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Festival D'Hiver Rock 2007 : samedi 17 février

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18 groupes presque d'affilée, il y a de quoi friser l'indigestion. Surtout que mon collègue Sébastien avait déclaré forfait. Ce qui explique que votre rapporteur, s'est limité à un zapping photo, lorsque l'une ou l'autre prestation lui est parue moins intéressante ou quand la fatigue a commencé à se faire sentir. Un regret ? Oui, la bière. Pas de blanche, mais des pintes (ça donne mal à la tête le lendemain !) ou de la Troll (excellent breuvage, mais après 3 verres, tu peux aller dormir). Ce qui n'a pas empêché les organisateurs de vendre 37 fûts en deux jours. C'est quand la fête de la bière ?

Tout comme l'an dernier, la deuxième journée s'est ouverte par la prestation du dernier lauréat de l'Open stage de Mouscron, c'est-à-dire Crisis Crew. Une formation française qui pratique de la fusion dans l'esprit de Senser. Pas de basse ni de batterie, mais deux gratteurs, un Dj (plutôt habile aux scratches) et un MC. Ce dernier rappe tantôt en français, tantôt en anglais pendant que l'un des deux guitaristes lui répond d'un timbre aussi mélodique que remarquable. Leur mix entre hip hop et metal sur fond de samples tient très bien la route, mais d'une part on a l'impression que le crew se prend un peu trop au sérieux et puis j'avoue ne pas être trop réceptif à ce type de musique. Dommage quand même que ce quatuor s'est produit à 15h30 devant 40 personnes ; car face à un public nombreux et réceptif, il aurait pu mettre le feu.

Trio tournaisien, Sour Puss implique deux Fuckin' Canaries (Gonz aux drums et Troma à la guitare), formation locale anarcho-punk surtout notoire pour son lancer de graines pour volaille, ainsi qu'Erik, également impliqué chez Opao et Koffee. La fantaisie figurative des Fuckin' Canaries laisse ici place à une musique noisy proche de la no wave des débuts de Sonic Youth. Instrumentalement, le set passe bien la rampe et le groupe possède une pêche d'enfer. On est même agréablement surpris des progrès accomplis par les deux F.C.. Un regret : les vocaux. Ben oui, il n'y a pas de Kim Gordon pour contrebalancer l'âpreté du son ; et malgré le recours de deux micros dont un astatique, la permanence de l'intensité électrique finit par nuire à l'intensité de la musique.

Chez Al Dente, on retrouve un certain Joseph Petolillo, un chanteur/compositeur qui a sévi au sein de différents groupes comme Slam to Slam ou Treefoil. Particularité de ce vocaliste, il possède un timbre et même des inflexions très proches de Peter Hammill. Et musicalement, l'univers expérimental, décalé et imaginatif de ce combo ressemble à celui d'un Vandergraaf Generator récréatif s'intéressant au funk robotique de Talking Heads. Le tout traversé d'accès de jazz, de fanfare, de cirque et autres délires en tous genres. Une prog insolite qui n'a pas eu l'heur d'attirer la foule ; mais qui pourtant mérite une attention toute particulière. Parce que non seulement les musiciens sont très talentueux (un bassiste, un drummer, un claviériste et deux cuivres qui jouent un peu le rôle de Dave Jackson), mais parce que leur musique est à la fois élaborée et séduisante. Une écharpe faite de plumes roses autour du cou, Joseph gratte un peu de guitare ; mais surtout drive un groupe qui devrait faire le bonheur de tous les nostalgiques de la prog. Qu'ils se le disent !

Ils portent les cheveux longs comme Black Sabbath, mais s'inspirent davantage de Neurosis. La musique est aussi lourde qu'indigeste. Le chanteur utilise un pupitre pour trafiquer, sampler ou réverbérer sa voix. Un quatuor qui répond au nom d'Ultraphallus. Se sont trompés de patronyme. Ils auraient dû choisir celui d'Ultradyspepsie.

Le post rock de Pillow est de plus en plus sophistiqué. Un peu comme si la formation voulait rendre son expression sonore clinique. La musique est de plus en plus propre, de plus en plus fignolé, notamment au niveau des arrangements et des harmonies. Pas vocales, puisqu'il n'y a toujours pas de chanteur. Pourtant, j'adore leur manière d'enrichir leurs lignes musicales de couches successives, même si parfois le côté répétitif de certains thèmes peut devenir lassant. En fait, à contrario de Mogwai ou d'Explosions in The Sky, leurs compos n'atteignent que trop rarement les pics d'intensité frénétique de leurs maîtres. On a ainsi parfois l'impression que le groupe refuse de se lâcher et en garde sous la pédale. Je l'ai déjà dit et je le répète, l'apport d'une vocaliste leur permettrait sans doute de se démarquer du courant post rock au sein duquel ils semblent vouloir s'enfermer. Mais apparemment, ils préfèrent conserver cette ligne de conduite, quitte à demeurer dans la zone crépusculaire de l'underground. C'est tout à leur honneur. Enfin, dernière remarque, la projection d'images voire de courts métrages sur un écran placé derrière les musiciens, leur permettraient de susciter une dimension avantageusement visionnaire…

Rocket From the Crypt, Blues Explosion et les Cramps constituent probablement les influences majeures de Driving Dead Girl, un quatuor originaire de Mons dont le mélange de garage, de psychobilly et de stoner se révèle bigrement efficace. Le look et l'attitude fifties (au cours de leur jeunesse, il devaient tapisser leurs chambres de posters d'Elvis Presley ou d'Eddie Cochran), cette formation libère une énergie incroyable sur les planches. Leur set speedé, énergique, survitaminé par des riffs de guitare(s)aussi tranchants que poisseux, balisé par une section rythmique implacable et tapissé par ce vocal légèrement reverb, m'a tout à fait convaincu. Rien de révolutionnaire dans leur démarche rock'n rollesque, mais une bonne tranche de groove servie sur un bon lit d'électricité jouissive.

C'est sous la forme d'un quintet que Monsoon monte sur le podium devant un parterre de spectateurs de plus en plus fourni. Apparemment, la violoniste a quitté le groupe, ne laissant plus, pour toute représentation féminine au sein du line up, que la chanteuse Delphine Gardin. Et quelle présence, puisque tout au long du set, tous les regards se focalisent sur elle. Svelte, sexy, jolie, moulée dans une longue robe rouge fendue (laissant apparaître un décolleté profond, lorsqu'elle se débarrassera de son écharpe), les cheveux noirs relevés en chignon, de grands anneaux plantés dans le lobe des oreilles, elle me fait penser à une danseuse de flamenco. Elle tournoie même régulièrement sur elle-même au cours du show. Et puis elle possède une très belle voix, tour à tour angélique ou satanique, saturée ou rageuse, atmosphérique ou glapissante, dont le timbre oscille de PJ Harvey à An Pierlé en passant par Beth Gibbons. Un chant bien mis en valeur par le groupe qui allie efficacité et sobriété. Si les passages électriques libèrent une puissance étonnante, les retombées romantico-tragiques sont de toute beauté. Leur pop/rock écorché, teinté de jazz, n'est d'ailleurs pas dénué de mélodies vaporeuses. Une chouette prestation, même si un meilleur mixing aurait permis de mettre davantage leur chansons en valeur.

Après un moment pareil difficile d'encaisser la musique du duo PHC. Fruit d'un mélange de hard-core, de post-rock, d'expérimental-noisy et d'indus, agité par une boîte à rythmes épileptique, elle répond aux aspirations bruitistes des aficionados de Godflesh, Treponem Pal ou encore de Napalm Death. J'ai tenu la distance un peu moins de cinq minutes. Le temps de prendre deux photos… et puis aux abris !

La salle Jean Notté était bien sûr comble pour accueillir The Tellers. C'est-à-dire Ben Baillieux-Beynon au chant et à la sèche et puis Charles Blistin à la guitare électrique. Un duo soutenu par une section rythmique dont le drummer, souvent caché derrière un écran de fumée, était coiffé d'un superbe melon et arborait un tee-shirt à la gloire des Ramones. Il aurait pu jouer dans « Mary Poppins » ! Mais revenons-en à nos conteurs et leurs compos contagieuses et rafraîchissantes : le single « More », « I lie » et « Jacknife », on n'y a pas échappé. Comme dirait Karine, spontanées, leurs chansons possèdent toute la fraîcheur du groupe débutant passionné. Les rythmes sont soutenus, parfois interrompus, pour reprendre de plus belle, comme sur le disque. Ben présente ses chansons, mais on a parfois l'impression qu'il ne veut pas déranger ; et il parle si vite, qu'on ne comprend pas grand-chose à ce qu'il raconte. Heureusement, il se montre beaucoup plus convainquant au chant et à la six cordes. Qu'importe, l'ambiance est chaleureuse, le set bien ficelé et le public apparemment ravi. Que demander de plus ? Surtout de la part jeunes qui ont à peine 20 ans !

La palme de l'humour reviendra à Interlude (Sans avenir), un trio tournaisien qui se produisait en public pour la deuxième fois. Vêtus d'habits de moine, hyper maquillés, ils arrivent et repartent en agitant des crécelles comme des lépreux. Et sur scène, ils reprennent des standards du punk (« God save the queen », « Should I stay or should I go? » et j'en passe, même dans la langue de Voltaire) à l'aide d'un sousaphone, d'un ukulélé (mais aussi de toute une série de guitares ou de mandolines miniature) et d'une batterie électronique ; le tout entrecoupé d'interludes ( ?!?!?) théâtraux et surtout caricaturaux (une messe, de la cuisine, une dégustation de bières trappistes, etc.). Ah oui, et puis il y a Pierre qui chante avec un accent truculent du terroir. Le nom du groupe est sans équivoque, mais en programmant cet intermède au bar, les organisateurs avaient fait le bon choix…

Bien qu'affichant un look de cow-boys (le drummer est coiffé d'un chapeau semblable à celui que portait Artemus Gordon, dans la série les « Mystères de l'Ouest »), My Little Cheap Dictaphone n'émarge pas du tout à la musique country. Ou alors du bout des orteils, et dans l'esprit d'un Sparklehorse. Drivé par Redboy (il est également impliqué chez Holywood P$$$ Stars), le groupe compte déjà deux albums à son actif. Tour à tour vivifiante et électrique, subtile et lustrée, sa musique évolue entre rage et mélodie, entre allégresse (le single « Upside down ») et tragédie, entre rêve et rage, au sein d'un univers qui aurait pu naître d'une rencontre entre At The Drive In et Bright Eyes. Ou si vous préférez entre de la folk-pop soigneusement orchestrée et un indie rock décapant. Tout a long de son set, MLCD étonne par la maîtrise de son sujet. Sa musique est authentique, belle et envoûtante. Elle engendre même une multitude d'images et de sensations. En fin de parcours, Redboy passe au piano électrique, pour interpréter une compo majestueuse, dans un style me rappelant curieusement un certain Procol Harum (pas celui de « Whiter shade of pale », rassurez-vous !) Le meilleur concert du festival, il fallait s'en douter…

Trio strasbourgeois, The Astro Zombies pratique un psychobilly particulièrement nerveux. Un chanteur guitariste, un contrebassiste et un drummer. Les deux premiers déménagent littéralement sur les planches (et le mot est faible !) Leur look un peu rétro est accentué par le port de casquettes dignes des premiers films de Gabin. En outre, leur patronyme rappelle une vieille série B des 50's. Ils passent tous les styles et toutes leurs influences à la moulinette, même les rares qu'ils reconnaissent : les Meteors et Guanabat. La démarche est assez originale et plutôt sympa, mais après quelques titres on a la sensation qu'en appliquant une même recette aux différentes compos, elles finissent par souffrir d'une uniformité certaine. Dommage, car les musiciens ne manquent pas de talent…

Kofeee est une formation locale impliquant quatre musiciens dont les goûts (même vestimentaires !) sont diamétralement différents. Ce qui explique d'ailleurs pourquoi ils développent des projets parallèles. Le plus étonnant, c'est que la rencontre de toutes leurs influences (qui oscillent du hardcore au folk en passant par le jazz, la no wave, le métal, la prog, le psychédélisme, le post et le math rock, etc.) tient parfaitement la route. Et ne dérape jamais dans l'univers cérébral ou expérimental. Balaise (au propre comme au figuré), Seb joue de la guitare d'une manière très instinctive. Mais manifestement, c'est lui qui donne la voie à suivre, même si les autres musiciens n'hésitent pas à apporter leur coloration personnelle aux compos. Des compos plutôt bien construites, susceptibles de se complaire dans l'introspection avant de prendre du rythme, puis de s'abandonner dans une certaine violence sonore. Ah oui, Kofeee signifie 'Kilometers Of Electric Eclectic Elipses'. Tout un programme !

Bon, ben après ce concert, je me suis éclipsé. La fatigue et l'heure avancée ne me permettant plus de me concentrer, j'ai donc délégué le compte-rendu à Jean-Philippe (que je remercie vivement par ailleurs) pour la prestation de Crooner Mic Action. Et je m'en félicite. Pas pour la prestation du duo, mais simplement parce que l'un des deux était cagoulé. Une situation qui me révulse. A l'instar de toute personne atteinte d'un PTSD. Sans quoi, ces deux types se produisent debout, en costard/cravate et jouent de la guitare, le plus souvent en distorsion. Imprimée sur des rythmes syncopés produits par une boîte à rythmes, leur musique ressemble à une sorte de roots music revue et corrigée dans l'esprit de Bob Log III. Evidemment si leur humour est d'aussi mauvais goût, pas la peine de s'attarder sur leur sort.

En résumé, on peut affirmer que cette 5ème édition du d'Hiver Rock a été un franc succès. Et félicitations aux organisateurs pour ce qu'ils réalisent avec aussi peu de moyens financiers. A l'année prochaine !

 

 

Festival D'Hiver Rock 2007 : vendredi 16 février

Plus de mille personnes avaient rallié la Maison de la Culture pour assister à la première journée de cette cinquième édition du D'Hiver Rock. Un festival placé sous le thème de l'aéroport. Plusieurs plasticiens avaient ainsi été invités à structurer les espaces publics du festival, histoire de faire le lien entre la musique, l'image et le lieu, à travers le thème générique… Tout comme l'an dernier, le vendredi a attiré de très très jeunes festivalie(è)r(e)s. 

Il revenait à Wash Out Test la délicate mission d'ouvrir les hostilités. Une formation lessinoise au sein de laquelle on retrouve exactement les mêmes musiciens que chez Poulyroc. Mais le W.O.T teinte son punk de ska plutôt que de rock. En s'inspirant davantage de groupes comme Less Than Jake, No Use For a Name, Reel Big Fish, NOFX ou encore Mad Caddies. Ce qui explique le rôle plus important des deux cuivres communiquant une ambiance assez chaleureuse aux compos. En résumé si leur set fut correct, il ne m'a pas laissé un souvenir impérissable… 

Les Fils De Sammy adorent mélanger les styles. Dans leur musique on retrouve ainsi, à des degrés divers, du reggae-dub, du jazz, de la musique mizrahi, flamenco et slave ainsi que de la chanson française et du cabaret. Les textes sont d'ailleurs interprétés dans la langue de Molière, des textes à l'humour décalé, susceptibles de passer de la bonne humeur à l'engagement social. Le chanteur se réserve également la clarinette accentuant cette impression d'éclectisme à tout crin. On a d'ailleurs ainsi l'impression, même furtive, de retrouver des traces des Fils de Teuhpu, de Gainsbourg, de la Mano Negra et même des Négresses Vertes, dans leur expression sonore. Outre-Quiévrain ce style doit certainement attirer des adeptes. Malheureusement, le résultat est un peu trop franchouillard à mon goût…

Premier moment fort de la soirée lorsque La Réplik monte sur les planches. La présence d'un joueur de banjo et d'un violoniste donne immédiatement le ton. Tout comme celle d'une drummeuse/percussionniste. Pas parce qu'elle est particulièrement svelte, mais parce qu'elle joue debout ; ce qui lui permet de muscler ses mollets tout au long du set. Rustre comme un marin, le guitariste partage les vocaux (son timbre rappelle le Renaud des débuts) avec Vigie, une punkette au look pas possible : imaginez un croisement entre Siouxsie Sioux, Poison Ivy et Nina Hagen. En outre, elle ne tient pas en place une seule seconde. Et puis possède une superbe voix. Bien que leur accent trahisse leurs origines du Sud-ouest de la France (Bordeaux), La Réplik va nous plonger dans une ambiance celtique digne des pubs irlandais ou nous inciter au pas de danse sur un air de polka. Le jeu de scène n'est pas sans rappeler un plus vieux groupe hexagonal : les Rosemary's Babys. Tout au long de leur show, les références vers les anciennes formations de rock alternatif français, de façon anecdotique ou explicite, vont se bousculer. Le groupe va d'ailleurs reprendre un standard de Bérurier Noir, en fin de parcours. Les moins jeunes chantent même en chœur et auront, l'espace de 45 minutes, l'impression de revenir 15 ans en arrière, lorsque le mariage entre le punk français et les sonorités festives était monnaie courante.

Mouvement de foule vers 21h30 : les aficionados s'entassent dans la première salle pour ce qui reste le plus grand succès d'audience de cette journée de festival : le set de Skarbone 14. Les régionaux de l'étape peuvent compter sur un public conquis d'avance et rapidement la salle s'enflamme. Leur ska/punk bénéficie du concours d'une solide section de cuivres. Et puis il y a le chanteur, Sim, toujours très à l'aise pour assumer le show, une recette qui plait particulièrement aux ados, aux boy-scouts, mais également à un public de plus en plus large. Depuis son premier concert en 2001, accordé dans le cadre de la fête de la musique à Tournai, Skarbone 14 s'est nettement amélioré, raffinant son jeu de scène, et enchaînant les concerts en Belgique et à l'étranger ; se produisant même en première partie de leurs propres références, comme La Ruda ou les 100 Grammes de Tête. Enregistré au sein du prestigieux studio bruxellois Rising Sun (le repaire de Mud Flow), leur nouvel opus sortira le 6 avril et sera inauguré lors d'un showcase programmé au foyer Saint-Brice, rue Duquesnoy, à Tournai (qu'on se le dise…)

Les Blaireaux réunit sans doute le line up le plus professionnel de la soirée. Leur prestation est théâtrale. Rappelant parfois l'attitude des Frères Jacques, les différents musiciens semblent beaucoup apprécier le music-hall des années 50. Un côté décalé parfaitement géré par la bande qui occupe bien la scène. Paradoxalement, malgré la qualité de la prestation, la sauce prend difficilement et de nombreux spectateurs (dont vos rédacteurs) finissent par se lasser et quitter la salle. Sans doute Les Blaireaux parviendraient mieux à faire apprécier l'étendue de leur talent dans d'autres conditions scéniques ou lors d'un festival de musique de rue…

La présence de René Binamé était manifestement bien plus en phase avec la première journée de ce d'Hiver Rock. Après avoir vécu de nombreux changements de line up, dont le plus dommageable reste bien évidemment le départ du claviériste et boute-en-train, Es Gibt, le groupe est plus que jamais dépendant de son fidèle batteur/chanteur, Olivier Binam'. J'avoue assister, pour la 15ème fois, en autant d'années, à un concert des René Binamé (S.L.) ; et si leurs fans sont moins nombreux qu'au cours des nineties, le band est demeuré intègre et fidèle à ses convictions. Autoproduit, auto-distribué, le groupe prône le DYI. Ainsi, avant le concert, Olivier se charge personnellement du stand réservé à son groupe. Pourtant, leur musique a évolué. Et la plus belle démonstration procède de la remise au goût du jour de sa cover du « Le courage des oiseaux » de Dominique A, rebaptisée depuis cinq années en « Le courage des avions… qui rentrent dans les Tours glacées ! » La provocation et les revendications font toujours partie de l'univers de René Binamé qui n'a jamais pratiqué la langue de bois. « Le pape immobile », le chant traditionnel « La chanson du Père Duchesne », concédé sur fond de guitare saturée et minimaliste et dans une ambiance punk/trash, provoquent de nombreux pogos : tel est le décor destroy que nous réserve le trio. Mais à une époque où les groupes de rock belge mielleux pullulent, et où la pop aseptisée occupe une large place sur nos radios, les lyrics engagés de René (en wallon, en flamand ou en français) constituent un excellent antidote à cette déprime créative. La sortie toute proche de leur nouvel opus, « Le temps payé ne revient plus », relancera-t-il la machine ? On leur souhaite ; d'autant plus qu'à l'instar de leurs amis les Wampas, ils possèdent suffisamment de talent pour rester sur le devant de la scène, belge ou du moins wallonne.

Kaophonic Tribu clôturait donc la partie concerts du festival. Huit musiciens issus de l'Hexagone (Nièvre) qui pratiquent une sorte de drum'n bass tribale : des tas de percus (dont un djembé), de la flûte, une basse (of course !) et un digeridoo (joué par un véritable virtuose !). Sans oublier les machines et les harmonies vocales célestes. En quelque sorte une rencontre entre sonorités ethniques et électroniques propice à la transe et à l'envoûtement. Leur set est irréprochable, mais il devient rapidement ennuyeux. Si bien qu'après vingt minutes, on a déjà envie de s'éclipser. Manque un instrument comme le violon, la harpe ou pourquoi pas un xylophone pour donner du relief à l'expression sonore.

La longue soirée ne peut s'achever que par un dernier passage… au bar, qui contribue à la bonne ambiance du festival. Tout au long de la soirée le millier de spectateurs s'est d'ailleurs dispersé entre cet endroit stratégique, les deux scènes et le hall d'entrée illuminé de différents jeux de lumières ; mais malheureusement envahi par un DJ set un peu trop bruyant (interférant par ailleurs régulièrement sur les autres concerts !). Anecdote : à l'extérieur de la Maison de la Culture, les nombreux fumeurs étaient priés de suivre la nouvelle réglementation. En l'occurrence s'oxygéner à la belle étoile. Les oreilles et l'estomac bien remplis, il est temps de battre en retraite pour mieux remettre le couvert le lendemain.

 

Festival Octopus 2006 : dimanche 30 juillet

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Le troisième jour, l'Octopus a embrassé une affiche presque exclusivement belgo-belge…

Et la foule d'affluer lors de cette journée de clôture. De doubler même ! Une mauvaise nouvelle quand même : le désistement d'Ozark Henry. En coulisses (NDR : pardon, en backstage), filtrait une info par laquelle son cachet n'avait pas été honoré dans les délais impartis. Raison pour laquelle, il avait décidé de ne pas se déplacer. Il a donc fallu déchanter…

Vainqueurs du dernier concours 'Inc'rock', Ravenne a entamé les réjouissances du dimanche. Un groupe local, puisque tous ses membres sont issus de la région de Nivelles. Leur rock allie puissance, élégance et précision. Raffinés, rédigés dans la langue de Molière, leurs textes libèrent une fameuse dose d'émotion. Pour l'instant, le band est occupé de terminer l'enregistrement de son deuxième album, dont il interprète déjà une bonne partie en 'live'. A revoir absolument !

Pornorama est un ensemble issu du nord du pays. Les mélodies sont limpides. Leur rock séduisant. Et leur set, s'est avéré, ma foi, de bonne facture.

Une bonne surprise : Elvis Ghettoblaster. Des Bruxellois drivés par un chanteur complètement déjanté. Un personnage capable de mettre une ambiance pas possible. Cependant, les spectateurs sont restés sur leur faim. Motif ? La régie a coupé unilatéralement le courant avant la fin des hostilités. Pas très cool, même si on comprend que le planning doit être respecté...

Encore une révélation du rock noir jaune rouge : The Tellers. Leur line up réunit également les musiciens les plus jeunes du festival. Ce qui ne les empêche pas d'afficher un très grand professionnalisme, pour leur âge. Sculptées dans le pop rock, leur compos sont d'ailleurs fignolées à l'extrême. A l'instar des titres de leur premier EP qu'ils ont, bien sûr, exécutés. Et en particulier « More », « I lie » et surtout le fameux « Jacknife » que vous avez certainement déjà eu l'occasion d'écouter ou d'entendre sur l'une ou l'autre station radiophonique. Honnêtement, il faut admettre que ce combo est promis à un bel avenir...

Originaire du Brabant flamand, Elysian figurait également parmi les découvertes du festival. Pourtant ils ont déjà commis deux albums dont le dernier, « Blend » est paru début de cette année. Tout en subtilité et sophistication, leur pop/rock ne maque pas d'allure. Et la conversion en 'live' est tout aussi soignée. D'ailleurs des morceaux comme « Confidential information » et « Nothing's changed » dévoilent alors toute leur splendeur. Une prestation de toute bonne facture.

Auteur d'un nouvel album, voici quelques semaines, Yel a également enregistré l'arrivée d'un nouveau bassiste. Les Hutois sont doués, c'est manifeste. Ecrits dans la langue de Voltaire, les lyrics dégagent énormément de puissance et d'émotion. Des morceaux comme « Sans idéaux » ou « Est-ce que tu l'entends » en sont les plus beaux exemples Malheureusement, le chanteur est en petite forme et n'a pas le rayonnement habituel. Quelques fausse notes vont même ternir un set à oublier au plus vite. Car Yel est capable de beaucoup mieux. Ce n'est sans doute que partie remise...

Sur les planches, Malibu Stacy est particulièrement percutant. Bien plus que sur disque. Et il l'a une nouvelle fois démontré lors de son passage à l'Octopus. Un show énergique, au cours duquel on a bien sûr eu le plaisir de savourer leurs incontournables tubes «LosAngeles » et bien sûr « Sh sh » !!!

Chapeau bas à Janez Detd. Non seulement il a accordé un concert mémorable en parvenant à faire 'jumper' la foule, nonobstant la drache nationale qui s'était mise à tomber et la bagatelle de quatre coupures de courant. Mais en plus, à l'issue de chaque interruption, la formation est remontée sur les planches le sourire aux lèvres et en pleine forme. Et pourtant, vu les circonstances, il était en droit de se plaindre voire de râler. Leur punk-rock énergique frise parfois le délire. Les covers sont nombreuses. Une chose est sûre, le public vibre. Et a applaudi et salué comme il se doit la performance de ce groupe...

Eté 67 sillonne les festivals belges et du sud de la France depuis plusieurs mois. Aussi, on les sent fatigués et leur prestation en pâtit. Mais le romantisme a ses raisons que la raison ne connaît pas. Ce qui explique pourquoi de jeunes demoiselles n'ont eu de cesse d'acclamer le chanteur. Mais était-ce pour sa voix suave ou son joli minois ? La question reste posée...

Les sonorités électro de Daan sont habituellement destinées à entretenir une certaine ambiance. Complètement trempés, les festivaliers on pu découvrir, chez cette formation, de nouvelles spécificités. Et notamment celle du séchoir. Complètement trempés, ils ont pu éliminer cette 'aquasité' en se tordant dans tous les sens. Et en particulier lorsque le combo s'est attaqué à « Housewife », son meilleur titre...

Millionnaire a déçu. Le band a pourtant interprété la plupart des compos issues de son dernier opus. Mais sans y mettre l'expression. Un set plat et sans surprise qui contraste avec le potentiel du groupe. Franchement, vu l'expérience de Tim on était en droit d'attendre beaucoup mieux.  

Auteur d'une prestation digne des Inconnus, les Wampas ont rempli leur contrat : c'est-à-dire mettre de l'ambiance. Car, il faut le reconnaître, la musique de cet ensemble français légendaire a mal vieilli. En outre, Mister Didier chante comme une casserole. Ce qui ne l'a pas empêché d'enflammer la foule, de ses frasques. Se jetant dans le public ou grimpant sur le toit des chapiteaux réservés au 'merchandising'.

Flanquée du White Velvet, An Pierlé a accordé un set remarquable. Sa beauté et son talent lui permettent de rayonner autour d'elle. D'envoûter le public. Et sa voix fait le reste. Bien soutenue par son backing group, elle est tout simplement parvenue à enchanter son public. Un véritable plaisir pour les yeux et les oreilles. Que du bonheur !

Archive clôturait la deuxième édition du festival Octopus. La formation britannique n'a pas confirmé son set accordé lors du festival de Dour. En méforme ? Fatiguée ? Pas assez concentrée sur son sujet ? A mon humble avis, une majorité du public avait déjà assisté à leur prestation accordée le 15 juillet dernier. Et au fil du concert, il a commencé à vider les lieux. Dans ces conditions, difficile de rester motivé. Aussi bien du côté des spectateurs que du groupe. Résultat des courses : Archive n'a jamais été dans le coup... 

Festival Octopus 2006 : samedi 29 juillet

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Le deuxième jour, l'Octopus s'est réveillé sous les rayons du soleil…

Bien plus de monde, ce samedi. A la même heure que la veille, on dénombrait plusieurs milliers de festivaliers en sus !

Il revenait à Marvin Marvin de donner le coup d'envoi de cette deuxième journée. La formation parisienne en était à sa troisième apparition en Belgique. Et il faut reconnaître que leur set de 30', constitué des meilleurs fragments de leur opus, a fait mouche. Essentiellement inspirée par Blur et Radiohead, leur musique ne maque pas de charme. Et le public leur a réservé un accueil chaleureux.

La musique de Sidilarsen (NDR : un ensemble issu de Perpignan !) agrège néo-métal, reggae et electro. Et sur scène, la formation pyrénéenne pète littéralement des flammes. De leur répertoire, des morceaux comme « Fluidité », « Surhomme » ou encore « De temps à autre » passent vraiment bien la rampe. Un moment très apprécié par le public, il faut le souligner...

Le ska-reggae des 100 gr de têtes (NDR : encore des Perpignanais !) met de l'ambiance sur le site et du soleil dans le cœur des festivaliers. Une passion que le combo est parvenu à communiquer à la foule. Et pour cause, au fil de leur concert, le public est devenu chaud, puis fiévreux et enfin bouillant. Résultat des courses : il bougeait dans tous les sens.

Une ambiance qui est encore montée d'un cran lors du passage de Kill The Young. Très pro, le trio anglais a fait un tabac. Leur prestation a incité les festivaliers - de plus en plus nombreux - à danser. Notamment devant la scène. Les frères Gorman on le vent en poupe dans l'Albion ; mais après avoir envahi nos ondes radiophoniques, ils ont décidé de se produire le plus souvent possible sur notre territoire. Et il faut reconnaître que leur rock endiablé fait recette. En particulier lors de titres tels que « Addiction », « Origin of illness », « Fragile » ou encore « Radio ».

Véritable chouchou du public lors de cette deuxième journée, Montevideo est responsable d'une solution sonore essentiellement préparée à base de rock. 2006 est leur année : un album et puis la participation à la majorité des festivals estivaux du pays. Originale, leur musique est épisodiquement traversée, tantôt d'un clavier electro élégant, tantôt d'une trompette fugitive. Et puis les musiciens manifestent une sympathie contagieuse.

Aqme s'était déjà produit lors de la première édition de l'Octopus. La formation était donc très attendue par les Nivellois. Et elle n'a pas déçu ses fidèles aficionados. En particulier les jeunes ados, particulièrement sensibles à ce style de musique… très accessible, pour ne pas dire commerciale. N'empêche, tout au long de leur set, ce public était vraiment déchaîné...

La Ruda a signé la prestation la plus festive de tout le week-end. Le public était véritablement survolté. Un moment privilégié au cours duquel le public a chanté, s'est défoulé, a pris du bon temps, a fait la fête. Comme quoi, le ska a encore de beaux jours devant lui...

Entre rap, rock et techno, Enhancer est un véritable cauchemar pour les photographes. On ne parvient même pas à déterminer leur nombre. Ils ont plus d'une dizaine, c'est sûr. Dont trois chanteurs qui bondissent dans tous les sens et des danseuses. Encore une fois, c'est la frange la plus jeune du public qui s'est montré la plus réceptive. En vérité, ce set m'a paru plutôt brouillon ; et il fallait vraiment être fan pour accrocher...

Keaton Simons est américain. Agé de 26 ans, c'est également un ami de Ben Harper. Pas étonnant que son style soit proche du Californien. Au cours de ce remarquable concert, il a interprété quelques titres de son premier opus, dont les excellents « Exes & whys » et « Nobody knows ». Sa prestation cinq étoiles a séduit l'ensemble du public. Toutes générations confondues. Ce virtuose de la guitare est à l'aube d'une très belle carrière internationale. Ceux qui ont eu le bonheur de le découvrir à l'Octopus peuvent en attester...

La suffisance de Sinsemilia agace. Peu convaincants, il se sont quand même rappelés à notre bon souvenir en interprétant leur compo la plus notoire : « Tout le bonheur du monde ». Une grosse déception !

Stupeur et effroi : Punish Yourself a achevé le journée du samedi en accordant une show aussi théâtral que celui d'un Rammstein. Leur musique brûle d'ailleurs dans le même enfer sonore que celui des Allemands. Une différence ; mais elle est de taille : il n'ont pas le même talent ! Ce qui n'a pas empêché le public d'ovationner leur spectacle particulièrement coloré. Et puis le groupe de marquer les esprits. 

Festival Octopus 2006 : vendredi 28 juillet

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Le premier jour, il y eut beaucoup d'appelés, mais peu d'élus...

Fort d'une première expérience, vécue l'an dernier, au cours de laquelle il a rencontré de multiples problèmes d'organisation, l'Octopus avait tous les atouts en main pour que cette seconde édition soit une réussite : une équipe bien préparée et une promo bien réussie faisaient même souffler un vent d'optimisme sur cet événement. Malheureusement, on ne peut pas dire qu'il se soit soldé par un succès de foule. Et il faut admettre qu'on ne s'est pas bousculé devant les scènes. Une explication ? Le festival est programmé après ceux de Werchter et de Dour ; et avant celui du Pukkelpop. Trois rendez-vous devenus incontournables en Belgique, dans le domaine de la pop et du rock. Les bourses ne sont pas sans fond. Mais si les poches des festivaliers sont presque vides fin juillet, il faut aussi reconnaître que l'Octopus manquait cruellement d'une grosse tête d'affiche... En outre, une bonne partie des artistes ou groupes invités s'était déjà produite lors des premiers festivals d'été. Et pourtant, c'est une des seules manifestations du style qui permet d'assister à l'ensemble de la programmation...

L'Octopus privilégie le rock. Il s'est donc ouvert par une formation très représentative de ce style : The Arrs. Très peu connue chez nous, elle pratique un néo-métal particulièrement redoutable. Nonobstant un site quasi désert, elle a accordé un set d'une bonne demi-heure, de très bonne facture, parvenant même à déclencher un petit 'pogo' au sein du maigre public. De quoi se réchauffer...

Pendant tout le festival, les spectateurs sont arrivés au compte-gouttes. Place à Curtiss, ensuite, qui avait investi la deuxième scène. Un combo issu du Sud de la France qui signait ici son seul passage en Belgique. Responsable d'un premier EP assez surprenant, dont ils ont d'ailleurs interprété l'intégralité, ils ont été accueillis avec enthousiasme par jeune public nivellois. D'ores et déjà, on peut affirmer qu'il s'agit d'une des découvertes de l'année 2006 !

Grand National était un des groupes les plus attendus du week-end. Sa présence était même plus qu'incertaine. Il n'était pas libre le samedi et avait décidé d'annuler sa prestation pour finalement accepter de se produire le vendredi. Malheureusement l'information semble être mal passée. Ou beaucoup trop tard. Uniquement trois guitares de front. La formation va passer ses tubes en revue : de « Playing the distance » à « Cherry Tree » en passant par « Peanut dream ». Sans oublier la cover du « Message in a bottle » de Police. Et manifestement la voix de Rupert Lyddon est très proche de celle de Sting. La formation londonienne y a démontré toute l'étendue de son talent...

Le soleil est encore au rendez-vous lorsque Vegastar monte sur le podium. Ces rockers de salon attirent surtout les jeunes adolescentes. Chez Vegastar, tout est étudié : depuis le look jusque la musique. Et les règles du marketing y sont scrupuleusement respectées. Ils ont donc joué toutes les plages de leur album. Sans oublier leur morceau phare « Au centième étage ». Et leur prestation alors ? Ni mauvaise, ni bonne. Tirez-en donc les conclusions qui s'imposent.

La pluie fait son apparition lorsque Pierpoljack ouvre son set. Il est en constante interaction avec le public. Impossible de rester de marbre lorsque, les pieds dans le sable, des airs de reggae aussi contagieux vous invitent à la fête. Le chanteur avait promis que la pluie cesserait à la fin de sa prestation. Sa prédiction s'est révélée exacte...

Toujours pas fatigué, nonobstant sa participation aux Francofolies de Spa, Mass Hysteria a célébré le retour de l'astre solaire. Et ils ont mis le feu !!! Pour leur dernier concert de l'année, ils ont embrasé l'audience qui s'est littéralement déchaînée. Et le groupe ne l'était pas moins. Ils ont aligné la quintessence de leur répertoire : « Respect to the dance floor », « L'effet Papillon » et surtout le fameux « Donnez-vous la peine ». Un morceau qui prend toute sa dimension en 'live'. Une véritable bombe sonore au cours de laquelle tous le musiciens bondissaient en même temps. Ce qui n'empêche pas Mouss d'injecter dans les chansons des textes engagés. Des lyrics qu'il interprète avec grande conviction. Une chose est sûre, le public semblait ravi. C'est d'ailleurs au cours de leur show qu'il a le plus déménagé. Un regret, leur set-list est quasi identique à celle de l'album « Live at Montréal ».

Et puis direction l'autre scène pour aller applaudir Nashville Pussy. Des applaudissements amplement mérités pour ces Ricains dont la musique semble directement inspirée par Motörhead. Ils ont une pêche d'enfer. Et leur show est explosif. En outre, tous les regards des mâles convergent vers la guitariste. Particulièrement sexy, elle arbore un décolleté profond. Et l'engouement suscité par la rockeuse auprès des photographes masculins en est la plus belle démonstration...

Therapy ? s'était fait plutôt discret depuis la fin des nineties. Il vient cependant de commettre - enfin - un nouvel album, « One cure fits all », une œuvre qui n'a sans doute pas retrouvé toute l'intensité de leurs débuts, mais dont le niveau est quand même plus qu'honorable. Nonobstant cette petite parenthèse, ouverte dans leur carrière, le combo irlandais n'a pas perdu la forme. Il est parvenu, en deux temps trois mouvements, à mettre le public dans sa poche. Un public qui chante, crie et se trémousse. Impossible de rester en place à l'écoute de « Church of noise » ou « Die laughing ». Et surtout de « Nowhere » morceau qui a clôturé un set, ma foi, fort agréable ... Toujours aussi allumé Andy Cairns, est même parvenu à entrer en complète interaction avec les plus jeunes spectateurs. Et je dois avouer avoir été heureux de le revoir aussi pétillant, après autant d'années d'absence...

Nostalgie, nostalgie : Front 242 et Louis Bertignac étaient les têtes d'affiches de ce vendredi. L'ex-leader du groupe Téléphone a déçu. Par sa prestation d'abord. Pas exceptionnelle pour un sou. Fatigante, même. Et qui a commencé avec plus de 30 minutes de retard. Motif ? Il exigeait d'être payé avant de monter sur les planches. Non seulement ce Monsieur a le gros cou, mais en outre, tout au long de son spectacle, il s'est contenté de se dorer la pilule. La honte ! Et la foule lui a bien rendu ce manque de respect.

Les papys font de la résistance. Front 242 par exemple. Qui apparemment en a encore sous le coude. Comme par enchantement, le public avait vieilli de 20 ans pour suivre l'unique date du mythique groupe belge. Malgré le poids des années, il continue d'assumer. Même les plus jeunes ont été emballés par leur prestation. Un set accordé dans la pure tradition hybride, au cours duquel on a eu droit aux inévitables « Rhythm of time » ou encore « Animal ».

Ezekiel et Joshua ont conjugué leurs talents de guitaristes pour clore la première journée. Mais plutôt las, le public avait plutôt envie d'aller roupiller... 

Rock Werchter 2006 : dimanche 2 juillet

On ne pèse pas grand-chose dans ce bas monde, à voir le peuple qui vous submerge de tous côtés, sous un soleil de plomb, sur une plaine perdue près de Leuven, à regarder Brian Molko chanter ses simagrées. Il en faut du courage pour braver la fatigue, la déshydratation, les décibels, la file d'attente pour boire une douche, et 1h30 de Muse. Oui, se taper quatre jours de Rock Werchter s'avère un sacré challenge. Météo : 30 degrés en moyenne. Et 80000 personnes par jour, assises, couchées, debout, partout. Ajoutez à cela la somme d'argent exorbitante à dépenser pour y participer, et 'l'événement rock de l'année' ressemble de plus en plus à un élevage en batterie de poules pondeuses. Heureusement, il n'y a pas eu de morts à Werchter, et ce grâce à la générosité des organisateurs qui ont bien voulu mettre cinq (…) robinets d'eau à disposition de leur très cher public. 'Eat your money and die !' : voilà qui ferait un bon T-shirt de festival, en taille « Girly », XS, S, M, L, XL et XXL. Espérons que Live Nation y pense pour l'année prochaine, et d'ici là…

… Bon vent à toi, le vent ! Nous te remercions pour tes brefs allers et venues. Tu as sans doute sauvé des vies de la combustion instantanée. Le soleil ? Tout le monde croyait qu'il allait un jour s'en aller, nous foutre la paix pour de bon, mais non : à peine quelques mètres carrés d'ombre de 12h00 à 16h00, près des toilettes et face à la Main Stage, bref dans des endroits où se tenir debout tient quasiment de l'impossible. Merci le soleil ! Et c'est là qu'on ne pige pas Mister E., alias Eels, qui porte une combi de plombier, un bonnet et une grosse barbe, alors qu'il fait (au moins !) 40 degrés. Entouré d'un bassiste burineur, d'un batteur à l'air hagard et d'un faux garde du corps à la moustache velue, Mark Everett enchaîne vieux tubes (« My Beloved Monster », « Mother Mary »), covers (Tom Waits, Screaming Jay Hawkins et Sinatra) et boogies frelatés sans avoir l'air de souffrir de la température. Etrange 'rock show' (la cover de Peaches) d'un type qui se fout du business, face à des gens qui cuisent comme des cocottes-minute.

… Bon vent à toi, funk soul brother ! Kanye West s'en plaignait : où est le hip hop à Werchter ? Nulle part, ou presque (The Streets ? Damian Marley ? Atmosphere ? Sean Paul ? Matisyahu ?), et l'on ne parle pas de la black music en général… La bonne nouvelle en ce dimanche de feu (le soleil, pas l'affiche), c'est qu'il y a Bettye Lavette et Leela James qui se succèdent sous la Pyramide. Ce qui est une deuxième bonne nouvelle en ces heures de zénith (Pyramide = ombre). Deux chouettes prestations, pleine de bonne humeur et de groove, qui nous feraient presque oublier l'annulation en dernière minute de Kelis… Si Bettye Lavette n'est plus toute jeune (la cinquantaine bien frappée), elle a le 'soul power' et dans la voix une tendresse éternelle que l'âge ne saurait faire mentir. Quand elle chante 'He made a woman out of me', on frémit malgré sa ménopause, d'autant que l'écrin musical au sein duquel elle se love rappelle les belles heures de Motown et de Stax. Un concert tout en volupté, à l'heure de la digestion et de la crème solaire. Leela James, elle, pourrait être sa fille, et forcément son funk soul transpire davantage sous les aisselles : sur le mode Aretha Franklin (alors Bettye serait Billie), la jeune Américaine balance la sauce avec l'élan de celle qui a tout à gagner, puisqu'en Europe peu de gens pour l'instant la connaisse. Et d'inviter tout le monde sur scène pendant le festif « Rain », dans l'espoir qu'une petite nuée réponde elle aussi à l'appel et nous épargne l'insolation forcée. 'I'll be back next year, you're amazing !', criera-t-elle à la fin de son show, impressionnée par l'accueil du public. L'ambiance, comme au concert de Vitalic, aura certes pris le dessus sur la musique elle-même (du soul funk sans grande surprise), mais c'est déjà ça de gagné à voir les tronches des gens couchés dehors, sous le soleil exactement.

… Bon vent à toi, l'électro de salon ! Sauf que là on est à Werchter, et il n'y a toujours pas d'air conditionné ni de frigo à l'horizon, mais un type au crâné rasé (Bugge Wesseltoft), un Français bien connu (Laurent Garnier) et un saxophoniste en chemise (Philippe Nadaud). Connu d'abord pour ses tubes (« Crispy Bacon », comme tout le monde après quatre jours de festival) et ses mixes techno, Laurent Garnier tente depuis « Unreasonable Behaviour » de prouver qu'il n'est pas qu'un as du BPM. D'où le trip néo-jazz, les morceaux sans gros kick qui ne démarrent jamais, et l'ennui qui s'installe si l'on attend le climax. Pour remuer des jambes, fallait donc repasser… A part pendant le final : un « The Man With the Red Face » libérateur, quoique encore mou du genou.

… Bon vent à toi, la « Sunday Night Fever » ! A croire que les gens avaient besoin de se lâcher, une fois la soirée entamée, pour évacuer ce sentiment de torpeur dont la seule cause est un astre jaune, énorme, et qui nous donne la vie en même temps qu'il la plombe. A croire que les Scissor Sisters étaient là au bon endroit au bon moment, et qu'ils écoutent encore les Bee Gees (comme John Frusciante !) et Elton John. A cinq, ils ont donné le meilleur concert de ce festival. D'excellents musiciens. Au chant un duo mirifique (Ana Matronic/Jake Shears) et des tubes qui fédèrent l'homme et la femme qui sont en chacun de nous. « Take Your Mama » en ouverture donne le ton : un truc de ouf, une ambiance géniale, le plaisir sans œillères. Sur « Laura » c'est encore mieux, et on ne parle pas de « Comfortably Numb ». 'You're the best crowd we've ever seen !', dira même la plantureuse Matronic, pas peu fière de l'extase collective dont elle est la maîtresse. Mieux encore : même les nouveaux titres, d'un album (« Ta-Dah ! ») dont la sortie est prévue pour septembre, s'avèrent déjà des hymnes. A l'applaudimètre les New-yorkais ont fait péter tous les records de ces quatre jours (en même temps c'était pas difficile), comme quoi le disco, celui de Bobby O et d'Orlando, respire encore. Quelle fête !

… Bon vent à vous !

A la fin, il y avait Depeche Mode. Un peu empâtés. Un Gahan en petite forme, un Gore un peu mièvre (« Home » et ses violons synthétiques), et puis le mystère Fletcher (joue-t-il vraiment ou fait-il semblant ?). Quant au son, lui aussi manquait de corps et de puissance : un déficit qui plombera des titres comme « I Feel You », « Question of Time » et « Walking in My Shoes », pour le coup d'une mollesse affligeante. On sauvera du lot le refrain de « Personal Jesus » scandé par des milliers de personnes, un vieux truc rare en live (« Photograph ») et le grandiose « Never Let Me Down Again » en clôture. Sinon c'était soirée karaoké, sauf que personne chantait. Pas glop. The End.

Rock Werchter 2006 : samedi 1er juillet

On ne pèse pas grand-chose dans ce bas monde, à voir le peuple qui vous submerge de tous côtés, sous un soleil de plomb, sur une plaine perdue près de Leuven, à regarder Brian Molko chanter ses simagrées. Il en faut du courage pour braver la fatigue, la déshydratation, les décibels, la file d'attente pour boire une douche, et 1h30 de Muse. Oui, se taper quatre jours de Rock Werchter s'avère un sacré challenge. Météo : 30 degrés en moyenne. Et 80000 personnes par jour, assises, couchées, debout, partout. Ajoutez à cela la somme d'argent exorbitante à dépenser pour y participer, et 'l'événement rock de l'année' ressemble de plus en plus à un élevage en batterie de poules pondeuses. Heureusement, il n'y a pas eu de morts à Werchter, et ce grâce à la générosité des organisateurs qui ont bien voulu mettre cinq (…) robinets d'eau à disposition de leur très cher public. 'Eat your money and die !' : voilà qui ferait un bon T-shirt de festival, en taille « Girly », XS, S, M, L, XL et XXL. Espérons que Live Nation y pense pour l'année prochaine, et d'ici là…

… Bon vent à toi, en français dans le texte ! Le groupe lounge-world-pop Arsenal cartonne en Flandre, moins en Wallonie et à Bruxelles. Une autre aberration. Il y a pourtant ce titre fort efficace, « Personne ne Bouge », featuring Balo (ex-Starflam). La preuve que ces histoires de communautarisme n'ont pas (ne devraient pas avoir ?) leur place en musique. Hendrik Willemyns et John Roan s'abreuvent ainsi à toutes les sources musicales, en plein fantasme babylonien. Le chant est en portugais, anglais, chinois, français : 'Van Afrika tot in Amerika, ja wij zijn zoveel mooier als we samen zijn'. Dit comme ça, sur de jolis airs chaloupés (« Longee », « Mr. Doorman », « The Coming »,…), on ne peut s'empêcher de sourire. De plaisir, méwéééé.

… Bon vent à toi, Bernanos ! Si le titre d'un de ses romans (« Sous le soleil de Satan ») pourrait quasi coller à l'ensemble de ce festival, il a sorti un jour cette belle phrase, que les Arctic Monkeys symbolisent en affichant une belle morgue : 'Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents'. Et il n'est pas prêt d'enfiler son chandail, à voir ces quatre jeunots chanter le rock'n'roll comme si demain n'avait pas d'importance (et on ne citera pas les Who). Ils ont vingt ans à peine, la classe et les chansons : les Arctic Monkeys méritent d'être les stars d'un énième revival rock, tant leur musique transpire d'une énergie vitale. Le public, d'ailleurs, ne s'y trompe pas, réservant à ses nouveaux héros les vivats de rigueur. Joué pied au plancher, avec une insouciance pleine d'émotion, le rock de ces gamins vaut bien qu'on gueule dessus en sautillant gaiement. Des tubes aux mélodies cagnardes, voilà ce qui manquait au 'rock' de 'Rock Werchter' : en balançant les furibards « The View From the Afternoon », « When The Sun Goes Down » et « Cigarette Smoker Fiona », les Arctic Monkeys réveillent en nous le rockeur de seize ans. Wassup !!!

… Bon vent à toi, et 'na na na na naa' ! C'est même le titre de la première chanson qu'ont joué sur la Main Stage les joyeux Kaiser Chiefs, fiers descendants d'un rock briton à la Madness/Blur/Dexys Midnight Runners. Cinq mecs à la gâchette mélodique facile, qui troussent des hits à la pelle comme certains vont à la mine. Pas de quoi crier au génie, mais crier quand même, à tue-tête (et au choix) : 'And my girlfriend loooooves meeee !!!' (« Everyday I Love You Less and Less »), 'Oh my God I can't believe it I've never been this far away from home !!!' (« Oh My God »), 'In my liiiiife !!!' (bras en l'air, « Caroline, Yes »), etc. C'est amusant, comme un tour de carrousel à la Foire du Midi. Kaiser Chiefs : le groupe parfait pour vos festivals rock, vos mariages et vos anniversaires.

… Bon vent à toi, le rock seventies ! The Who, Robert Plant, The Raconteurs : Rock Werchter avait des airs de TW Classic cette année, tant certains refrains entendus ça et là sentaient la naphtaline et le vieux Deep Purple. Si Jack White n'était pas de ce monde, sans doute qu'on ne perdrait pas notre temps à deviser sur l'avenir du rock'n'roll et de la guitare à deux manches. On ne devrait pas non plus se taper une heure de juke-box à la Mark Ysaye : les covers de Led Zeppelin (« Broken Toy Soldier »), de Nancy Sinatra (« Bang Bang »), des Beatles (« Hands », « Together »), de Ron Davies (« It Ain't Easy »), de Shocking Blue (« Send Me A Postcard ») et de Danko Jones (« Samuel Sin »), et se promener à Werchter comme si c'était Woodstock. Bref il y a perpète, à une époque où Bob Dylan était le summum de la rébellion et de la révolution sonore. Eh ouais, c'était bien avant le hip hop, la techno, le shoegazing, l'ambient, que sais-je ? En résumé pour Jack White et ses trois faire-valoir (deux Greenhornes, et Brendan Benson) 'c'était mieux avant', et là on n'est pas trop d'accord. The Raconteurs ? The Conservateurs, ouais !

… Bon vent à toi, l'équipe d'Angleterre ! Si on ne vient pas à Werchter pour regarder la coupe du monde, on aime être au courant des derniers résultats. 'Do you know the score of England-Portugal ?', ironise Alex Kapranos à l'entame de « Walk Away »… Si les Franz Ferdinand étaient une équipe de foot, ils seraient sans aucun doute champions du monde : quel groupe aujourd'hui peut se targuer d'avoir autant de force mélodique, d'élégance dans son jeu et de dextérité devant le but adverse ? Quoi qu'ils balancent comme refrains, c'est à chaque fois en pleine lucarne : 'Tuuuuuube !!!', et tout le monde lève les mains en plein délire collectif, c'est la fête, la grande messe pop-rock. Enfin un groupe de qualité qui squatte les charts FM sans tackler et donner des coups de boule. Si les titres du deuxième album peinent quand même à nous faire oublier les hymnes à la « Take Me Out » et « Matinee », difficile de bouder notre plaisir : ces types en chemise rouge assurent le show sur scène, l'air d'assumer pleinement leur statut de rock stars millionnaires. Classe.

… Bon vent à toi, le disco frigidaire ! Les cheveux flottant sous l'impulsion d'un gros ventilateur, Alison Goldfrapp entame ses vocalises sur « Utopia », le premier titre qui fit connaître son groupe en l'an 2000. Depuis lors, la blonde se la joue « Material Girl », disco pouet pouet et bottes en caoutchouc : si « Train », « Strict Machine » et « Ooh la la » s'avèrent de sacrés tubes taillés pour le dancefloor, la sueur qui s'en dégage se révèle quant à elle un peu froide. Pas la peine donc de chercher l'émotion dans ces ritournelles 'morodoriennes' : il suffit de danser, l'esprit ailleurs et le sourire figé.

… Bon vent à toi, la kosmische muzik ! Et si l'on comprenait enfin l'influence prépondérante du krautrock (etc) sur le rock contemporain ? Ecouter Sigur Ros, c'est comme entendre du Amon Düül au milieu du Pôle Nord, avec des baleines qui chantent dans une langue inconnue de la race humaine. Un voile immense dissimule le groupe, qui entame son trip naturaliste par « Glosoli », un machin bien pompier qui fend le ciel de zébrures électriques. Si « Takk », le dernier album des Islandais, pêche par excès de guitares lourdingues, il reste ce zeste de tendresse qui fait qu'on aime Sigur Ros, un peu, voire beaucoup, mais plus vraiment passionnément. Dévote l'ambiance, voire soporifique, c'est selon, et c'est bien là le problème… D'autant que sur la Main Stage, dEUS a décidé de faire péter le son, et donc le rock'n'roll : « Turnpike » vs. « Hoppipolla », « Via » vs. « Popplagid », etc. La bataille fait rage dans nos tympans, qui ne savent où donner du marteau et de la trompe. A la fin le voile redescend, et Sigur Ros gémit en prenant ses guitares pour des violoncelles. Tom Barman, lui, profite de la tribune qu'on lui offre (une tête d'affiche) pour exhorter le public à 'colorer sa ville', bref à combattre le racisme et la xénophobie lors des prochaines élections communales. Pour rappel, un Anversois sur deux vote Vlaams Belang (Vlaamse Blok). Le rock peut-il inverser la tendance ? Réponse le 1er octobre à Anvers, Gand et Bruxelles, en compagnie de dEUS, Arno, Axelle Red, Adamo, Daan, Starflam et co. (etc.), parce que 'la Belgique mérite mieux que l'extrême droite' (www.0110.be). Message bien reçu !

Concours Circuit - Eliminatoires Catégorie Pop-Rock 2006

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Saluées par certains, chahutées par d'autres, les éliminatoires du Concours-Circuit se sont déroulées du 15 au 30 septembre, un peu partout en Wallonie. Cette année, la catégorie 'pop-rock' au sens le plus large du terme était au programme. La bataille a été rude mais, en définitive, le jury a fini par trancher. Quinze noms (sur trente) ont été retenus pour participer aux demi-finales dont les dates sont fixées aux 21, 27 et 28 octobre.

A l'instar de Fred, cher confère de Nameless (www.webzinenameless.net), et pour les mêmes raisons que lui, il est impératif de mentionner la courte liste de mes connaissances ayant participé au concours : Néant! Il faut également souligner que les opinions exprimées dans cette review n'engagent que son auteur. Au moins, ainsi, les choses sont claires. Ce compte-rendu concerne donc mes 10 favoris, répertoriés dans un ordre tout à fait aléatoire.

Nicola Testa a eu la délicate tâche d'ouvrir les festivités. Ses compositions envoûtantes et le côté kitsch et fischerspooner-esque de sa prestation m'ont tout simplement séduits dès les premières secondes. L'un des rares artistes de la compétition que j'irai certainement revoir.

Il en va de même pour RS & La Scoumoune. Du rap bien capitonné qui ferait un tabac dans une salle telle que l'Orangerie du Botanique. Une prestation tout à fait pro et scéniquement au point. Pour quelqu'un qui ne raffole pourtant pas du tout de ce genre de musique, il s'agit d'une véritable révélation. A noter également que leur humilité et simplicité ont, du moins pour ma part, joué en leur faveur.

The Archbishops et Dancing Naked Ladies, sans être foncièrement originaux, ont été les plus efficaces dans la catégorie pop-rock pure (fm). Des riffs bien placés, des compos entraînantes, des vocalises impeccables et un jeu scénique adapté à leur public respectif. Ces deux formations ont su mettre à profit leurs 25 minutes imparties, sans redondance et sans avoir l'air de se faire chier sur scène ; ce qui n'est pas le cas de tous les groupes de cette même catégorie.

Deux autres petits coups de cœurs qui n'ont malheureusement pas impressionné le reste du jury : Spleen Sisters et, surtout, The Yesterday Wolf. Les premiers pour leur approche revival 90s et les seconds pour leur côté Bellrays.

Josie Duflan et les Ponettes Sauvages, également éjectés de ce concours, sont en quelque sorte Les Georges Leningrad belges avec un côté décalé et un humour à la ramasse bien marquants. Par contre, note à l'ingénieur : faudrait y aller mollo côté son.

We Are Not Flowers a joué le rôle d'Ovni dans cette compétition. Et tant mieux pour le duo, qui a soufflé un certain vent de fraîcheur sur l'ensemble de la compétition. Si tout n'est pas forcément en place, il a le mérite d'avoir été le plus original de cette fournée.

Le post-rock planant d'Ojo est passé comme une lettre à la poste. Pas beaucoup de reproches à leur encontre, hormis le fait qu'ils devraient calmer les ardeurs de certains de leurs fans. 'Mais tout cela ne nous regarde pas', comme dirait l'autre.

Enfin, Fractional opère une véritable recherche dans ses beats hypnotiques. Ce jeune homme devrait certainement faire un gros effet dans le circuit des soirées du type 'structure béton'.

En conclusion, suite a mon remplacement par un collègue de Musiczine pour l'une des six dates, il m'est dans l'impossibilité de me prononcer sur les performances de Bern Li, Blue Velvet, The Peas Project, Funk Sinatra et The KMG's. Leur absence dans cette liste n'a donc aucun rapport avec leur prestation. J'ajouterai également, comme j'en faisais part à mes confrères du jury durant les délibérations, que certains des participants, demi-finalistes ou non, devraient prendre des cours d'humilité. On ne citera aucun nom. En espérant, pour leur bien, qu'ils se reconnaissent.

Festival Couleur Café - Jour 1 : Vendredi 30 juin 2006

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C'est sous un ciel très ensoleillé que démarre la 17e édition du Couleur Café sur le site de Tours & Taxis. Considéré par beaucoup comme le meilleur cru du festival, l'affiche de cette année a tenu toutes ses promesses.

Ouverture des festivités en compagnie de Marockin' Brass, savant mélange entre Big Band et musique traditionnelle marocaine. Le public, encore rare, semble toutefois préférer se promener dans les allées du souk ou même visionner le match de foot retransmis sur écran géant, à quelques pas du chapiteau Fiesta, où se déroule ce concert.

Aux environs de 19h, une plus large audience, essentiellement composée d'enfants et de parents, se rassemble sous le chapiteau Univers afin d'assister au show tonitruant de Diam's, qui reçoit un accueil des plus chaleureux. De quoi lui prouver que le public belge est loin d'être à l'image de celui qui la bouda, deux ans plus tôt, à Dour. Après une courte intro, la rappeuse, constamment en interaction avec l'assistance, fait vibrer celle-ci de ses tubes « La Boulette », « Dj », « Marine » ou encore « Suzie ». Rendant fréquemment hommage à ses idoles à l'aide de samples et autres bidouillages, Diam's referme son set au son du tube « Around The World » de Daft Punk, laissant derrière elle des familles conquises.

Un peu plus tard sur la même scène démarre le concert du Malien Toumani Diabaté. Vêtus d'habits traditionnels, l'homme et son groupe débarquent sur les planches du chapiteau afin de servir une musique des plus ensoleillées. Mais leur plus gros défi aura certainement été de retenir le public car, un peu plus d'une demie heure plus tard, se déroulait l'événement du jour…

En effet, bien avant que le show ne démarre, c'est déjà l'effervescence sous le chapiteau Titan. Les 3/4 de la population présente à Tour & Taxis semble s'être concentrée afin d'assister au show du grand James Brown. L'orchestre de l'homme est à peine monté sur scène que, déjà, quelques personnes de mauvaise foi commencent à bousculer les spectateurs, afin de se frayer un chemin à travers la foule – encore plus serrée que dans une boîte à sardines - pour être le plus près possible du podium. Après une longue introduction de l'orchestre, des choristes et du reste de la troupe, le roi de la soul est enfin monté sur les planches pour accorder un set plutôt moyen, démontrant qu'il commençait allègrement à faire son âge. Le souffle court, James Brown laissa principalement son groupe se charger du plus gros du travail. Bref, une prestation correcte, mais sans plus.

Pendant ce temps, le chapiteau Fiesta méritait parfaitement son nom. Les Mexicains de Los De Abajo, presque sans efforts, ont réussi à rameuter tous les festivaliers qui traînaient dans le coin afin de les faire transpirer au son de leur ska énergique. Le groupe a certainement offert une des meilleures prestations de la journée.

Un petit quart d'heure après la fin du concert de Los De Abajo, direction tente Univers, où Cali entre en scène. L'homme enchaîne les titres de ses albums « L'amour parfait » et « Menteur » devant un parterre extatique. On regrettera cependant le manque d'interaction avec ce dernier, hormis quelques remerciements entre les chansons et un joli stage-diving en clôture, pendant la version extra longue du titre « Elle m'a dit ».

La journée s'achève sur le ska-reggae de Burning Spear responsable d'un spectacle dépassant toutes les espérances de ses fans. En effet, l'homme devait achever son concert à 1h30 du matin ; et il était prêt à le prolonger jusqu'au bout de la nuit. A défaut, il offrira à son public plus d'une heure de show supplémentaire, régalant les derniers festivaliers alors sur place.

Une journée chargée donc. Et le festival ne fait que commencer !

 

Les Nuits Botanique 2006 : vendredi 5 mai

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Soirée géographiquement éclectique et musicalement homogène à la rotonde, dans le cadre de des Nuits Botanique. L'espace de quelques heures, le Danemark, le Canada et l'Espagne se sont réunis pour un voyage allégorique en compagnie du Mons Orchestra.

Première étape, le Danemark. Teitur, jeune homme à l'air un peu perdu, s'installe derrière son piano et devant une salle au 3/4 vide. Après une seconde chanson en solo, le Mons Orchestra s'installe tandis que la rotonde commence enfin à se remplir. Teitur enchaîne alors les titres de son album « Poetry & Aeroplanes » pour un public de plus en plus enthousiaste. D'ailleurs, l'artiste aura droit, en rappel, à « You Get Me », composition que le Danois présenta comme un titre expressément écrit pour un éventuel come-back de Whitney Houston. Il aurait juste aimé qu'elle soit au courant.

C'est sans l'aide de l'orchestre montois que les Great Lake Swimmers entament la seconde partie de la soirée. Entre les compositions mélancoliques de l'album éponyme et les paysages bucoliques du dernier né, « Bodies & Minds », les Canadiens parcourent timidement leur répertoire en remerciant de temps à autre leur public avant de disparaître comme ils sont arrivés, non sans oublier d'accorder un petit rappel à ceux qui en redemandaient.

Les véritables vedettes de la soirée furent sans conteste The Sunday Drivers. Illuminant la salle de leur pop ensoleillée et de leur bonne humeur, le sextet régale une salle désormais pleine, des titres enjoués et bon enfant de leur album «  Little Heart Attacks », sorti en avril 2005. Accompagné également du Mons Orchestra, la formation enflamme sans effort le cœur des nombreuses jolies demoiselles espagnoles de l'assistance qui, de toute évidence, étaient les plus enthousiastes. Achevant un set tellement bon qui ne sembla durer que quelques courtes minutes, les chauffards du dimanche ne reviendront que pour un petit rappel durant lequel ils joueront un excellent « Do It », extrait de leur prochain album et présenté pour la première fois en live, ainsi que l'inévitable « On My Mind », repris en chœur par le public.

Un tiercé gagnant donc pour la rotonde qui, même si elle n'était pas pleine à ras bord, devrait laisser le souvenir d'une soirée enivrante en compagnie d'artistes prometteurs à tous ceux qui ont eu la bonne idée de passer par là.

 

The Sunday Drivers (+ Great Lake Swimmers + Teitur). Voyage, Voyage...