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Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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L’heure personnelle de Lucie Valentine

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Sorry

La mascarade de Sorry…

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Le groupe pluridisciplinaire Sorry sortira son nouvel album, « COSPLAY », ce 7 novembre 2025. Cet elpee redéfinit les paramètres établis par le groupe tout au long de sa carrière, offrant un monde où chacun peut être n'importe qui, réel ou imaginaire, vivant ou mort.

« COSPLAY » est décrit comme un tourbillon d'idées et de déguisements, distillé dans le long playing le plus passionnant et sincère de sa carrière. Il fait suite à « Anywhere But Here » (2022) et « 925 » (2020). La formation a testé le nouveau matériel lors de sa récente tournée au Royaume-Uni et en soutien à Fontaines D.C.

La chanson « Echoes », inspirée par un poème sur un garçon criant écho dans un tunnel, est un moment clé de l'opus. Elle traite de la perte de soi dans l'amour, ‘l'écho’ devenant une troisième personne.

Le ciip consacré à « Echoes », est disponible

 

 

Caleb Nichols

Pour Caleb Nichols, l’âge de pierre est de retour…

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Le poète queer et auteur-compositeur-interprète Caleb Nichols a sorti « Slate Age », le quatrième single de son prochain album « Stone Age Is Back », qui sera publié via Royal Oakie Records le 3 octobre 2025.

« Stone Age Is Back » est décrit comme une thèse de doctorat en rock indie contemporain et folk alternatif, ajoutant une dimension fascinante et urgente à la musique et à la poésie de Nichols. L'elpee est une méditation sur le deuil, explorant les émotions complexes liées à la vie et à la mort en période de changement extraordinaire.

Produit par Nichols et mixé par Jay Pellicci, l'album est soniquement impeccable, rappelant les débuts de Modest Mouse et les punks britanniques The Tubs. Enregistré en seulement cinq jours, le long playing présente une multitude d'influences, allant des paysages du nord du Pays de Galles à la poésie et à la théorie lues pendant son doctorat en écopoésie queer.

Le single « Slate Age » est une chanson pop indie de 3 minutes sur l'amour non partagé, révélant des influences de Belle & Sebastian, REM, Teenage Fanclub et de Go-Betweens. La chanson est ancrée par une ligne de basse sautillante et une batterie inspirée de la Motown, alors que les paroles évoquent le chagrin d'amour avec humour.

« Slate Age » est en écoute

 

 

Will Paquin

Will Paquin est mort de rire

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Etabli à Los Angeles, Will Paquin sortira son premier album auto-produit, intitulé "Hahaha", ce 12 septembre 2025.

Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est marqué par un chaos créatif et un humour distinctif. Le premier single, "I Work So Hard", reflète les influences de Paquin, telles que Ty Segall et les Oh Sees, et aborde le thème de la fausse productivité.

Le chanteur/guitariste qui avait l'habitude d'écrire en isolement, a commencé à se faire connaître en 2020 en gravant "Chandelier". "Hahaha" représente une évolution vers un son plus fort, brut et chaotique, conçu pour enflammer les foules. L'album a été écrit en grande partie sur la route, mêlant tristesse et énergie live.

Les références musicales de Paquin incluent les Beatles, Oh Sees, Ty Segall, Deerhoof, Can et Flaming Lips. L'album est une fusion de ces influences, créant un son unique. Paquin a travaillé avec son ami d'enfance William Levin pour produire l'elpee, ainsi que Nathan Boddy au mixage et Mike Bozzi au mastering.

"Hahaha" est une célébration de l'énergie partagée et du chaos, une catharsis garage-rock psychédélique destinée à être jouée devant une foule.

Le clip de « I work so hard » est disponible  et celui de « We Really Done It This Time » ici

 

 

Born Idiot

Le traumatisme lié à la vie infinie de Born Idiot

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Au fil des années, Born Idiot s’est imposé comme une des figures de proue de l’indie-pop française, avec pour marque de fabrique textes désabusés, mélodies entêtantes, envolées synthétiques et guitares rock. Des sales gosses biberonnés à Crumb et aux Strokes, dont le romantisme est contrecarré par la vanité de la société moderne. Après un hiatus post-covid, la formation rennaise est de retour avec « Infinite LifeTrauma », ode à la fin du monde annoncée.

Au travers de ses dix morceaux, ce nouvel opus explore avec une sensibilité aiguisée les contours d’un monde en ruine, entre amour naufragé et chaos global. On y traverse des rêveries solitaires (« Lonesome »), des visions dystopiques où l’humain se perd dans la machine (« Human Price »), ou encore des romances suspendues entre nostalgie et apocalypse (« The Last Bisou »). Le morceau éponyme, véritable pépite mélancolique, aborde l’ennui amoureux dans nos sociétés modernes : des couplets blasés et des refrains entêtants viennent refléter la monotonie affective d’un quotidien désenchanté.

Claviers kitsch et guitares rêveuses côtoient des riffs plus abrasifs, et chaque titre de ce nouvel elpee devient une capsule où le réel se dissout dans un onirisme lucide. Le groupe y affirme une posture plus frontale, entre romantisme cynique, satire sociale et envie d’embrasser l’effondrement dans un dernier slow électrique.

"Infinite Life Trauma" le nouvel album de Born Idiot sortira le 26 septembre !

Pour en connaître davantage sur le groupe, consulter la page ‘Artiste’, en cliquant Born Idiot en rouge, dans le cadre ‘Informations complémentaires, ci-dessous.

 

Sydney Minsky Sargeant

Sydney Minsky Sargeant sur son île…

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Ce 12 septembre 2025, paraîtra le premier elpee de Sydney Minsky Sargeant. Intitulé « Lunga », il est rempli de chansons mélodiques scintillantes, offrant un antidote au chaos et à l'atmosphère abrasive des tournées. Avant sa sortie, l’artiste a partagé le troisième morceau de l'album, "Summer Song", qui évoque le désir d'échapper à soi-même et aux habitudes de pensée inévitables.

Les 12 chansons de « Lunga » ont été écrites sur plusieurs années, offrant un aperçu profondément personnel de l'évolution de Minsky Sargeant depuis son adolescence à Todmorden (West Yorkshire), jusqu'à aujourd'hui. L'opus présente des touches délicates de musiciens influents et des arrangements de cordes luxuriants, avec des sons éthérés en arrière-plan. Le leader de Working Men’s Club a coproduit le long playing en compagnie d’Alex Greaves et joue la plupart des instruments.

Le clip de « Summer song » est disponible

 

Caïman

Les songes lucides de Caïman

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Avez-vous déjà eu cette sensation, en vous réveillant un matin, d’avoir le cœur rempli, les sanglots dans la gorge, comme si vous aviez repris dans vos bras quelqu’un qui vous manque depuis très longtemps ? Le souvenir du rêve est très furtif, il vous échappe quand vous essayez de l’attraper… alors vous tentez sans relâche de retrouver le chemin, chaque nuit, comme un ‘shifter’, sur les traces de votre fantôme. 

Caïman aime les sensations fortes, les forêts hantées, passer par les petites routes, raconter des histoires et ne jamais s'accorder pareil. Dans le chorus dense de sa guitare électrique, les mots de l'autrice-compositrice et interprète Chloé Serme-Morin tissent des incantations libérées et mystiques. Parfois comparée à une Patti Smith lyonnaise qui aurait fusionné avec Marika Hackman ou avec Liz Fraser des Cocteau Twins, Caïman dessine une aquarelle amplifiée à l’image des créatures qu'elle invoque : sombre, tendre, sincère, traversée par des récits de métamorphose, d'insurrection, de magie et de fantômes.

Trois ans après la sortie de son premier album, Caïman dévoile « Dreams are ways to see dead people again », premier single et clip de son prochain album à paraître à l’automne. Un voyage dream-folk psychédélique au pays des rêves, guidé par une voix sensible et énigmatique.

Le clip de « Dreams are ways to see dead people again » est disponible ici

Il figure également dans le Podcast # 95 de l’émission Inaudible

https://shows.acast.com/inaudible/episodes/inaudible-220725

Ou alors

https://open.spotify.com/show/2f3XFKYz2vuBgR4oVgeSF1

https://www.deezer.com/fr/show/1001021432

https://www.amazon.in/Inaudible/dp/B0D7C7G5FQ (mais vous devez être connecté sur votre compte)

 

GAZ NEWTON

La vie tranquille de GAZ NEWTON

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Le nouvel album de GAZ NEWTON, « Quiet Life », est paru ce 27 juin 2025.

Intimiste et introspectif, cet opus signe le retour lumineux d’un artisan de l’indie rock, au cours duquel Gaz se dévoile comme jamais, à grand coups de guitares et de refrains imparables.

Enregistré à quatre mains en compagnie de Pam E. Hute, dans son studio du Périgord, cet elpee flirte avec la pop, sans toutefois renier ses influences originelles telles que Pavement ou les Pixies. 

La ‘lyric’vidéo d’« Electric Heart » est disponible 

 

Sarah Maison

Les questions existentialistes de Sarah Maison

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Sarah Maison dévoile « Exister », un nouveau single incandescent, disponible depuis le 25 juin sur Capitane Records.

Un titre rock, onirique et résolument engagé, qui annonce la sortie de son premier album « DIVAD », prévue le 19 septembre 2025. Grâce à sa rythmique obsédante et ses guitares affûtées, « Exister », dont le clip est à voir et écouter ici, est une charge poétique contre les dérives néo-libérales, une ode à la nature et un cri du cœur face à une société en surchauffe. Sarah y campe un arbre immobile au milieu de la ville, observant sans fléchir la frénésie de notre époque. Elle y interroge nos désirs, notre rapport au temps, à la productivité, à ce qui compte vraiment.

Inspirée autant par The Kinks, Al Massrieen que par l’univers hallucinatoire de Jodorowsky, elle signe ici une chanson manifeste, organique, brûlante, à la croisée de la fable et du pamphlet.

Le morceau s’accompagne d’un clip réalisé par Diane Sagnier, entre rêve éveillé et dystopie pastel. On y retrouve Sarah au milieu d’un décor enfantin truffé de Polly Pockets, d’objets pop et de mises en scène décalées.

Le contraste entre la douceur visuelle et la tension du propos renforce le message : notre monde va mal, mais il n’est pas interdit d’en rire jaune, ni de le danser.

La compo a été écrite, composée et arrangée par Sarah Maison, puis enregistrée par Steve Surmely (Studio Pipo). Elle s’inscrit dans la lignée de son tout premier single, « Western Arabisant », en creusant plus encore la veine rock et contestataire de l’artiste.

 

Superbus

Superbus OK ou KO ?

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« OK KO », le septième long playing de Superbus est paru ce 4 juillet 2025.

Après des années de silence, le groupe français signe un retour ambitieux en proposant un elpee qui réunit 12 titres inédits et deux reprises, dans un savant équilibre entre nostalgie revendiquée et dialogues entre générations.

Pour l'occasion, plusieurs voix emblématiques de la scène actuelle : Nicola Sirkis (Indochine), Hoshi, ou encore RORI se joignent à l'aventure, insufflant une nouvelle énergie à ce projet résolument tourné vers l'avenir.

« OK KO », titre maître de cet LP en écoute

 

Roseland

Roseland au-delà de l’ordinaire…

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« Beyond the Usual » constitue le troisième album de Roseland, aka Emeline Marceau. Elle a composé les chansons de cet opus entre 2021 et 2023, période marquée pour la Bordelaise par des deuils familiaux, l’après Covid-19 et la naissance de sa fille.

Le disque évoque aussi bien la disparition ("Cycle", "Low") et le temps qui passe insatiablement ("Roses") que le dévouement parental ("Devotion Song"). La musicienne questionne aussi l'identité ("A piece of You"), parle d'amour utopique ("A Lover For No One") ou en ruine ("Drifting Apart", "Tell Me Something Sweet"), narre le besoin d'optimisme et de confiance en l'avenir ("Bring You blues") ou raconte le quotidien d’une vie en temps de guerre ("Slow Down").

Sans suivre aucune véritable chapelle artistique, elle affine son style entre énergie rock, sensibilité pop et textures électroniques, sur des titres aussi bien radiophoniques qu'intimes et dreamy ou d'autres construits en forme de gros 'build up' explosifs.

“Devotion Song” (sous forme de clip ic) est un hymne pop énergique et lumineux, conçu autour de rythmiques et de guitares rock et de refrains catchy. La chanson parle de dévotion maternelle, de l’amour que l’on ressent lorsqu’on devient parent ; un amour profond et transformateur qui donne un puissant sentiment de renaissance émotionnelle. C’est une déclaration profonde où l’autre devient un symbole de guérison et de douceur, comme un parfum rassurant, une trace indélébile du lien affectif.

Lux Harmonia

L’oiseau tonnerre de Lux Harmonia…

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Le dernier single de Lux Harmonia, intitulé "Thunderbird", sera disponible sur toutes les plateformes à partir du 19 septembre 2025.

Formé par Saul au chant, Max et Antoine à la guitare, Patrick à la basse et Jérémy à la batterie, Lux Harmonia mêle le rock, le funk, la country et la pop pour offrir un son rock FM.

“Thunderbird" constitue le premier single indépendant du groupe. Ce morceau revisite le mythe amérindien de l'oiseau tonnerre et le transforme en une narration contemporaine de rupture, teintée de narcissisme.

L'esthétique visuelle plonge ses racines dans le glam rock flamboyant des années 70 et 80, tout en y ajoutant une touche bohème distinctive. Cette direction artistique se reflète tant dans le style des musiciens que dans celui des acteurs, créant un univers visuellement riche et cohérent.

Thunderbird est une invitation à l'interprétation. Baigné dans des couleurs chaudes et nostalgiques évoquant un crépuscule, il offre une expérience visuelle captivante qui laisse au spectateur la liberté de s'approprier l'histoire.

Le clip est à découvrir ici

 

Technopolice

Technopolice vindicatif ?

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À Marseille, une nouvelle scène s’agite – plus nerveuse, plus aventureuse, plus électrifiée. Technopolice, quatuor rapide et désaxé, y prend feu en 2024 après quelques concerts marquants en tant que simples spectateurs au QG local : L’Intermédiaire.

Une poignée de shows suffisent à déclencher l’étincelle. Des groupes australiens, allemands ou espagnols comme RMFC, Ghoulies, Billiam, Autobahns ou Seggs Tape débarquent à Marseille, bousculant les repères et redéfinissant l’attitude scénique. Ce n’est plus du punk comme avant : c’est rapide, bizarre, joyeusement foutraque. C’est là que Technopolice trouve sa voie. Quelques mois plus tard, les morceaux sont là. Écrits, arrangés à l’instinct et répétés jusqu’à trouver une tension juste.

« Chien De La Casse », son premier album, est à la fois furieux et joueur. Les guitares s’effacent parfois pour laisser place à des synthés aux sonorités 16-bits, évoquant autant Gee Tee que la bande-son de Mario Kart. Les morceaux alternent entre déflagrations punk ultra rapides et séquences ralenties à la limite de la no wave. Les textes, souvent en français, naviguent entre absurdité urbaine, ironie sociale et énergie crue.

L’enregistrement a lieu à la campagne, coupé du monde, entouré seulement de micros, d’instruments et de câbles. Pas de clic, pas de triche : tout est joué ensemble, en direct, pour garder l’énergie brute du groupe. À la manœuvre, l’équipe de Pollen Session, dont plusieurs membres font aussi partie du groupe Crache. Une alliance naturelle, dictée par une esthétique commune : son crade, attitude franche, zéro artifice. Le résultat est direct, vivant, imprévisible.

« Chien De La Casse » ne sonne ni comme un revival, ni comme un collage. Il témoigne d’un moment précis – celui où un groupe capte ce qui se passe ailleurs et décide d’en faire quelque chose de nouveau ici.

À Marseille, en 2025, Technopolice hurle dans la casse, et ça résonne loin.

Le clip de sortir le soir… » est à voir et écouter 

 

Feu ! Chatterton

Feu ! Chatterton circonspect

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Quelques jours après avoir annoncé la sortie de son nouvel album « Labyrinthe », Feu ! Chatterton dévoile le clip du premier single « Allons Voir ».

« Allons Voir » est un appel à la joie, au jeu, au plaisir de la découverte de ce qui se cache juste là, derrière la porte. C’est une invitation à célébrer la vie et à réenchanter le présent. Le clip a été réalisé par Jean-Charles Charavin.

« Allons Voir » est le premier extrait de « Labyrinthe », quatrième opus du groupe qui paraîtra le 12 septembre 2025.

Le clip est à voir et écouter ici

 

 

Be My Wife

Deux Eps pour Be My Wife

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Be My Wife, un projet musical de Federico Nessi, influencé par David Bowie, dévoile son nouveau titre « Another Light » et son clip artistique, extrait de l'Ep, « To Deliver A Feeling », prévu pour le 5 septembre 2025 1. Federico Nessi, ayant vécu entre Paris, Miami et Buenos Aires, crée des performances visuelles et physiques qui célèbrent la nuit et ses mystères 2. Deux Eps sont prévus pour 2025 : « The Restless Pursuit », déjà disponible, et le futur « To Deliver A Feeling ».

La chanson « Another Light » explore les tensions dans les relations et rend hommage aux girls bands des années 60 3. Le clip, tourné dans une boîte de nuit luxembourgeoise par le duo parisien Écoute ‘Chérie’», capture l'essence gothique et dansante du morceau. En huit plages, Be My Wife mélange des influences gothiques, krautrock, postpunk, indus et électro. Après « Me Cuesta », voici « Another Light », parfait pour les nuits et rêves climatiques 4

Le clip de « Me Cuesta » est disponible ici

et d’« Another Light » là

https://youtu.be/KnHjbN_wCAc?si=qic3Yp8RSF_wf49F

 

Lokerse Feesten 2025 - Jour 8 : vendredi 8 août

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Aujourd’hui le soleil est bien de la partie. Une évolution positive par rapport aux premiers jours (pluvieux) du festival. L’ambiance, déjà bon enfant en temps normal, l’est encore davantage ce 8 août. Et la fête bat son plein, puisque ce vendredi est finalement décrété sold-out, en début de journée. Idem en ville, lors du festival parallèle (et gratuit celui-là) Fonnefeesten, pour lequel la file s’étend en permanence jusqu’à plusieurs centaines de mètres pour y entrer. Mais pas le temps de s’y attarder, car un long programme et zapping entre les groupes nous attend.

En début de soirée sur la grande scène, DIIV profite des derniers rayons de soleil. Il est encore possible, à cette heure, de s’avancer aux premiers rangs et de circuler aisément vers le bar (NDR : ce ne sera plus le cas ensuite, car lorsqu’une journée du Lokerse Feesten est complète, on est vite serrés comme des sardines).

Après avoir accordé un concert aux réactions mitigées, dans le cade des Nuits Botanique, en 2022, les natifs de Brooklyn vont mettre tout le monde d’accord. Avant leur entrée sur scène, une vidéo, diffusée en fond d’écran, présente chaque membre du band (NDR : et ainsi éviter de le faire en fin de set ; et puis, les musicos sont plutôt des shoegazers et pas très loquaces).

En fait, entre chaque titre, la vidéo d’une tierce personne est projetée sur cet écran. Traitant brièvement du groupe, balançant une pub originale pour le merchandising ou encore pour défendre une bonne cause. S’autorisant ainsi des slogans de soutien à la Palestine ou du style ‘America is the great satan’.

Sur les planches, le look ne trompe pas : un t-shirt 3XL et une coupe à la Jay Mascis des débuts pour le bassiste. Des lunettes vintages à la Derrick pour le leader Zachary Cole Smith. Le guitariste central Andrew opte, quant à lui, pour une tenue sportive, casquette vissée sur sa tête. Bien que le combo ait souvent été catalogué comme noisy et indie, le fait d’avoir assuré la première partie de certains concerts de Depeche Mode, mais surtout grâce à son remarquable quatrième opus, lui ont permis de s’élever au niveau supérieur. Et ce soir, ce sont d’ailleurs les titres « Amber » et « Brown paper bag » qui servent d’ouverture, comme c’était le cas sur ce dernier elpee. En fait, une bonne moitié du set est issue de cet album. A l’instar de « Fog in boiling water », dont le titre éponyme est aussi interprété, tout comme l’éthéré « Soul net », qui n’est pas sans rappeler Slowdive, dans un même registre. Les compos s’enchaînent dans une ambiance de dreampop atmosphérique, sous les derniers rayons de soleil qui se couchent sur la plaine. En clôture « Doused », plage extraite de son deuxième long playing du même nom (NDR : et sans doute le moins bon des quatre), à la fois hypnotique et mélancolique, est découpé par ses riffs tranchants. Exécutant une sortie de scène tout aussi sobre que son entrée. Pour info, la formation reviendra à Maastricht, en concert gratuit, au Muziek gieterij, le 5 septembre. Mais également, au Splendid de Lille, 3 jours plus tard.

Direction le club réservé aux (re-)découvertes et à la scène indie. Hinds s’y produit. Un groupe féminin espagnol qui n'est pas sans rappeler Wet Leg, Wolf Alice voire Warpaint, en version tempérée (NDR : ces ‘W’ sont tout à fait accidentels). Très enthousiaste et volubile entre les titres, Carlota nous parle de sa première expérience agréable en Belgique, et de sa connaissance du français et de l'anglais. En fait, bien que ce band existe depuis une bonne dizaine d’années (essuyant quelques déboires durant les années Covid), sa passion et sa fraîcheur lui confèrent des allures de bande d’ados. Une spontanéité qui semble plaire à un auditoire bien rempli. Son rock garage flirte avec ce côté plus pop (teen), de quoi vouloir continuer à les suivre. Même si ce soir le temps presse, et un retour vers la grande scène s’impose, au milieu de sa prestation.

Quelle bonne surprise de voir la plaine, devant la main stage remplie à craquer ! Pas de doute, Haunted Youth jouit d’une fameuse popularité au Nord de la Belgique. Et ce malgré une maigre discographie. Un seul long playing à son actif, « Dawn of the freak », paru en 2022, et quelques singles gravés en 2024 et 2025. A l’instar de DIIV, la musique baigne dans le shoegaze. Une voix atmosphérique, de longs riffs, toujours soutenus par cette basse lancinante et omniprésente (NDR : un peu comme chez les groupes post punk et new-wave). Cependant, les musicos sont un peu trop statiques au goût de votre serviteur, ce qui le pousse à retourner vers la deuxième scène du club, pour une prestation plus pêchue.

McLusky avait déjà mis le feu aux nuits du Bota en mai dernier, tout comme The Ex et Jesus Lizard. Ce soir le bassiste et le batteur se démènent encore sans compter, sur la gauche du podium. Andrew Falkous semble plus concentré sur son sujet. D’ailleurs, il a un casque audio vissé sur la tête (NDR : il s’en sert comme protection auditive, pour diminuer le volume sonore). Le public est plus clairsemé, et surtout moins agité que lors de ce récent passage au Botanique et lors de leurs débuts, au Dour festival de 2002. Malheureusement, il n’est possible que d’écouter une partie du set, car le temps presse pour rejoindre la grande scène, devant laquelle le monde commence à se presser. Et vu l’affluence, pas facile de se faufiler. D’ailleurs Falkous, guère avare de boutades, nous rappelle, avant la fin du set, qu’un grand groupe s’apprête à jouer et qu’il est préférable quitter la salle. Pas grave, car McLusky sera de retour, au Cactus Muziekcentrum de Bruges, ce 4 octobre.

Une foule de dingue s’est massée devant la Main stage, longtemps déjà avant le début du concert. Pas de doute, The Smashing Pumpkins est l’un des concerts les plus attendus de cette 25ème édition, voire de toute l’histoire du festival (NDR : à entendre les commentaires à priori et à posteriori). Pourtant, à l’instar des Sex Pistols lundi, les craintes relatives à la prestation des Smashing sont pourtant assez élevées. Il n’est d’ailleurs pas difficile de comparer le band chicagoan à Placebo, programmé aux Lokerse Feesten, deux ans plus tôt. Et pour cause, intéressants sur disque, ils le sont beaucoup moins en live.

On se souvient de son excellent premier elpee, « Gish » (NDR : malheureusement oublié de la setlist de ce soir). Et même du tout dernier « Aghori Mhori Mei », paru l’an dernier. En fait les attitudes de Brian Molko pour Placebo, et du leader de Smashing Pumpkins, Billy Corgan, ternissent régulièrement les prestations des combos en public. Bref, ils sont, par nature, antipathiques. Et Corgan suscite même la crainte. Le genre de gars à qui on ne confierait pas ses enfants, même 5 minutes. Sur scène son humeur peut influencer le déroulement du set. Il a déjà révélé publiquement souffrir de troubles mentaux. On est aussi en droit de déplorer les changements de line-up. A la basse notamment, à la suite des défections successives des charmantes D'arcy Wretzky (devenue actrice a posteriori), Melissa Auf der Maur (partie rejoindre Hole, entre autres) puis encore Nicole Fiorentino. Cependant la multi-instrumentiste Katie Cole, et la guitariste Kiki Wong (installée côté gauche de l’estrade), ne manquent pas de charme, mais surtout apportent leur touche personnelle. De la formation originelle, il reste le sixcordiste James Iha (dont l’interview accordée en 1993 est toujours disponible ici) et le drummer Jimmy Chamberlin (malgré plusieurs allers-retours).

C’est d’ailleurs James qui prend d’abord la parole en début de set, pour introduire « Today », en ces termes : ‘Goeie avond (NDR : bravo pour l’effort de la langue et avec le bon accent), We are Smashing Pumpkins, now let’s rock !’. Le ciel se dégage et la pleine lune brille sur le côté gauche du podium. Dont le décor a de quoi impressionner. A cause des structures gonflantes et du light show, en début de parcours très tamisé (NDR : un calvaire pour les photographes - voir les photos de Wim Herbaut, ). Le concert se mue rapidement en ‘best of’, épinglant notamment « Bullet With Butterfly Wings » et « 1979 ». Certains estiment la reprise de « Berlin », amusante (NDR : y compris Billy qui lâche sa guitare et vient sourire (fait rare !) en s’approchant de l’avant-scène…

Cependant, dommage que le combo n’ait pas interprété davantage de morceaux singuliers, à l’instar de « Bodies », joué lors de shows précédents. D’autant plus que la durée du set est calculée à la minute près. Soit 1 h 30, ne laissant guère de place aux surprises. Mais ne boudons pas le plaisir d’assister à un concert de Smashing Pumpkins en forme, au cours duquel Billy est de bonne humeur. Des compos comme « Disarm », « Tonight, Tonight » et le décapant « Cherub Rock » (caractérisé par son riff d’intro lancé par Corgan en personne) se succèdent. Soit autant de titres qui nous replongent dans l’époque d’une jeunesse insouciante des 90’s. Un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître. Une époque au cours de laquelle les vidéos de ces singles étaient diffusés sur la chaîne MTV.

Dans la setlist figurent les excellents « Ava Adore » et « Zero », insérés parmi certains morceaux un peu trop tirés en longueur. Et cette courte reprise/intro de Black Sabbath, balancée en fin de parcours, n’est pas vraiment nécessaire ni judicieuse (NDR : c’est bon, on lui a assez rendu hommage à l’autre écorché vif). Et à l’issue du final électrique « The Everlasting gaze », Corgan prend le temps de longer l’avant du podium, seul, pour saluer la foule (NDR : parce que ce soir, il était de bonne humeur, on vous le rappelle).

Même s’il évolue dans un autre registre, Goose n’a pas de mal à (re-)conquérir le public en fin de soirée (enfin en début de nuit, car il entame sa prestation après 1h du matin). Il faut préciser que le band flandrien se produit, en moyenne, tous les deux ans, depuis 2008, aux Lokerse Feesten.

Mais que de changements depuis ses débuts. Ou comme il y a 10 ans, lors d’un concert intimiste accordé à l’Eden de Charleroi ! Désormais, le band courtraisien envoie du lourd dans le cadre des plus grands festivals, tant visuellement qu’au niveau sonore. En intro, « British mode » résonne, en effet, comme le titre d’un grand groupe de britpop électro. Ensuite le leader Michael Karkousse, fort de sa grande taille, se sent pousser des ailes et part au contact du public, sur le tout aussi bien nommé « Can’t stop me now ». « Control » ou « Bring it now » continuent de faire danser la foule. Tout comme « Words » ou l’inévitable instrumental « Synrise », en clôture.

On signalera encore que les noctambules ont eu le loisir de s’éterniser jusque 5h du matin au Club Studio Brussel grâce aux DJ sets d’Helena Lauwaert et Aya.

PS : n’hésitez pas à vous replonger dans l’ambiance des Lokerse Feesten, en consultant le reportage photo de Wim Herbaut ici

(Organisation Lokerse Feesten)

Ronquières festival 2025 : du vendredi 1er au dimanche 3 août + Will Smith le mardi 5 août

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Welcome to Ronquières, Bienvenidos a Ronquières

Au terme d'une édition 2024 très réussie (deuxième plus grande affluence du festival, soit 67 000 festivaliers en 3 jours), les organisateurs du Ronquières Festival ne se voilaient pas la face : les coûts de production sont devenus tels qu'un festival comme celui de Ronquières devait devoir se réinventer en 2025, s'il voulait perdurer.

Cette redéfinition annoncée des contours de l’événement s’est donc concrétisée cet été sous la forme de l'ajout ‘Ronquières Encore !’. Cette prolongation a pris place le mardi suivant le festival (5 août 2025) et proposait une tête d'affiche assez exceptionnelle, d’un artiste en tournée européenne pour quelques dates seulement cet été Will Smith. Retour sur cette 13ème édition.

Première constatation, la musique urbaine, très présente à Ronquières ces dernières années, a pratiquement disparu du radar au profit d'une programmation familiale axée sur plusieurs artistes francophones dont le succès actuel n'est plus à démontrer et renforcée par quelques vieux briscards et valeurs sûres.

Ainsi, le vendredi 1er août, Clara Luciani assure la tête d'affiche, quelques années après avoir performé ici même, mais au beau milieu de l'après-midi. La prestation sans faille de la chanteuse martégale va ravir les 17 500 spectateurs présents ce vendredi soir sur une plaine bien échauffée par l'inoxydable Jean-Louis Aubert, dont les concerts constituent toujours un instant de communion formidable avec son public mais aussi par The Vaccines dont le set pop-rock met le feu à la scène principale.

Le samedi 2 août est considéré par beaucoup comme le point d'orgue de cette édition 2025 et les chiffres le confirment : il y a 7 000 spectateurs de plus que le vendredi (mais également que le dimanche qui a vu passer autant de festivaliers qu’au cours de cette première journée) pour venir applaudir Mustii, Philippe Katerine, Héléna et surtout Julien Doré, dont le grand sourire continue de convaincre les habitués du festival, puisqu’il s’agit de son cinquième passage en terres hennuyères, en 13 éditions. Loufoque, drôle et décomplexé, le concert de Philippe Katerine est complètement déjanté. Il met le public dans sa poche, notamment en s'adressant à lui à la façon dont un Général de Gaule l'aurait fait à ses compatriotes, si ce n'est que le ‘Français, Françaises’ laisse place à un ‘Belges, Belges’, qui devient un gimmick, au fil des morceaux.

Troisième et... avant-dernier jour (pour celles et ceux qui ont suivi) de cette édition 2025, le dimanche 3 aout accueille une merveilleuse Zaho de Sagazan qui montre toute l'ampleur de son talent sur la plaine de Ronquières, totalement conquise malgré une pluie naissante. Du haut de ses 25 printemps et deux ans et demi après la sortie de son très joli premier album, « La Symphonie des Eclairs », qu'elle défend sur la route avec acharnement depuis qu'il est dans les bacs, la jeune Française clôture cette journée du dimanche de main de maître, alternant moments d'une rare douceur et passages électro endiablés. Aucun doute, Zaho de Sagazan n'a déjà plus grand chose à prouver. Espérons juste que ce rythme effréné ne l'épuise pas et que les amateurs de ses jolies histoires puissent encore en profiter longtemps. Cette solide prestation ne doit cependant pas éclipser les autres grands moments de cette journée de dimanche, comme le retour des Libertines et de Kaiser Chiefs, venu fêter les 20 ans de sa pépite « Employment ». A cette occasion, la formation originaire de Leeds, livre un set énergique égrenant hit après hit, pour le plus grand bonheur des amateurs de rock présents ce jour- là.

Clap de fin ? Presque. Comme expliqué ci-dessus, le Ronquières Festival proposait cette année une nouveauté en ajoutant cette quatrième journée, indépendante des trois premières, sous le nom de Ronquières Encore ! Et à l'affiche de cette première édition, un cador, une star US en la personne de Will Smith, le Fresh Prince himself. Il n'est pas de notre ressort de chroniqueur de juger des évènements qui l'ont mis sur le devant de la scène ces dernières années, contentons-nous de parler musique. Parce qu'au-delà de sa carrière d'acteur (‘Le Prince de Bel Air’, ‘Men In Black’, ‘Independance Day’, ‘Bad Boys’, ‘I am Legend’...), Will Smith est à l'origine de plusieurs hits indémodables que tout le monde connait. Et ce sont ces tubes que l'Américain enchaîne devant une dizaine de milliers de spectateurs. Cette assistance est certes en-dessous de celle espérée par les organisateurs, mais elle suffit malgré tout à rendre l'opération rentable. Mieux encore, elle permet au Ronquières Festival de ne pas mettre ses activités à venir en péril, en épongeant quelque peu le creux d'assistance constaté les vendredi et samedi.

Attardons-nous sur la prestation du Fresh Prince, qui déboule par le frontstage, pour serrer des mains et faire des ‘high five’ aux premiers rangs, pour le plus grand plaisir de ses fans. S'ensuit alors une succession de hits, « Gettin' Jiggy With It », « Miami, Bad Boys », « Wild Wild West », « Summertime », rien ne sera oublié. Ni même la fameuse danse de Carlton, sur laquelle il invite deux fans à danser avec lui sur le podium, ni un poignant hommage à James Avery, l'inoubliable oncle Phil, décédé en 2013. Chaque discours est traduit en français par une de ses choristes, pour ne perdre personne au fil du concert. On notera également l'inoubliable moment pour une quarantaine de bénévoles du festival, habillés en men et women in black, qui ont le bonheur d'accompagner l'agent J sur les planches pendant qu'il interprète la bande originale du film. Bref, un show à l'américaine, très critiqué en amont de sa prestation et encensé en aval. Ce sont les absents qui ont eu tort ce soir-là.

Cet épisode clôture donc cette édition un peu particulière. Accusant une baisse de fréquentation de 12%, le Ronquières Festival subit le même sort que la plupart des festivals de son calibre et finit pour la première fois dans le rouge. Ce qui n'empêche pas Gino Innocente d’annoncer, d’ores et déjà, que l'édition 2026 aurait lieu du 7 au 9 août. Gageons que son organisation, arrivée aujourd'hui à pleine maturité, associée à la diversité de sa programmation, lui offre encore de belles années et une longue vie.

(Organisation : Ronquières Festival)

Photos Vincent Dufrane ici

 

 

 

 

 

 

 

Lokerse feesten 2025 : ‘Punk day’ – lundi 4 août

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Organisé à Lokeren, en Flandre Orientale, le Lokerse Feesten souffle ses 50 bougies cette année. On aurait donc pu s’attendre à une affiche bien plus alléchante pour marquer le coup ; mais elle ne propose pas de noms ronflants. En outre, la programmation de dimanche, jour de clôture, n’attirera pas beaucoup de Francophones, puisqu’elle proposera Clouseau, de Mens, et Noordkaap, comme têtes d’affiches. Mais finalement l’essentiel n’a-t-il pas été préservé en conservant cette convivialité tout au long de ce demi-siècle. D’ailleurs, la kermesse et la fête battent toujours leur plein au centre-ville. En longeant le canal depuis la gare, on rejoint rapidement le site du festival, judicieusement baptisé Grote Kaai. Et puis, ne boudons pas, non plus, notre plaisir, car contrairement aux autres grands festivals, le line up résolument rock a été, en grande partie, préservé. Et notamment le ‘Metal day’, fixé le mardi, et le ‘Punk day’, le lundi. C’est ce dernier jour que votre serviteur a suivi.

Sur la grande scène, la soirée débute par une légende du punk, The Undertones. Un quintet qui célèbre également son cinquantenaire. Ainsi de 1975, année de sa naissance, à 1983, de sa séparation, il a été très actif. Puis, son leader, Feargal Sharkey, a quitté le band, pour faire carrière dans l’industrie des médias. Après un long hiatus, le groupe s’est reformé en compagnie d ‘un nouveau chanteur, Paul McLoone, début 2000. Le combo a alors gravé deux elpee, en 2003 et 2007.

Malgré quelques singles comme « Teenage kick » ou « My perfect cousin », dont les compos sont hantées par les Buzzcocks, le quintet nord-irlandais n’a guère convaincu. Un set plutôt fade. Les applaudissements sont polis, et les allers-retours entre les bars et le site sont nombreux.

C’est la troisième fois et année quasi-consécutive que The Damned se produit aux Lokerse Feesten. Ça fait un peu ‘réchauffé’. De nouvelles têtes auraient été bienvenues. Et pourquoi pas une bonne surprise ? C’est un peu comme si on assistait à la parade militaire du 21 juillet ! Heureusement, les deux membres originels du groupe, Dave Vanian, aux allures toujours vampiriques, et le déjanté Captain Sensible, vont encore assurer le taf. Et occuper le devant de la scène. Entre punk et post-punk (voire new-wave) les tubes s’enchaînent. Depuis « Love song » en ouverture à « Neat, neat, neat » en passant par « New rose ». Et c’est largement moins monotone que le set des Undertones. Car certaines compos lorgnent vers le psychédélisme West Coast comme cette reprise du Jefferson Airplane, « White Rabbit », interprétée en fin de parcours. Un concert qui s’est avéré agréable à suivre.

Mais le point culminant de cette soirée viendra d’Iggy Pop. Malgré ses 78 piges, il est toujours bien actif. Déjà présent, à l’affiche de Werchter, il y a un mois, et après quelques dates aux USA, l’Iguane est déjà de retour en Belgique. Sa discographie est impressionnante. Il a enregistré 19 albums solos au cours des cinq dernières décennies. Dont l’excellent « Every Loser » - sur lequel figure le single « Frenzy » - paru en 2023, qui succédait à « Free », en 2019, un opus plus intimiste, jazzy et poétique. Et bien entendu le chef d’œuvre (NDR : n’ayons pas peur des superlatifs à la Marc Ysaye) « Post pop depression », en 2016, qui avait bénéficié de la collaboration efficiente de Queens Of The Stone Age. Malgré la pluie qui commence à tomber (NDR : il faut s’y faire, pendant les festivals, au cours de ces dernières semaines voire années).

L’accueil du public est enthousiaste. Les tubes des Stooges, « TV eye » et « Raw power », ouvrent le bal. Malgré la petite brise, l’Iguane a déjà laissé tomber sa veste et affiche encore son torse nu et sénile. Enchaînés, « The Passenger » et « Lust for life » donnent vite des allures de best-of au set de ce soir. A mi-parcours, « I wanna be your dog » donne l’occasion au presqu’octogénaire – il est né en 1947 – de descendre (difficilement) les marches du podium qui donnent accès à la place. Après quelques accolades et chœurs échangés avec les spectateurs, il remonte sur les planches et s’y couche. Mais il se redresse très rapidement et s’assied pour interpréter certains morceaux. Des compos qui sont bien revisitées d’ailleurs, enrichies par deux cuivres postés côté gauche de la scène. Et par les interventions du guitariste des Yeah Yeah Yeahs, Nick Zinner. Il est facilement reconnaissable à sa tenue sombre et sa chevelure… aussi imposante que ses riffs. Une belle touche d’originalité est apportée à travers le choix du morceau final, le « Punk rocker » des Teddybears (NDR : où Iggy ne faisait qu’un featuring à la base). Mais dont les paroles (‘I'm listening to the music with no fear. Caus’ I am a punk rocker, yes I am’) nous rappellent que, oui, Iggy reste une légende vivante (NDR : pour longtemps encore, espérons-le) du punk.

Et si Iggy Pop ne déçoit jamais en ‘live’, la dernière mouture des Sex Pistols suscite d’inévitables inquiétudes. Plus de line-up originel comme lors de son passage au Grote Kaai, en 2008. John Lydon, à la suite de ses différents avec ses comparses (NDR : une situation récurrente, vu son caractère), a préféré partir en tournée avec PIL (NDR : qui avait transité, en juin dernier, par Leuven et Lille). Frank Carter (ex-Rattlesnakes) prend le relais au chant et opère une entrée sobre sur le podium. Se plantant même sur le côté et adoptant presque une position de Namasté, pour mettre en lumière les musicos initiaux. Pourtant c’est bien ce nouveau chanteur, rouquin lui aussi, qui injecte le plus d’énergie dans le show. Les trois musiciens restent souvent, proches de l’un l’autre. Et n’interagissant pas avec le public. Les lumières mauves et jaunes, couleurs des fonds d’écran, rappellent la pochette de l’unique long playing, « Nevermind the bollocks ». Des anciens et récents concerts (essentiellement accordés au Royal Albert Hall de Londres) sont projetés sur un écran. Mais évidemment. Johnny Rotten n’y apparaît pas.

Après « Holidays in the sun » en ouverture, les titres défilent, dont « Seventeen », « Pretty vacant » ou encore « Bodies ». C’est alors que Carter surgit, tour à tour de chaque côté de l’auditoire. S’y installant même pour y chanter. Ce qui déclenche des circle pits et autres pogos autour de lui. Il ne ménage pas ses efforts ; cependant, on se demande comment le groupe parviendra à remplir les 1h30 du ‘timing’. Les réponses arrivent, mais ne sont guère réjouissantes. Pour y parvenir, la formation tire en longueur la présentation des musicos, mais aussi les morceaux, en les encombrant de solos interminables.

Alors, méritaient-ils une telle ovation ? La question mérite d’être posée. Ce ne sont pas les Stones, quand même, et leurs accords sont plutôt simplistes. Les versions étirées de morceaux punks qui, à l’origine, ne duraient que 2’30’’ ont de quoi irriter. Tout comme cette reprise de « My way » au cours de laquelle Glen Matlock et Steve Jones jouent assis. Coïncidence, mais cette adaptation a déclenché de nouvelles averses.

Nonobstant un « Anarchy in the UK » de bonne facture, qui a clôturé le set, on ne peut pas dire que la prestation ait été transcendante.

D’ailleurs la foule était bien moins nombreuse que pour le show d’Iggy Pop, et pas mal de festivaliers sont partis avant la fin du concert des Sex Pistols.

Le reportage photos consacré à l'édition 2025 des Lokerse Feesten et réalisé par Wiim Herbaut est disponible

(Organisation Lokerse feesten)

BB & The Bullets

BB & The Bullets à marée haute…

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Habitués aux ovations debout, BB & The Bullets attirent les foules partout où ils se produisent en Nouvelle-Zélande, grâce à leurs performances solides, sublimées par ce qui est sans aucun doute l’un des meilleurs guitaristes locaux.

Le guitariste cherche délibérément à créer un son de guitare qui reflète ses influences (comme SRV, Jeff Beck et BB King), mais avec une touche personnelle. Il pense que le son d’un guitariste vient de ses doigts, de son approche du jeu et de sa sensibilité mélodique, plutôt que d’un équipement particulier. Cela dit, il adore sa Fender Strat, une magnifique Strat de 1989, ainsi qu’une réédition de la 1964 de Clapton. Il possède quelques guitares qu’il apprécie particulièrement. Pour l’enregistrement de l’album de BB & The Bullets, il cherche à conserver intact le son live du trio. Tout réside dans la batterie, tout repose sur ce magnifique kit Sonor et sur la façon dont Brad en joue. Pas d’overdubs de guitare trop nombreuses ; et il évite globalement les claviers, sauf sur le morceau-titre, « High Tide ». Sur ce morceau, son ancien camarade Eddie Rayner (de Split Enz) joue de l’orgue Hammond. Impérialement parfait !

Côté influences, cela commence par George Martin, Geoff Emerick et les Beatles. Leurs innovations sont toujours inspirantes. En ce moment, il écoute beaucoup Peter Gabriel et il est sous le charme de Bonnie Raitt. Ses sources d’inspiration vont de Sturgill Simpson à XTC, en passant par les Sex Pistols et The Clash ! À cela s’ajoutent Johnny Cash et la country. Et puis, le blues… une influence majeure depuis son plus jeune âge : d’abord Django Reinhardt (bon, pas vraiment le blues, mais à 14 ans, il a été attiré par le blues manouche, puis BB King, SRV, et enfin, complètement conquis par Jeff Beck. L’apprentissage est continu.

Le vidéo clip de « High Tide » est disponible 

 

Manu Chao & Santa Fe Klan

Seulement Manu Chao et Santa Fe Klan…

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Le single « Solamente » marque la rencontre inédite entre Manu Chao, artiste incontournable de la scène alternative internationale, et de Santa Fe Klan, voix majeure de la jeunesse mexicaine. Santa Fe Klan, de son vrai nom Ángel Quezada, est l’une des figures montantes de la musique latine. Originaire de Guanajuato (Mexique), il fédère une communauté massive sur Instagram et YouTube

Après plusieurs années d’absence, Manu Chao revient en force avec son nouvel album « Viva Tu » sorti depuis peu, reconnu pour son authenticité et sa dimension engagée.

Porté par une guitare acoustique minimaliste et une énergie brute, « Solamente » met en dialogue deux univers que tout semble opposer, mais que l'engagement et l’humanité réunissent. Manu Chao pose ses mots avec sa spontanéité naturelle, pendant que Santa Fe Klan y apporte la profondeur et la rage contenue de toute une génération.

La vidéo de « Solamente » est disponible

 

 

 

Les Gens d’Ere 2025 : dimanche 27 juillet

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Il s’agit déjà de la dernière journée de festival. Celle-ci risque d’être compliquée sur le plan météorologique, car des averses orageuses sont annoncées.

Pourtant, les festivaliers risquent d’être nombreux. Et pour cause, Pascal Obispo constitue la tête d’affiche.

Lorsque votre serviteur foule la plaine, Fredz se produit déjà sous le chapiteau. Son accent ne laisse planer aucun doute, il vient du Canada, du Québec très exactement.

Il justifie le choix de son pseudo car sur scène, il n’est pas totalement Frédéric. Le ‘z’ complète son côté artiste. C’est un jeunot, il n’a que 23 ans !

Sa musique navigue aux confluents du rap français (Nekfeu, Alpha Wann), de la pop, de la trap et de la soul. Le style se distingue par une écriture introspective et mélodique.

Il débute la musique à domicile à 15 ans, entre guitare et beatmaking. Son premier Ep, « Dans ma tête » (2019), est suivi d’une mixtape « Pas d’épines, pas de roses », parue la même année.

Son opus, « Demain il fera beau », a été nominé aux Felix Awards 2024 (Album ‘rap’ de l’année) et aux Juno 2025 (Album francophone de l’année).

Son single, « Le stade », a dépassé les 21 millions d’écoutes et est devenu ‘single d’or’ au Canada.

Ses chansons touchent au quotidien et baignent souvent dans un spleen profond, comme sur « Ce soir – J’suis dans ma tête ».

Le public semble réceptif aux frasques du jeune homme, notamment lorsqu’il interpelle un Monsieur au premier rang et lui demande son nom. Il s’appelle Thomas. Tout de go, le chanteur annonce alors à son public que le concert sera dédié à tout le monde… sauf à Thomas.

Il met son succès sur le dos de chansons avec ‘3 accords’. Il le démontre en chatonnant cette comptine faussement légère.

Malgré son jeune âge, Fredz maîtrise les codes de la musique, des textes et de l’émotion, à l’instar de titres comme « Allo la lune » et « Dans les soirées ».

Force est de constater qu’au-delà de la musique, c’est l’ambiance qui a marqué la prestation, déclenchant l’enthousiasme au sein de l’auditoire, entre chants, battements de mains et sourires partagés.

Fredz est parvenu à créer un moment de connexion sincère, non seulement avec ses fans, mais aussi ceux qui le découvraient. Accompagné d’une équipe solide sur les planches, il a livré un spectacle sans temps mort, qui a capté l’attention du début à la fin, jusqu’aux derniers… accords.

Sur la grande scène, Léon attend sagement que le public se déplace en masse, pour un set inédit, puisque c’est la première fois qu’il se produit en solo.

Le type a déjà bien bourlingué. Il s’agit même de l’un des membres de Delta, un groupe belge de pop-rock bien connu, réunissant Benoît Leclercq et de Julien Joris.

En outre, Léon a collaboré avec des artistes comme Typh Barrow, Mustii, Florent Pagny, Yannick Noah et Arcadian.

Benoît se présente donc sans son comparse. L’estrade est parsemée d’instruments divers. Pourtant aucun musicien n’est annoncé, pour le soutenir. Ce qui laisse penser que le gars va devoir se charger de se coltiner la panoplie d’instruments en occupant tout l’espace sonore.

Il est venu défendre son premier Ep, intitulé « Aïe », tout fraichement sorti, qu’il a composé, enregistré et produit dans son propre studio à Bruxelles.

Le jeune homme semble assumer pleinement sa posture. Il enchaîne une série de titres issus de ce support. « Basique » et « Ça va pas durer » marinent au sein d’une atmosphère douce et mélodique. Mais, ne vous trompez pas, l’artiste sait aussi se montrer plus énergique en proposant, également, des titres chargés d’intensité.

Léon cisèle finement sa plume. Il explore, à travers ses textes, des émotions profondes, des blessures intérieures, entre pop, chanson et musique électronique contemporaine.

Afin de satisfaire les fans de la première heure, des chansons moins récentes sont également insérées dans sa setlist, comme une exploration intimiste d’un jeune chanteur cherchant sa voie.

Nonobstant une prestation relativement tendre, Léon est parvenu à susciter l’attention des plus curieux.

Le temps est de plus en plus menaçant. Il est temps de se mettre à l’abri. Et tant qu’à faire, y assister au concert de RORI.

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les Gens d’Ere et Les Solidarités à Namur.

Nouvel espoir de la scène musicale belge, RORI s’impose grâce à un univers atypique, puissant et résolument moderne.

Portée par un style pop-rock instinctif et percutant, la jeune dame capture les tourments et les espoirs d’une jeunesse en quête de repères, devenant ainsi une voix authentique et inspirante. A travers des textes sincères et engagés, elle transforme ses émotions en hymnes générationnels, oscillant entre fragilité et intensité.

Les spectateurs les plus fervents auront remarqué qu’il ne s’agit pas d’une novice, puisqu’elle a milité aux côtés de Valentin Vincent – chez Beffroi, décédé à l’aube de sa vie.

La petite maîtrise les codes du marketing en faisant de la couleur rouge, une identité et sa marque de fabrique. On retrouve ainsi cette teinte sur le micro et son pied. C’est également celle qui domine le light show. Et puis celle qui a été choisie pour l’inscription sur la peau de résonnance de la grosse caisse.

Toujours flanquée de ses fidèles serviteurs, l’ex-The Subs, Hadrien Lavogez, préposé à la guitare, et Martin, caché derrière les fûts (NDR c’est aussi le batteur de Ykons), la demoiselle entame son tour de chant par « Ma Place », dont le phrasé, les sonorités pop et les appuis rythmiques sont très communicatifs.

Le band livre une forme de pop/rock chanfreiné, qui lui va comme un gant. Les fans de la première heure s’y perdront, l’artiste ayant jusqu’à présent chantourné dans la langue de Shakespeare.

Vêtue d’un crop-top de couleur noire, la jeune fille laisse apparaître un corps filiforme. Elle connait bien ce festival pour s’y être déjà produite dans le passé.

Capable de vous retourner de solides punchlines, l’ingénue est devenue une figure de proue de la scène musicale noir-jaune-rouge, pour l’avoir écumée depuis quelques années.

Aujourd’hui, elle s’affranchit des préjugés pour servir un répertoire cuisiné à la sauce pop acidulée, devant un public que l’on dit souvent élitiste. Mais « Ma place », met tout le monde d’accord. Les riffs de guitare, les frappes syncopées et la voix portante de RORI, font de ces ingrédients, une recette qui incarne une nouvelle génération d’artistes qui ramène le rock alternatif sur le devant de la scène pop, imposant son style avec une authenticité et une force indéniables.

Sur le percutant autant que ravageur « Vampire », la jeune dame vampirise complètement son auditoire. Un titre dont les sonorités résonnent encore aujourd’hui dans la tête de votre serviteur. Et donne le « Vertige » à son cœur, tout au long de cette compo livrée avec justesse et émotion.

Caractérisé par son phrasé haché, ses sonorités pop et ses appuis rythmiques, la musique de RORI, artiste manifestement charismatique et communicative, rallie rapidement la foule à sa cause et s'inscrit dans l'air du temps.

Malgré ce « Soleil » brûlant, les corps se dénudent. Force est de constater que cette situation suscite la « Jalousie ».

Alors que Rori embrasse différents styles, depuis la pop au rock en passant même par le funk, ses chansons abordent des sujets personnels et très intimes à l’instar de « Loser ». Alors qu’hier, ces thèmes la rongeaient, aujourd’hui elle semble les cultiver et en tirer parti.

Spasmodique, « Miroir » véhicule des accents nostalgiques. A moins que le rétroviseur ne soit un moyen de regarder le passé afin d’affronter l’avenir.

Touchante et la sensibilité à fleur de peau, Camille Gemoets (à l’état civil) a accordé un concert d’une intensité rare, dévoilant, un peu plus encore, le contenu de ses émotions.

Justement, « Docteur » vient doucement clôturer la fin d’un set très enrichissant. Une chanson ultra médiatisée dont les spectateurs semblent connaître les paroles du refrain et qui met exergue, ce sentiment de différence.

RORI a tout d’une grande : la musicalité, la justesse, l’émotion et ce désir de faire le bien à l’aide de textes dans lesquels le mélomane lambda s’y retrouve.

Amir est programmé sur la main stage. L’artiste avait été boycotté lors d’un festival précédent, organisé par un pair qui reprochait ainsi au chanteur franco-israélien d’être trop proche du Tsahal (l’armée israélienne pour laquelle il a servi) et du gouvernement Netanyaho.

A Ere, il semble avoir été épargné par ces frasques idéologiques. Mais, étrangement, au moment de son tour de chant, d’importantes trombes d’eau se sont abattues sur le site, contraignant les festivaliers à se mettre à l’abri. Y compris votre serviteur, trempé jusqu’aux os.

Le peuple attendra patiemment Cali pour les 20 ans de « L’Amour Parfait ». ‘Parfois on garde le meilleur pour la fin’. C’est par ces mots de Joe Strummer que Cali définit son album anniversaire.

Eh oui, vingt ans plus tôt, Cali présentait sa définition de l’amour parfait, un album qui s’est vendu à plus de 500 000 exemplaires et dont certaines chansons sont restées dans les mémoires.

En 20 ans, il a gravé 12 albums studio et accordé des milliers de concerts. 20 ans d’amour pour un public, et pour des artistes que Cali a eu la chance de côtoyer, d’admirer et d’aimer, dont certains constituent d’ailleurs, une influence majeure pour le chanteur.

La réputation suit l’artiste, inviter Cali dans un festival, c’est comme investir dans l’immobilier, cela reste une valeur sûre !

La pluie est tellement dense que l’estrade est inondée ; et ce malgré l’évacuation réalisée par des préposés, raclettes à la main. Ni une, ni deux, Cali accourt sur l’estrade et fait mine d’attraper les gouttes d’eau. Parfois en vain, mais souvent avec succès, il faut l’avouer.

« Elle m'a dit » donne le ton de ce qui sera un cocktail de fougue et de sincérité. Ce morceau met en lumière le choc émotionnel ressenti lorsqu'une relation s'effondre sans crier gare.

Le chanteur/amuseur ne cessera de faire le pitre durant le live et ce pour le plus grand bonheur des fans ébahis ! Serait-il dopé à une quelconque substance psychotrope ?  Grimaces, gestes amicaux, regards insistants accompagnent le gai luron lors de la seconde compo, tout aussi tonitruante, largement connue auprès du grand public : « C’est quand le bonheur ».

Pour cette tournée, il est accompagné d’artistes importants à ses yeux. Et la surprise est de taille ! A commencer par Noé Preszow, un auteur-compositeur-interprète et musicien belge venu le rejoindre pour un délire collectif.

La chanson à peine achevée, le troubadour de la chanson française commence à manifester une envie irrésistible de jouer avec le public. Et ce qui devait arriver, arriva. L'homme taillé comme un gringalet se hisse sur le frontstage, prend un élan, et s’abandonne au crowdsurfing pour entamer une danse du diable perché dans les airs. C'est un passage obligé chez lui et ce soir ne fera pas exception à cette règle, qui semble-t-il, est immuable ! Le tout sans perdre de souffle ! Pas mal pour un gars qui a la cinquantaine passée... Heureusement pour celles et ceux qui l'ont soutenu, le casse-cou doit à peine peser cinquante kilos, tout habillé !

Repoussant ensuite les principes des règles de sécurité, l'artiste dynamise un peu plus le spectacle et invite toute la presse à monter sur le podium devant un parterre de quelques milliers de personnes, pour immortaliser le souvenir d’une photo de famille puissance mille.

Sa réputation de personnage complètement déjanté est largement méritée.

Enfilant les tubes, le Toulousain, expose et s'expose à travers le prisme de sa vie, ses amours, ses attentes et ses envies. Et ce n’est pas « Elle m’a dit » qui va retenir les ardeurs des uns et des autres, lorsqu’on sait que le fanfaron se caresse la langue pour mieux se caresser le sexe, le tout sous les yeux ébahis des parents accompagnés de leurs chères têtes blondes. Proche de l’ignominie, Cali pose ensuite sa gratte sur le sol, s’y couche et fait mine de lui faire l’amour. C’est chic !

Preszow ne sera évidemment pas l’unique invité. Le suivant, Antoine Delie, un (autre) jeune Belge, affiche des allures d’intello. Ils forment à eux deux, un joli duo chic et choc.

Cali est connu pour être un artiste engagé qui traite souvent de sujets sociaux, politiques et des valeurs comme la liberté d’expression dans ses chansons et ses prises de parole.

Aujourd’hui, il sera notamment question de Paul Watson, officier de marine, militant écologiste et antispéciste canado-américain, détenu pour ses engagements. Ou encore des enfants qui décèdent chaque jour lors des conflits ou encore de Gaza.

Sur des musiques simples, mais accrocheuses, Cali a pris le parti de choisir ses mots avec une grande délicatesse afin de décrire intelligemment et sincèrement les maux de la vie et la difficulté d’aimer aujourd’hui. Au fond, n’est-il pas préférable de ne pas aimer plutôt que ne plus aimer ? A méditer...

Afin de tenir en haleine un public particulièrement en effervescence, Cali invite une jeune artiste belge bien connue des francophones. Il s’agit de Charlotte Foret, aka Charles, une auteure-compositrice-interprète belge, originaire de Braine-le-Château. Ensemble, ils entament une danse endiablée sur fond de décibels.

Cali entame enfin « Je m’en vais » et accompagne la parole aux gestes. Une fois de plus, il s’élance dans le public, obligeant les festivaliers à le transporter vaillamment pour quelques mètres. Et très rapidement, dans le feu de l’action, c’est Arno, récemment décédé, qui entre dans le cœur et la tête de celles et ceux qui chantonnent en chœur un « Putain Putain » acidulé. Au fond, il est vrai que nous sommes tous des Européens.

Delie refait surface pour un « La vie quoi », hymne à la vie et à l’amour, issu d’un album de 2015, qui n’a pas pris une ride. C’est franchement percutant, incisif et jouissif.

Mais c’est auprès de Nicolas Michaux qu’il termine les présentations. Un artiste qui s’est fait connaître en drivant Eté 67, une formation qui a sévi de 1998 à 2002. Depuis, il a embrassé une carrière solo. Il a vécu quelques années à Bruxelles avant de rejoindre l’île de Samsø au Danemark pour des raisons familiales. Retour donc dans le plat pays le temps d’un concert.

« 1000 cœurs debout » clôt le set. Un moment qui permet au drummer de se lâcher comme jamais et d'extérioriser toute sa technique de frappe.

Une page se tourne, mais un livre entier s’est écrit ce soir…

Généreux, Cali a offert une fois de plus un moment de pure grâce. Ses compos font mouche et il continue de partager son amour avec un public toujours aussi réceptif.

Une chose est sûre, le champ du possible de Bruno Caliciuri, à l’état-civil, est illimité. Véritable touche-à-tout, il respecte ses engagements, tant dans l’univers du théâtre, de la poésie, de la littérature et, bien évidemment, de la musique. Un artiste, un vrai !

Le dernier concert de cette édition du ‘Les Gens d’Ere’ sera assuré par Pascal Obispo.

La foule est compacte. Pas étonnant, puisqu’il possède une notoriété certaine. Auteur-compositeur-interprète français, il connaît le succès dès 1992, grâce au titre, « Plus que tout au monde ».

Parallèlement à sa carrière de chanteur, il signe de nombreux succès pour d'autres artistes, tels que Florent Pagny, Johnny Hallyday, Garou, Zazie, Marc Lavoine, Natasha St-Pier, Patricia Kaas, mais aussi la comédie musicale ‘Les Dix Commandements’. En tant qu'interprète, Pascal Obispo a vendu plus de cinq millions d'albums et en tant que compositeur quatorze millions.

Obispo a également mis sa popularité au profit d'œuvres humanitaires, et tout particulièrement au service des Restos du Cœur et de la lutte contre le SIDA.

Lorsqu’il se présente sur scène, il est habillé tout de blanc. Une bien belle idée, lorsqu’on constate l’état boueux du site, laissé par les pluies diluviennes qui ne cessent de tomber depuis quelques heures.

Il s’agit de sa dernière date en Belgique. Autant dire que la plaine est… pleine à craquer.

Entre moments au piano ou debout devant le public, guitare en bandoulière, alternant ballades et morceaux pop/rock, Obispo enchaîne les chansons. Celles de son répertoire, mais aussi composées pour les autres.

Mais c’est par un « Jamais » qu’il entame son show. Une aubaine, lorsqu’on sait qu’il va brasser 30 années d’une carrière riche et intense.

Ses chansons sont souvent ponctuées d’anecdotes et de souvenirs, l’artiste se remémorant les moments les plus marquants de sa carrière ou de ses rencontres.

Un concert au cours duquel il ne s’accorde aucun répit. Ses compos couvrent le temps d’une époque, à l’instar de « L’importance, c’est d’aimer », « Sa raison d’être » ou encore « Savoir aimer ».

L’artiste est soutenu par une kyrielle de musiciens. Des instrumentistes conventionnels, mais aussi des préposés aux cuivres et percussions. Ce qui donne davantage d’amplitude aux morceaux.

Pourtant, malgré une volonté certaine de bien faire et l’engouement du public, le concert peine à décoller, l’artiste se murant trop souvent dans des discours autocentrés.

Le live de ce soir constituera donc un best-of des chansons les plus populaires, depuis « Millésime » à « Un jour, une femme », en passant par « 1980 ». Des titres impérissables.

Le festival ferme boutique à deux heures du matin pour les plus courageux. Votre serviteur l’est moins.

Une fois encore, le festival ‘Les Gens d’Er’ a livré des concerts d’une qualité exceptionnelle. Tout y était : la joie, la bonne humeur, une musique de qualité et surtout une équipe entièrement composée de bénévoles largement récompensée par les sourires du public.

Vivement l’année prochaine !

(Organisation Les Gens d’Ere)

Ugly Kid Joe

Ugly Kid Joe rend hommage à feu Ozzy Osbourne…

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C’est la quatrième fois qu’Ugly Kid Joe se produit au Zik-Zak. Ce soir, la salle est comble et il y fait très chaud.

Formé en 1989, autour du charismatique chanteur Whitfield Crane, Ugly Kid Joe est un groupe de heavy metal et de hard rock américain, originaire d’Isla Vista, en Californie. Son patronyme est une parodie de Pretty Boy Floyd, une formation de glam metal.  

Avant d’entamer le set, Whitfield déclare : ‘Bienvenue chez nous, on adore cette salle’, ce qui augmente la température de quelques degrés l’atmosphère. Les guitaristes Klaus Eichstadt et Dave Fortman s’installent de part et d’autre de Whitfield, tandis que le bassiste Cordell Crockett se plante derrière le vocaliste, juste devant le batteur Zac Morris, dont la grosse caisse affiche l’inscription « R.I.P. Ozzy », en lettres blanches, bien visibles…

Whitfield est un showman hors du commun, captivant le public de son énergie débordante. Il déambule sur le podium, se tenant souvent près de la foule. Les classiques comme « VIP », « Neighbour » et « CUST » enchantent les spectateurs. Whitfield, toujours à l’écoute, les taquine de ses tentatives d’accent anglais et présente fièrement le guitariste Klaus, racontant une anecdote sur la guitare qu’il avait a fabriquée au lycée. Les plaisanteries de Whitfield sont presque aussi bonnes que la musique elle-même.

‘C’est mon rêve : être en tournée, amoureux de la musique’ avoue Whitfield avant d’entamer « Kill the Pain », issu de l’elpee « Rad Wings of Destiny » (2022). Il plaisante sur l’ambiance californienne comparée à celle de notre pays. Le public, qui chante à tue-tête, affiche un immense sourire.

 

Tout au long de « Cats in the Cradle », la voix de Whitfield est remarquable. Le quintet se donne à fond tout au long de « Devil's Paradise » et « Milkman's Son ».

On comprend mieux l’inscription sur la grosse caisse, lorsqu’Ugly Kid Joe reprend le célèbre « Paranoid » de Black Sabbath pour rendre hommage à Ozzy Osbourne. Ce qui fait inévitablement vibrer l’auditoire. Le concert, dispensé en forme de ‘Greatest hits’, s’achève par « Everything About You », au sein d’une belle ambiance que la formation est parvenue à maintenir tout au long de la soirée.

Setlist : « Intro «, « VIP », « Neighbor », « C.U.S.T. », « Panhandlin' Prince, « Goddamn Devil », « Kill The Pain », « So Damn Cool », « No One Survives », « Devil's Paradise », « Cat's In The Cradle » (Harry Chapin cover), « I'm Alright », « Cloudy Skies », « Jesus Rode A Harley », « Failure », « Milkman’s Son », « That Ain't Livin' », « Paranoid » (Black Sabbath cover), « Everything About You ».

(Organisation : Rock Nation et le Zik Zak)

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