voir » ou encore « Mille Vagues » dédié à tous ceux qui ont perdu quelqu’un. Une compo qui laisse beaucoup de place aux guitares électriques et à la basse, les autres musiciens se sont alors effacés le temps d’une seule chanson, pour enfin revenir en force sur « Libre ».

Grâce à des arrangements soigneusement calibrés, capables de passer de l’énergie brute à une émotion feutrée, Feu ! Chaterton est assurément LA grande surprise de ce jour.

« Monde Nouveau » apporte soudainement beaucoup de fraîcheur. Sa dimension en live est une performance particulièrement habitée et portée par la voix charismatique du chanteur, belle à voir et écouter…

Le set tire doucement à sa fin. Depuis plus d’une heure, le groupe navigue aisément entre ambiances rock et jazz, traversées de spoken word et de touches électro, offrant un show multidimensionnel et jubilatoire. « La Malinche », morceau identitaire, qui alternera à de nombreuses reprises, moments de césures et de reprises, comme pour faire durer le plaisir encore longtemps, n’échappe pas à cette règle immuable qui fait que Feu ! Chaterton est décidément bien bouillant dans une une mise en scène maîtrisée, entre intensité rock et poésie lumineuse.

Alternant énergie brute, puissance vocale, émotion et passages introspectifs, les comparses de Chaterton ont assuré un concert d’une énergie folle, porteur d’une communion forte entre le groupe et la foule.

Néanmoins, certains regretteront que le set ait été interrompu de manière abrupte, empêchant l’ultime final, la jolie reprise de Nino Ferrer, « Le Sud », pourtant jouée lors de certaines prestations live…

Direction la Guinguette, l’endroit le plus atypique du site. Sans doute aussi l’espace qui se prête le mieux à l’esprit et à la culture de ce festival unique en son genre.

La scène est constituée de palettes de bois. De vieux vinyles ont été cloués sur le pourtour du site, afin de feindre un espace cosy.

Le podium bénéficie d’un bel espace naturellement ombragé car il se situe au milieu d'arbres. Et au vu de la chaleur encore bien tenance, inutile de dire que l’endroit est prisé…

The Haze s’y produit. Il s’agit d’un duo réunissant Stéphanie Bertrand et Maximilian De Vos. Le style brasse de la pop-house, une forme de r&b chaloupé, aux beats groovy et hypnotiques, et le tout est parcouru par des interventions de flûte.  Bref, une solution sonore prête à vous exploser à la figure.

Tandis que Miss Bertrand apporte une touche soul/jazz au chant et à la flûte, Mister De Vos se charge des arrangements house downtempo bien calibrés.

Le duo est intéressant, mais cadre peu avec les goûts de votre serviteur.

Après une pause dinatoire bien méritée, direction la scène du Château pour y assister au show de Mika.

Devenu populaire depuis sa participation à The Voice, en 2014, l’artiste n’a cessé d’attiser la curiosité auprès des plus jeunes.

Des milliers de spectateurs se sont pressés en front stage. Il y fait noir de monde. Il faut dire qu’il s’agit de la seule date belge du trublion.

Epuré, le podium paraît gigantesque. Seuls trônent quelques instruments ; notamment des guitares posées ci et là et une batterie légèrement surélevée sur la gauche.

Alors qu’il est 22 heures, Mika débarque. Tel un Phoenix, il a enfilé un costume à ailes de couleur bleue. Et dès les premières notes de « We Are Golden / Origin of Love », il libère une énergie folle. Le public, dès ce début, est conquis et participe immédiatement à la fête.

Le chanteur est particulièrement communicatif. Le lien entre l'artiste et son public est palpable, notamment lorsqu’il aborde « Lollipop » et « Relax (Take It Easy) », deux de ses standards les plus notoires.

Mika offre un spectacle digne de ce nom, employant de gros moyens sur la scénographie, jouant entre tableaux lumineux et projections.

Proposant une setlist de titres plus foutraques les uns que les autres, Mika alterne tubes classiques (« Lollipop », « Grace Kelly », « Love Today ») et nouvelles compositions en français (« C’est la vie », « Jane Birkin », à qui il rend hommage, « Underwater », « Good Guys »), en leur insufflant une belle dose d’émotion. Une sensibilité à fleur de peau qu’il manifeste aussi bien lors des morceaux électriques qu’acoustiques, à l’instar de ces instants piano/voix.

« C’est la vie », une des rares chansons en français du set, provoque une belle communion entre la foule et l’artiste, et tout particulièrement lorsqu’il déclare qu’il s’agit d’une chanson qui appartient à la Belgique.

Flamboyant et théâtral, le show, bénéficiant d’une scénographie à couper le souffle, peut cependant se révéler kitsch et stéréotypé, pour les esprits chagrins, mais en vérité généreux, Mika nous a réservé un spectacle endiablé et jouissif.

Il est minuit lorsque les réjouissances se terminent. La plupart des festivaliers regagnent leur véhicule, tandis qu’une poignée d’insatiables préfèrent poursuivre leur parcours vers l’une ou l’autre bar encore ouvert.

Une nouvelle édition qui tient ses promesses...

A demain !

(Organisation : LaSemo)

 

Idlewild

Un dixième album studio pour Idlewild

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Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la collaboration au sein du groupe.

Depuis sa formation en 1995, Idlewild a évolué de combo punk adolescent à l'un des plus marquants de sa génération. Ce long playing revisite ses sons fondateurs tout en explorant de nouvelles textures et harmonies. Woomble résume l'album comme étant une réflexion sur le parcours musical de la formation écossaise, sans nostalgie, mais avec un élan créatif positif.

"Stay Out Of Place" est en écoute ici

 

 

Panic Shack

La manille pour bébé de Panic Shack

Écrit par

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et chaotique, et le groupe s’est construit une réputation grâce à ses concerts en direct à Cardiff. Après avoir gravé un premier éponyme baptisé "Baby Shack", en 2022, il sortira son premier elpee - un éponyme – ce 18 juillet, un opus qui marque une évolution significative. Produit par Ali Chant, il a été enregistré en trois week-ends et neuf jours de studio. L'album élargit le son punk du band avec des harmonies vocales, des synthés, des expérimentations électroniques et même une trompette. Les mélodies sont pop sont et les rythmes dansants.

Et pour en savoir davantage sur le quintet, consultez sa page ‘Artiste’ en cliquant sur son nom en rouge, dans le cadre ‘Informations complémentaires’, ci-dessous.

 

Daffo

La terre fissurée de Daffo

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À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée par l’émouvant “Poor Madeline” puis l’Ep "Pest", Daffo compose des anti-hymnes sur l’anxiété, la honte et l’espoir. Ancienne violoniste classique, passée par les sous-sols de Philadelphie, sa trajectoire est à la fois instinctive et maîtrisée. Désormais signée chez Concord et tout juste revenue de tournée, Daffo s’impose comme une voix unique de l’indie émotionnel.

En attendant la sortir de l’elpee, "Where the Earth Bends », prévue pour le 26 septembre. elle a partagé le single "Habit", et il est disponible sous forme de clip ici

 

Library Card

L’école d’art de Library Card

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Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des live-acts les plus remarquables de la scène post-punk néerlandaise et internationale.

"Art School" est une chanson énergique et directe, combinant guitares anguleuses, chant envoûtant et rythme propulsif. Le combo rotterdamois aborde les thèmes de la pression artistique, de l'expression de soi et du conformisme, avec une intensité rappelant Shame ou IDLES et une répétition hypnotique à la Squid.

Le morceau, soutenu par Jeroen Reek (Iguana Death Cult) au trombone, représente l'expérience d'une école d'art, mêlant agitation romantisée et confiance dans le processus. Le chanteur Lot van Teylingen décrit cette expérience comme une farce, un labyrinthe, mais aussi une source de rires à travers les larmes.

Cet été et cet automne, le band accordera de nombreux concerts en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne.

"Art School" est disponible sous forme de clip ici

 

New Brutalism

New Brutalism de 087 à 089…

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New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record », propose trois plages : "088", "087" et "089". Enregistré en 2021 par Steve Albini et masterisé par Bob Weston en 2025, il sortira le 12 septembre 2025.

Le band, baptisé d'après un mouvement architectural défunt, a été fondé par Hall et Balch en 1996. Sa philosophie ‘moins c'est plus’ se reflète dans sa musique brute et honnête. Elliott a rejoint le groupe, suivi de Sonny Simpson et Basford. Après le départ de Simpson, Basford a repris la basse, puis Elliott est revenu en 2021 comme chanteur.

New Brutalism utilise des instruments en aluminium fabriqués par les membres de la formation, choisis pour leur légèreté, leur constance et leur précision. Enregistré en 2021, « Requiescat Record » est dédié à la mémoire de Steve Albini. Malgré son titre, cet album est vibrant et vivant.

En attendant la sortie de cet Ep, le combo a partagé le single "089". Et il est en écoute

 

 

Ancienne Belgique (Bruxelles) : les nouveaux concerts (update 4/07/2025)

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mer. 12 nov. |
Fifty Lab 2025 - Day 1

jeu. 13 nov. |
Fifty Lab 2025 - Day 2

ven. 14 nov. |
Fifty Lab 2025 - Day 3

jeu. 11 déc. |
Dirty Three

mar. 20 janv. |
Paleface Swiss

ven. 13 févr. |
Deluxe

ven. 06 mars |
Dajak

jeu. 28 mai |
The Sheila Divine

sam. 03 oct. |
Lemon Straw

http://www.abconcerts.be

 

 

 

             

Festival au Carré 2025 : vendredi 4 juillet 2025

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Alors qu’elle avait été sacrée Capitale Européenne de la Culture en 2015, la Ville de Mons n’a pas perdu pour autant depuis de son éclat lorsqu’il s’agit de promouvoir la culture au sens large du terme.

Et comme chaque année depuis 1989, à la douceur de l’été, le ‘Festival au carré’ tient ses promesses en matière de réjouissance post Doudou.

En ce début juillet, les rayons du soleil sont plutôt généreux, de quoi vaguer au gré des nombreuses activités proposées. Les badauds déambulent ici et là à la recherche du bonheur absolu.

Et pour être tout à fait transparent, il ne faut pas marcher des kilomètres pour trouver de quoi se satisfaire, les échoppes et autres stands en tout genre se révélant nombreux : fanfare loufoque sur la Grand-Place, acrobates voltigeurs·euses dans les parcs, promenade musicale dans les rues, grands noms de la musique, du théâtre ou de la danse dans les salles et guinguette familiale et artistique au Jardin du Mayeur.

C’est à ce dernier endroit que votre serviteur file tout droit, un site notoire, un peu iconoclaste, sis à deux pas de la Grand Place.

C’est tout simplement féérique. De nombreux arbres plantés dans les années 30 s’imposent comme Maîtres des lieux afin d’y apporter un brin d’ombre providentielle. A moins qu’ils ne soient là pour veiller au grain étant eux-mêmes témoins, parfois depuis plusieurs décennies, des vicissitudes du temps. En tout cas, quel que soit le prisme choisi, entouré de bancs métalliques, l’endroit est propice à la détente et à la réflexion.

Il est environs 19 heures, lorsqu’un groupe étrangement baptisé Wazofou (prononcez oiseau fou) grimpe sur un podium flanqué en fond de parcelle, l’autre, au milieu, étant destiné à la ‘jam’ qui va suivre.

Celui qui drive ce projet n’est autre que Kevin Cools, ancien chanteur des groupes Niitch et Feel, une figure emblématique montoise puisque, non seulement c’est une des chevilles ouvrières du festival, mais il a également pris le relais de Mario Guccio chez Machiavel, à la suite de son décès, en 2018. Et pour la petite histoire, la voix et la personnalité de Cools avaient déjà tapé dans l’oreille de Guccio qui disait de lui qu’il était son ‘fils spirituel’.

Wazofou est né sur les cendres d’un trio fondé en 2014. À l’époque, Kévin avait créé le groupe Feel, en compagnie de Martin Moreau et François Hantson. Grâce à des compos certifiées dans la langue de Shakespeare, et au sommet d’une gloire naissante, la formation s’était même produite dans le cadre du Ronquières Festival. Après une longue séparation, le besoin et l’envie de se replonger dans la musique s’est à nouveau manifesté pour le plus grand bonheur de tous.

Il est accompagné de trois acolytes, un batteur, un bassiste et un autre guitariste. A noter que le drummer originel, Martin Moreau (par ailleurs préposé aux fûts chez Lemon Straw), s’est cassé le bras quelque temps auparavant. Il a donc dû déclarer forfait. La formation l’a remplacé au pied levé par un certain Théo. Et de souligner qu’en seulement trois répétitions, il a assuré une prestation du feu de Dieu.

Si le côté (pop)rock est toujours bien présent, le chant s’exprime en langue française. Parfois, même, en dialecte, le chanteur avouant lui-même parfois ne pas comprendre ses textes, à l’instar de « Le niliste », une compo écrite en 40 minutes seulement mais qui se distingue par une belle et longue intro au piano.

Wazofou, c’est de l'énergie 100% rock à l’état pur, qui navigue quelque part entre projet bien pensé, énergie délurée et esprit rebelle à peine refoulé.

Cools est à la voix ce qu’est le chirurgien au bistouri, un instrument parfaitement maîtrisé. Il y a évidemment l’enveloppe musicale, le plus souvent pétillante et joyeuse, mais également et surtout la personnalité de ce trublion de la (nouvelle) chanson française qui en fait des tonnes afin d’amuser le public, comme sur ce « Tout va bien » et cet orgue en filigrane. Une chanson dans laquelle groupe et public dansent en parfaite osmose.

Il y aura aussi des moments plus calmes et solennels, à l’instar de « Exister », une ballade aigre-douce aux relents poisseux ou encore « Terre », permettant à Cools de montrer toute la puissance de ses vocalises dans les aigus.

Le set n’a duré qu’une petite heure. Suffisant pour les uns, se satisfaisant d’une exploration musicale sans fond. Quant aux autres, gangrenés par la frustration d’un sentiment d’inachevé, il faudra là aussi malheureusement s’en contenter.

« C’est la vie » prend alors le relais d’une fin annoncée, une chanson qui permet aux guitaristes de belles envolées d’accords et de gammes en tous genres.

On retiendra aussi la spectaculaire reprise de « Requiem pour un con » du regretté Gainsbourg. Un moment de grâce, le chanteur s’affranchissant ouvertement d’insultes (second degré) à l’égard d’un public médusé. Mais pour la bonne cause évidemment !

Incarnant un groupe local complètement déjanté, Wazofou tient les promesses d’un rapace avide de sens et d’espace…

(Organisation : Surmars)

 

Sparks

Audacieux, au risque de ne pas toujours provoquer des étincelles…

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Sparks, le duo américain formé par les frères Ron et Russell Mael, voit le jour à Los Angeles en 1968. Après avoir été l’un des groupes clés du glam rock, Sparks décide d’évoluer vers la synthpop et la new wave, s’inspirant notamment des productions disco. Produit par Giorgio Moroder, son huitième album, « No. 1 in Heaven », devient un succès critique et commercial en 1979. Toujours en constante évolution, changeant de style à chaque nouvel elpee, le tandem continue de sortir des disques avec régularité et se produit toujours sur les planches, plus de cinquante ans après ses débuts. Ron, impassible derrière son clavier, vêtu de son éternel costume noir, n’a pas changé à 80 ans. Son frère Russell (77 ans) est réputé pour sa voix impressionnante ainsi que ses prestations scéniques flamboyantes et hyperactives, contrastant fortement avec la rigidité de Ron Mael. Il arbore toujours des tenues excentriques et colorées.

Malgré une actualité pesante, notamment aux États-Unis, les frères Mael ont donc gravé un vingt-huitième opus, baptisé « Mad ! », ce 23 mai 2025, dont ils vont aujourd’hui nous présenter de larges extraits. » Un disque qui joue habilement sur la polysémie du mot : à la fois synonyme de folie et d’une colère sourde - un reflet juste de notre époque troublée. Le contexte est tendu : les incendies qui ont ravagé Pacific Palisades, leur quartier natal à Los Angeles, et la présidence controversée de Donald Trump nourrissent leur inspiration.

Comme en 2023, lorsqu’elle était venue présenter son avant-dernier long playing, « The Girl Is Crying In Her Latte », la paire revient au Cirque Royal, pour défendre son dernier opus. Il s’agit peut-être de sa dernière apparition en Belgique : Russell Mael signale lors d’une interview qu’aucun nouvel album n’est prévu pour l’instant. Le duo préfère désormais se concentrer sur la sortie et la production de son film « X Crucior ». 

Aucun supporting act n’est prévu. De nombreuses lampes leds à l’intensité lumineuse puissante sont insérés dans des énormes box rectangulaires entourés de barrettes de petites leds placées en hauteur par quatre et neuf rangées à l’arrière, entourent les artistes.

Une musique orchestrale symphonique intense résonne dans la salle et marque l’entrée du groupe. Sur une estrade surélevée au fond de la scène, prennent place en ligne : deux guitaristes, un bassiste et un drummer. Ron s’installe en front de podium, assis devant son clavier. Russell Mael s’adresse alors au public bruxellois en français, comme d’habitude : ‘Bonjour Bruxelles, est-ce que nous pouvons commencer le show ? Nous sommes les Sparks. Je vous présente mon frère Ron, et moi, je suis Russell ‘ avant d'entamer le très approprié « So May We Start », extrait de la musique du film « Annette », qui a été primé au Festival de Cannes.

Mais, c’est le très nerveux « Do Things My Own Way » qui donne le ton : un véritable cri du cœur, une déclaration d’indépendance artistique. En concert comme en studio, une chose est sûre : les Mael restent fidèles à eux-mêmes et ne cessent d’innover.

Le groupe prend une direction radicalement différente dès « Reinforcements », un virage audacieux mais fidèle à l’esprit de sa discographie, qui regorge de ces ruptures inattendues. Cette compo nous entraîne dans une sorte de vaudeville décalé, contrastant vivement avec l’explosion de tempo de « Academy Award Performance ».

« Goofing Off » est porté par un délicieux riff de guitare, évoquant des instruments venus tout droit du Moyen Âge. Un contraste saisissant, surtout à cause de ces cordes enregistrées sur bande en introduction. Un choix aussi étrange qu'intrigant. Sparks revient ensuite à l’univers de « No. 1 Song In Heaven », caractérisé par ses rythmes dansants et ses synthétiseurs entraînants, sur l’énergique « Beat The Clock ».

« Suburban Homeboy », déclamé par Ron Mael, s’avère d'une ironie cinglante et « All You Ever Think About Is Sex » est tout simplement hilarant. On a également droit à la célèbre marche robotisée de Ron ; ce moment où il se lâche brièvement, pour ensuite retourner bien sagement vers ses claviers, impassible comme toujours.

Certaines des nouvelles compositions du dernier LP passent mieux en ‘live’ que d’autres. « Running Up A Tab At The Hotel For The Fab » sonne différemment de la version studio, et il faut un certain temps pour s’y habituer. Et que ce soit sur « MAD » ou en public, « JanSport Backpack » reste un peu agaçant. Il n’est pas facile à facile à digérer en concert, même si l’interprétation live s’avère légèrement supérieure.

Cependant, parfaitement choisi, « Music That You Can Dance To » fait littéralement exploser la fosse en une joyeuse ébullition dansante.

Le set, brillamment construit, accompagne l’ambiance avec des sonorités électroniques irrésistibles, notamment sur « When Do I Get To Sing "My Way” ». Même le stoïque Ron Mael se laisse emporter, esquissant quelques-uns de ses meilleurs pas de danse sur « The Number One Song In Heaven », pour le plus grand plaisir du public. Un moment aussi hilarant qu’inattendu. D’autant plus que ressentant des bouffées de chaleur, il a besoin d’un ventilateur pour se rafraîchir.

Grâce à l’énergie entraînante propre à la formation et à la voix toujours remarquable de Russell, « The Girl Is Crying In Her Latte » rallie, une nouvelle fois, tous les suffrages.

A l’instar des trois shows précédents accordés en Belgique, « All That » sert de clap de fin. Un ultime adieu livré avec intensité et une émotion palpable.

Sparks a présenté, au Cirque Royal, plusieurs morceaux inédits, inégalement appréciés. Mais pour le reste du concert, le duo a exploré sa vaste discographie, proposant, une nouvelle fois, une sélection de chansons largement différente de celle des tournées précédentes…

Setlist : « So May We Start », « Do Things My Own Way », « Reinforcements », « Academy Award Performance », « Goofing Off », « Beat The Clock », « Please Don’t Fuck Up My World », « Running Up A Tab At The Hotel For The Fab », «  Suburban Homeboy » (lead vocals by Ron), « All You Ever Think About Is Sex », « Drowned In A Sea Of Tears », « JanSport Backpack », « Music That You Can Dance To », « When Do I Get to Sing "My Way" », « The Number One Song in Heaven », « This Town Ain't Big Enough For Both Of Us », « Whippings And Apologies « ,  « Lord Have Mercy ».

Rappel : « The Girl Is Crying In Her Latte », « All That »

(Organisation : GRACIA LIVE)

Lathe Of Heaven

L’aurore de Lathe of Heaven…

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Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires.

En attendant, la formation a partagé le single « Aurora », une compo hymnique, portée par des tambours fracassants et des guitares argentées. Le chanteur Gage Allison explique que la chanson est vaguement inspirée par une nouvelle d'Arthur C. Clarke intitulée ‘If I Forget Thee, O Earth...’  Réalisée par Devan Davies, la vidéo du single fusionne des références au cinéma d'art et des effets glitch.

Le long playing est une expansion audacieuse de la palette sonore et thématique de Lathe of Heaven, se déroulant comme une série de vignettes émotionnelles vives. Il incorpore des influences du post-punk britannique et finlandais des années 80, combinées à des nuances subtiles du pop underground des années 90 et contemporaines. Enregistré sous la houlette de Ben Greenberg et masterisé par Brad Boatright, l'album est inspiré par le rock mélodique de The Cure, le post-punk gothique de Musta Paraati et les voix et riffs de guitare art pop de A Flock of Seagulls.

« Aurora » aborde des thèmes lourds tels que l'anticolonialisme, la diversité et l'égalité, inspirés par les romans d'Ursula K. le Guin, Octavia Butler, Greg Egan et Peter Watts. Chaque morceau offre une perspective différente sur le son évolutif du groupe et son lyrisme profondément réfléchi.

La vidéo d’« Aurora » est à voir et écouter ici

 

 

Will Paquin

Le rire de Will Paquin

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Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock.

En attendant, il a partagé deux singles, « Hahaha » (le titre maître) et « I Work So Hard », que Paquin a commencé à l'école secondaire et qui reflète ses influences psychédéliques puisées chez Ty Segall, Oh Sees et les Beatles, mais recontextualisée dans l’univers contemporain. Paquin y parle de prendre conscience de sa propre fausse productivité.

Paquin avait l'habitude d'écrire en isolement, mais « Hahaha » marque sa sortie de cette solitude. Le long playing est fort, brut, chaotique et plein de vie, recelant des morceaux conçus pour enflammer une foule. Le passage de la solitude à la communion est un thème récurrent dans l'œuvre, écrite en grande partie pendant qu'il était en tournée.

L'album est une collection d'idées, de sons et de textures plus expérimentales que Paquin a nourris pendant des années

Restant indépendant et libre de toute contrainte de label, Paquin a pris le contrôle créatif total, produisant l'album avec son ami d'enfance William Levin. Les touches finales ont été apportées par Nathan Boddy et Mike Bozzi.

« I work so hard » est disponible sous forme de clip ici

 

 

The Besnard Lakes

La nation fantôme de The Besnard Lakes…

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Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables dans la musique moderne.

Jace Lasek, co-chanteur, explique que le titre de l'album est symbolique de l'époque actuelle, évoquant la mort des nations et la menace que le Canada devienne le 51ème état. Le groupe a enregistré l'elpee dans une grange magnifique aux Lost River Studios, dans les bois des Laurentides, en compagnie de certains membres de leur famille. Le résultat est une collection ludique mais réfléchie de sons psychédéliques, mixée par Lasek au Rigaud Ranch Studio.

Le premier extrait de l'album, « In Hollywood » (clip ici), remonte à 2010 et à l'époque de « ...are the Roaring Night ». Olga Goreas, co-chanteuse, se souvient que cette mélodie circulait dans l'esprit de Jace depuis de nombreuses années. Le long playing est considéré comme un autre voyage fascinant et peut-être leur meilleur à ce jour.

 

 

Sprints

Tout est fini pour Sprints…

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Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été salué pour son intensité et son impact.  

Le nouvel opus, « All That Is Over », explore de nouveaux territoires musicaux tout en conservant l'énergie brute du band. La première chanson, « Descartes », s'inspire d'une phrase de Rachel Cusk et transforme la célèbre citation de Descartes en ‘Je parle donc je comprends’. La chanteuse Karla Chubb utilise l'écriture comme un outil pour comprendre le monde.

L'elpee a été écrit dans un contexte de bouleversements personnels et mondiaux, et cherche à donner un sens à une société en crise.

La vidéo de « Decartes » est disponible

 

 

TOPS

La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

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TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres de leur art mélodique.

L’opus 'album aborde des thèmes tels que le bonheur, l'hédonisme et l'autodestruction, souvent à travers des personnages fictifs mais inspirés d'observations personnelles. Le single "Chlorine" évoque une ballade d'amour vide, mêlant nostalgie et toxicité. Jane Penny explique que la chanson s'inspire de ses expériences personnelles avec des relations toxiques et des souvenirs de son enfance à Edmonton.

Émergeant de la scène DIY de Montréal au début des années 2010, le quatuor a su maintenir une écriture honnête et une dynamique de groupe impeccable. Jane Penny, la voix du groupe, est une auteure-compositrice et productrice influente, tandis que David Carriere, Riley Fleck et Marta Cikojevic apportent chacun leur touche unique à la musique de la formation. Ensemble, ils forment un combo ambitieux qui atteint un niveau d'élite de précision pop.

"Bury the Key" est un long playing prismatique, ancré par la douleur et le plaisir, reflétant les joies compliquées de la vie et de notre époque.

En attendant, TOPS a partagé le clip “Falling on my sword”. Et il est disponible sous forme de clip

 

The Beths

Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

Écrit par

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril, il avait déjà dévoilé un premier single intitulé "Metal" et annoncé une tournée mondiale cet automne. Le thème principal de son quatrième album est le vertige existentiel, soulignant que la vie et le développement personnel sont cycliques et continus. Elizabeth Stokes explique que la progression linéaire est une illusion et que la vie est en réalité une question de maintenance.

Le 24 juin, le groupe a également sorti le titre "No Joy", où Elizabeth Stokes aborde ses problèmes de santé mentale et les compromis émotionnels. Elle parle de l'anhédonie, une absence de plaisir, qui était présente à la fois dans les pires moments de sa dépression et lorsqu'elle se sentait engourdie par ses médicaments. Elle explique que même si elle ne se sentait pas triste, elle n'aimait plus les choses qu'elle aimait auparavant.

Le clip de "No Joy" est à voir et écouter ici

 

Ancienne Belgique (Bruxelles) : les nouveaux concerts (update 26/06/2025)

Écrit par

mar. 07 oct. |
Yseult

sam. 18 oct. |
Rapsalon 2025

dim. 30 nov. |
Celebrating 30 YRS Lefto Early Bird

ven. 13 mars |
Carpenter Brut

mar. 28 avr. |
Creatie 2026 (werktitel) - Femke x Lander Gyselinck

dim. 31 mai |
WASCO! - LIVE - Voetvolk

sam. 13 juin |
Dernière: 'One Song' - Miet Warlop

http://www;aboncerts.be

 

 

 

The Maccabees

Un retour gagnant…

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Séparé en 2017, The Maccabees s’est reformé en 2024 pour accorder une prestation en tête d'affiche à All Points East, dans la banlieue londonienne. Ce set a marqué le début d'une série de concerts préparatoires à travers l'Europe avant son passage à Glastonbury.

Originaire du sud de Londres, le band est devenu notoire pour sa narration émotive et sa musicalité ciselée. The Maccabees a durablement marqué la scène rock indépendante britannique à travers ses quatre elpee sculptés dans un post punk, qu’il teinte parfois de folk.

La première partie est assurée par le jeune troubadour anglais, Willie J. Healey. A son actif, trois opus, dont le dernier, « Bunny », remonte à 2023.

Il est seul sur les planches, armé d’une guitare semi-acoustique. Et pas de boîte à rythmes, comme il a pourtant l’habitude de se servir.

Impossible de ne pas aimer Willie J. Healey. Sa musique est vive et facile à écouter, relevant vaguement du genre indie/folk alternatif. Son style n'est pas vraiment révolutionnaire, mais ne manque pas de charme et surtout passe bien la rampe : ses paroles et sa musique sont bien écrites, et il compose d'excellents morceaux

Il combine avec brio l’esprit de Neil Young, des Beatles et d'Elvis Costello, tout en ajoutant une touche contemporaine de funk, probablement empruntée à David Bowie. Willie J Healey chante l’amour sous toutes ses formes et il est parvenu à dispenser un set sympa, malgré la chaleur étouffante qui règne dans la salle (page ‘Artistes’ ici). 

Setlist : « She's Heroin », « Little Sister », « True Stereo », « Sure Feels Good », « Heavy 94 », « My Room », « The Apple », « Songs For Joanna », « Fashun »

Les fans se pressent contre le podium, en attendant son groupe fétiche. Dès son entrée en scène, The Maccabees est vivement acclamé, et notamment, son chanteur compositeur Orlando Weeks. Le line up implique les frères Hugo et Felix White à la guitare, Rupert Jarvis à la basse et Sam Doyleaux aux drums. Depuis 2010, Will White les accompagne en ‘live’, aux synthés.

Puissant mais contrôlé, le light show souligne la présence scénique du combo et immerge immédiatement les premiers rangs dans une ambiance électrique.

La formation ouvre son concert par « Latchmere » et « Lego », extraits de son premier long playing, paru en 2017, « Colour It In », suscitant une vague de nostalgie instantanée. Felix White, visiblement exalté, enflamme la foule en hurlant : ‘On est les putains de Maccabees !’ D’ailleurs, tout au long de la performance, interactif, il n’a de cesse d’entretenir une connexion intense avec le public, l’incitant à chanter fort sur « Precious Time » ou à donner le meilleur pour fêter ce grand retour.

L’accueil de l’auditoire est à la hauteur de l’événement : enthousiaste, ému, profondément reconnaissant. Orlando, de sa voix aérienne et maîtrisée, s’accompagne à la gratte semi-acoustique sur plusieurs morceaux.

Subtilement construite, la setlist propose un bel équilibre entre extraits des quatre albums et titres phares. Les tubes s’enchaînent, portés par l’alchimie redoutable des deux sixcordes et pimentés par la voix magnétique d’Orlando. Au fil du temps, l’intensité du show ne fait que croître, le groupe démontrant une efficacité redoutable, tant sur le plan sonore que scénique.

Le son, fidèle à la réputation du groupe, est impeccable. « Kamakura » nous réserve un moment de grâce. En retrait, Orlando laisse les guitares apaisées envelopper l’auditoire dans une atmosphère envoûtante. Un instant suspendu, comme un souffle retenu au cœur d’un concert incandescent. Le titre éponyme du dernier elpee, « Marks To Prove it », fait mouche. Le band a visé juste. Les sixcordes sont furieuses et les chœurs s’envolent. Un petit bijou qui nous entraîne dans une danse déchaînée. Jusqu’à l’explosion des drums. Cette chanson frôle la perfection, alors que la voix d’Orlando guide les siens à travers toutes les dissonances.

« Pelican » achève brillamment le show. Moment choisi par les guitares pour décoller, à nouveau.

On regrettera, néanmoins, la pop mièvre de « Feel To Follow », qui a dû ravir, cependant, les fans de… Coldplay voire de Foals.

Cette célébration de la joie s’est transformée en fête vibrante de la musique, de l’amitié et de la communauté fidèle qui s’est formée autour de la formation au fil des ans. Un rendez-vous rare, chargé d’émotion, pour raviver la magie d’un groupe qui a marqué au fer rouge toute une génération de rock indépendant…

Setlist : « Latchmere », « Lego », « X-Ray », « Feel To Follow », « Kamakura », « Wall Of Arms », « First Love », « Precious Time », « Can You Give It », « Spit It Out », « No Kind Words », « Marks To Prove It », « Grew Up At Midnight », « Something Like Happiness ».

Rappel : « Toothpaste Kisses », « Love You Better », « Pelican »

(Organisation : Live Nation)

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