Sparks dans la lune

Sparks, éternel laboratoire de la pop, poursuit son exploration de territoires inédits. Après plus de cinq décennies passées à bousculer les codes musicaux, Ron et Russell Mael ajoutent un nouveau chapitre singulier à leur parcours en publiant Live On The…

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Festival au Carré 2025 : vendredi 4 juillet 2025

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Alors qu’elle avait été sacrée Capitale Européenne de la Culture en 2015, la Ville de Mons n’a pas perdu pour autant depuis de son éclat lorsqu’il s’agit de promouvoir la culture au sens large du terme.

Et comme chaque année depuis 1989, à la douceur de l’été, le ‘Festival au carré’ tient ses promesses en matière de réjouissance post Doudou.

En ce début juillet, les rayons du soleil sont plutôt généreux, de quoi vaguer au gré des nombreuses activités proposées. Les badauds déambulent ici et là à la recherche du bonheur absolu.

Et pour être tout à fait transparent, il ne faut pas marcher des kilomètres pour trouver de quoi se satisfaire, les échoppes et autres stands en tout genre se révélant nombreux : fanfare loufoque sur la Grand-Place, acrobates voltigeurs·euses dans les parcs, promenade musicale dans les rues, grands noms de la musique, du théâtre ou de la danse dans les salles et guinguette familiale et artistique au Jardin du Mayeur.

C’est à ce dernier endroit que votre serviteur file tout droit, un site notoire, un peu iconoclaste, sis à deux pas de la Grand Place.

C’est tout simplement féérique. De nombreux arbres plantés dans les années 30 s’imposent comme Maîtres des lieux afin d’y apporter un brin d’ombre providentielle. A moins qu’ils ne soient là pour veiller au grain étant eux-mêmes témoins, parfois depuis plusieurs décennies, des vicissitudes du temps. En tout cas, quel que soit le prisme choisi, entouré de bancs métalliques, l’endroit est propice à la détente et à la réflexion.

Il est environs 19 heures, lorsqu’un groupe étrangement baptisé Wazofou (prononcez oiseau fou) grimpe sur un podium flanqué en fond de parcelle, l’autre, au milieu, étant destiné à la ‘jam’ qui va suivre.

Celui qui drive ce projet n’est autre que Kevin Cools, ancien chanteur des groupes Niitch et Feel, une figure emblématique montoise puisque, non seulement c’est une des chevilles ouvrières du festival, mais il a également pris le relais de Mario Guccio chez Machiavel, à la suite de son décès, en 2018. Et pour la petite histoire, la voix et la personnalité de Cools avaient déjà tapé dans l’oreille de Guccio qui disait de lui qu’il était son ‘fils spirituel’.

Wazofou est né sur les cendres d’un trio fondé en 2014. À l’époque, Kévin avait créé le groupe Feel, en compagnie de Martin Moreau et François Hantson. Grâce à des compos certifiées dans la langue de Shakespeare, et au sommet d’une gloire naissante, la formation s’était même produite dans le cadre du Ronquières Festival. Après une longue séparation, le besoin et l’envie de se replonger dans la musique s’est à nouveau manifesté pour le plus grand bonheur de tous.

Il est accompagné de trois acolytes, un batteur, un bassiste et un autre guitariste. A noter que le drummer originel, Martin Moreau (par ailleurs préposé aux fûts chez Lemon Straw), s’est cassé le bras quelque temps auparavant. Il a donc dû déclarer forfait. La formation l’a remplacé au pied levé par un certain Théo. Et de souligner qu’en seulement trois répétitions, il a assuré une prestation du feu de Dieu.

Si le côté (pop)rock est toujours bien présent, le chant s’exprime en langue française. Parfois, même, en dialecte, le chanteur avouant lui-même parfois ne pas comprendre ses textes, à l’instar de « Le niliste », une compo écrite en 40 minutes seulement mais qui se distingue par une belle et longue intro au piano.

Wazofou, c’est de l'énergie 100% rock à l’état pur, qui navigue quelque part entre projet bien pensé, énergie délurée et esprit rebelle à peine refoulé.

Cools est à la voix ce qu’est le chirurgien au bistouri, un instrument parfaitement maîtrisé. Il y a évidemment l’enveloppe musicale, le plus souvent pétillante et joyeuse, mais également et surtout la personnalité de ce trublion de la (nouvelle) chanson française qui en fait des tonnes afin d’amuser le public, comme sur ce « Tout va bien » et cet orgue en filigrane. Une chanson dans laquelle groupe et public dansent en parfaite osmose.

Il y aura aussi des moments plus calmes et solennels, à l’instar de « Exister », une ballade aigre-douce aux relents poisseux ou encore « Terre », permettant à Cools de montrer toute la puissance de ses vocalises dans les aigus.

Le set n’a duré qu’une petite heure. Suffisant pour les uns, se satisfaisant d’une exploration musicale sans fond. Quant aux autres, gangrenés par la frustration d’un sentiment d’inachevé, il faudra là aussi malheureusement s’en contenter.

« C’est la vie » prend alors le relais d’une fin annoncée, une chanson qui permet aux guitaristes de belles envolées d’accords et de gammes en tous genres.

On retiendra aussi la spectaculaire reprise de « Requiem pour un con » du regretté Gainsbourg. Un moment de grâce, le chanteur s’affranchissant ouvertement d’insultes (second degré) à l’égard d’un public médusé. Mais pour la bonne cause évidemment !

Incarnant un groupe local complètement déjanté, Wazofou tient les promesses d’un rapace avide de sens et d’espace…

(Organisation : Surmars)

 

Sparks

Audacieux, au risque de ne pas toujours provoquer des étincelles…

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Sparks, le duo américain formé par les frères Ron et Russell Mael, voit le jour à Los Angeles en 1968. Après avoir été l’un des groupes clés du glam rock, Sparks décide d’évoluer vers la synthpop et la new wave, s’inspirant notamment des productions disco. Produit par Giorgio Moroder, son huitième album, « No. 1 in Heaven », devient un succès critique et commercial en 1979. Toujours en constante évolution, changeant de style à chaque nouvel elpee, le tandem continue de sortir des disques avec régularité et se produit toujours sur les planches, plus de cinquante ans après ses débuts. Ron, impassible derrière son clavier, vêtu de son éternel costume noir, n’a pas changé à 80 ans. Son frère Russell (77 ans) est réputé pour sa voix impressionnante ainsi que ses prestations scéniques flamboyantes et hyperactives, contrastant fortement avec la rigidité de Ron Mael. Il arbore toujours des tenues excentriques et colorées.

Malgré une actualité pesante, notamment aux États-Unis, les frères Mael ont donc gravé un vingt-huitième opus, baptisé « Mad ! », ce 23 mai 2025, dont ils vont aujourd’hui nous présenter de larges extraits. » Un disque qui joue habilement sur la polysémie du mot : à la fois synonyme de folie et d’une colère sourde - un reflet juste de notre époque troublée. Le contexte est tendu : les incendies qui ont ravagé Pacific Palisades, leur quartier natal à Los Angeles, et la présidence controversée de Donald Trump nourrissent leur inspiration.

Comme en 2023, lorsqu’elle était venue présenter son avant-dernier long playing, « The Girl Is Crying In Her Latte », la paire revient au Cirque Royal, pour défendre son dernier opus. Il s’agit peut-être de sa dernière apparition en Belgique : Russell Mael signale lors d’une interview qu’aucun nouvel album n’est prévu pour l’instant. Le duo préfère désormais se concentrer sur la sortie et la production de son film « X Crucior ». 

Aucun supporting act n’est prévu. De nombreuses lampes leds à l’intensité lumineuse puissante sont insérés dans des énormes box rectangulaires entourés de barrettes de petites leds placées en hauteur par quatre et neuf rangées à l’arrière, entourent les artistes.

Une musique orchestrale symphonique intense résonne dans la salle et marque l’entrée du groupe. Sur une estrade surélevée au fond de la scène, prennent place en ligne : deux guitaristes, un bassiste et un drummer. Ron s’installe en front de podium, assis devant son clavier. Russell Mael s’adresse alors au public bruxellois en français, comme d’habitude : ‘Bonjour Bruxelles, est-ce que nous pouvons commencer le show ? Nous sommes les Sparks. Je vous présente mon frère Ron, et moi, je suis Russell ‘ avant d'entamer le très approprié « So May We Start », extrait de la musique du film « Annette », qui a été primé au Festival de Cannes.

Mais, c’est le très nerveux « Do Things My Own Way » qui donne le ton : un véritable cri du cœur, une déclaration d’indépendance artistique. En concert comme en studio, une chose est sûre : les Mael restent fidèles à eux-mêmes et ne cessent d’innover.

Le groupe prend une direction radicalement différente dès « Reinforcements », un virage audacieux mais fidèle à l’esprit de sa discographie, qui regorge de ces ruptures inattendues. Cette compo nous entraîne dans une sorte de vaudeville décalé, contrastant vivement avec l’explosion de tempo de « Academy Award Performance ».

« Goofing Off » est porté par un délicieux riff de guitare, évoquant des instruments venus tout droit du Moyen Âge. Un contraste saisissant, surtout à cause de ces cordes enregistrées sur bande en introduction. Un choix aussi étrange qu'intrigant. Sparks revient ensuite à l’univers de « No. 1 Song In Heaven », caractérisé par ses rythmes dansants et ses synthétiseurs entraînants, sur l’énergique « Beat The Clock ».

« Suburban Homeboy », déclamé par Ron Mael, s’avère d'une ironie cinglante et « All You Ever Think About Is Sex » est tout simplement hilarant. On a également droit à la célèbre marche robotisée de Ron ; ce moment où il se lâche brièvement, pour ensuite retourner bien sagement vers ses claviers, impassible comme toujours.

Certaines des nouvelles compositions du dernier LP passent mieux en ‘live’ que d’autres. « Running Up A Tab At The Hotel For The Fab » sonne différemment de la version studio, et il faut un certain temps pour s’y habituer. Et que ce soit sur « MAD » ou en public, « JanSport Backpack » reste un peu agaçant. Il n’est pas facile à facile à digérer en concert, même si l’interprétation live s’avère légèrement supérieure.

Cependant, parfaitement choisi, « Music That You Can Dance To » fait littéralement exploser la fosse en une joyeuse ébullition dansante.

Le set, brillamment construit, accompagne l’ambiance avec des sonorités électroniques irrésistibles, notamment sur « When Do I Get To Sing "My Way” ». Même le stoïque Ron Mael se laisse emporter, esquissant quelques-uns de ses meilleurs pas de danse sur « The Number One Song In Heaven », pour le plus grand plaisir du public. Un moment aussi hilarant qu’inattendu. D’autant plus que ressentant des bouffées de chaleur, il a besoin d’un ventilateur pour se rafraîchir.

Grâce à l’énergie entraînante propre à la formation et à la voix toujours remarquable de Russell, « The Girl Is Crying In Her Latte » rallie, une nouvelle fois, tous les suffrages.

A l’instar des trois shows précédents accordés en Belgique, « All That » sert de clap de fin. Un ultime adieu livré avec intensité et une émotion palpable.

Sparks a présenté, au Cirque Royal, plusieurs morceaux inédits, inégalement appréciés. Mais pour le reste du concert, le duo a exploré sa vaste discographie, proposant, une nouvelle fois, une sélection de chansons largement différente de celle des tournées précédentes…

Setlist : « So May We Start », « Do Things My Own Way », « Reinforcements », « Academy Award Performance », « Goofing Off », « Beat The Clock », « Please Don’t Fuck Up My World », « Running Up A Tab At The Hotel For The Fab », «  Suburban Homeboy » (lead vocals by Ron), « All You Ever Think About Is Sex », « Drowned In A Sea Of Tears », « JanSport Backpack », « Music That You Can Dance To », « When Do I Get to Sing "My Way" », « The Number One Song in Heaven », « This Town Ain't Big Enough For Both Of Us », « Whippings And Apologies « ,  « Lord Have Mercy ».

Rappel : « The Girl Is Crying In Her Latte », « All That »

(Organisation : GRACIA LIVE)

Lathe Of Heaven

L’aurore de Lathe of Heaven…

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Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires.

En attendant, la formation a partagé le single « Aurora », une compo hymnique, portée par des tambours fracassants et des guitares argentées. Le chanteur Gage Allison explique que la chanson est vaguement inspirée par une nouvelle d'Arthur C. Clarke intitulée ‘If I Forget Thee, O Earth...’  Réalisée par Devan Davies, la vidéo du single fusionne des références au cinéma d'art et des effets glitch.

Le long playing est une expansion audacieuse de la palette sonore et thématique de Lathe of Heaven, se déroulant comme une série de vignettes émotionnelles vives. Il incorpore des influences du post-punk britannique et finlandais des années 80, combinées à des nuances subtiles du pop underground des années 90 et contemporaines. Enregistré sous la houlette de Ben Greenberg et masterisé par Brad Boatright, l'album est inspiré par le rock mélodique de The Cure, le post-punk gothique de Musta Paraati et les voix et riffs de guitare art pop de A Flock of Seagulls.

« Aurora » aborde des thèmes lourds tels que l'anticolonialisme, la diversité et l'égalité, inspirés par les romans d'Ursula K. le Guin, Octavia Butler, Greg Egan et Peter Watts. Chaque morceau offre une perspective différente sur le son évolutif du groupe et son lyrisme profondément réfléchi.

La vidéo d’« Aurora » est à voir et écouter ici

 

 

Will Paquin

Le rire de Will Paquin

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Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock.

En attendant, il a partagé deux singles, « Hahaha » (le titre maître) et « I Work So Hard », que Paquin a commencé à l'école secondaire et qui reflète ses influences psychédéliques puisées chez Ty Segall, Oh Sees et les Beatles, mais recontextualisée dans l’univers contemporain. Paquin y parle de prendre conscience de sa propre fausse productivité.

Paquin avait l'habitude d'écrire en isolement, mais « Hahaha » marque sa sortie de cette solitude. Le long playing est fort, brut, chaotique et plein de vie, recelant des morceaux conçus pour enflammer une foule. Le passage de la solitude à la communion est un thème récurrent dans l'œuvre, écrite en grande partie pendant qu'il était en tournée.

L'album est une collection d'idées, de sons et de textures plus expérimentales que Paquin a nourris pendant des années

Restant indépendant et libre de toute contrainte de label, Paquin a pris le contrôle créatif total, produisant l'album avec son ami d'enfance William Levin. Les touches finales ont été apportées par Nathan Boddy et Mike Bozzi.

« I work so hard » est disponible sous forme de clip ici

 

 

The Besnard Lakes

La nation fantôme de The Besnard Lakes…

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Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables dans la musique moderne.

Jace Lasek, co-chanteur, explique que le titre de l'album est symbolique de l'époque actuelle, évoquant la mort des nations et la menace que le Canada devienne le 51ème état. Le groupe a enregistré l'elpee dans une grange magnifique aux Lost River Studios, dans les bois des Laurentides, en compagnie de certains membres de leur famille. Le résultat est une collection ludique mais réfléchie de sons psychédéliques, mixée par Lasek au Rigaud Ranch Studio.

Le premier extrait de l'album, « In Hollywood » (clip ici), remonte à 2010 et à l'époque de « ...are the Roaring Night ». Olga Goreas, co-chanteuse, se souvient que cette mélodie circulait dans l'esprit de Jace depuis de nombreuses années. Le long playing est considéré comme un autre voyage fascinant et peut-être leur meilleur à ce jour.

 

 

Sprints

Tout est fini pour Sprints…

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Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été salué pour son intensité et son impact.  

Le nouvel opus, « All That Is Over », explore de nouveaux territoires musicaux tout en conservant l'énergie brute du band. La première chanson, « Descartes », s'inspire d'une phrase de Rachel Cusk et transforme la célèbre citation de Descartes en ‘Je parle donc je comprends’. La chanteuse Karla Chubb utilise l'écriture comme un outil pour comprendre le monde.

L'elpee a été écrit dans un contexte de bouleversements personnels et mondiaux, et cherche à donner un sens à une société en crise.

La vidéo de « Decartes » est disponible

 

 

TOPS

La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

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TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres de leur art mélodique.

L’opus 'album aborde des thèmes tels que le bonheur, l'hédonisme et l'autodestruction, souvent à travers des personnages fictifs mais inspirés d'observations personnelles. Le single "Chlorine" évoque une ballade d'amour vide, mêlant nostalgie et toxicité. Jane Penny explique que la chanson s'inspire de ses expériences personnelles avec des relations toxiques et des souvenirs de son enfance à Edmonton.

Émergeant de la scène DIY de Montréal au début des années 2010, le quatuor a su maintenir une écriture honnête et une dynamique de groupe impeccable. Jane Penny, la voix du groupe, est une auteure-compositrice et productrice influente, tandis que David Carriere, Riley Fleck et Marta Cikojevic apportent chacun leur touche unique à la musique de la formation. Ensemble, ils forment un combo ambitieux qui atteint un niveau d'élite de précision pop.

"Bury the Key" est un long playing prismatique, ancré par la douleur et le plaisir, reflétant les joies compliquées de la vie et de notre époque.

En attendant, TOPS a partagé le clip “Falling on my sword”. Et il est disponible sous forme de clip

 

The Beths

Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

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The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril, il avait déjà dévoilé un premier single intitulé "Metal" et annoncé une tournée mondiale cet automne. Le thème principal de son quatrième album est le vertige existentiel, soulignant que la vie et le développement personnel sont cycliques et continus. Elizabeth Stokes explique que la progression linéaire est une illusion et que la vie est en réalité une question de maintenance.

Le 24 juin, le groupe a également sorti le titre "No Joy", où Elizabeth Stokes aborde ses problèmes de santé mentale et les compromis émotionnels. Elle parle de l'anhédonie, une absence de plaisir, qui était présente à la fois dans les pires moments de sa dépression et lorsqu'elle se sentait engourdie par ses médicaments. Elle explique que même si elle ne se sentait pas triste, elle n'aimait plus les choses qu'elle aimait auparavant.

Le clip de "No Joy" est à voir et écouter ici

 

The Maccabees

Un retour gagnant…

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Séparé en 2017, The Maccabees s’est reformé en 2024 pour accorder une prestation en tête d'affiche à All Points East, dans la banlieue londonienne. Ce set a marqué le début d'une série de concerts préparatoires à travers l'Europe avant son passage à Glastonbury.

Originaire du sud de Londres, le band est devenu notoire pour sa narration émotive et sa musicalité ciselée. The Maccabees a durablement marqué la scène rock indépendante britannique à travers ses quatre elpee sculptés dans un post punk, qu’il teinte parfois de folk.

La première partie est assurée par le jeune troubadour anglais, Willie J. Healey. A son actif, trois opus, dont le dernier, « Bunny », remonte à 2023.

Il est seul sur les planches, armé d’une guitare semi-acoustique. Et pas de boîte à rythmes, comme il a pourtant l’habitude de se servir.

Impossible de ne pas aimer Willie J. Healey. Sa musique est vive et facile à écouter, relevant vaguement du genre indie/folk alternatif. Son style n'est pas vraiment révolutionnaire, mais ne manque pas de charme et surtout passe bien la rampe : ses paroles et sa musique sont bien écrites, et il compose d'excellents morceaux

Il combine avec brio l’esprit de Neil Young, des Beatles et d'Elvis Costello, tout en ajoutant une touche contemporaine de funk, probablement empruntée à David Bowie. Willie J Healey chante l’amour sous toutes ses formes et il est parvenu à dispenser un set sympa, malgré la chaleur étouffante qui règne dans la salle (page ‘Artistes’ ici). 

Setlist : « She's Heroin », « Little Sister », « True Stereo », « Sure Feels Good », « Heavy 94 », « My Room », « The Apple », « Songs For Joanna », « Fashun »

Les fans se pressent contre le podium, en attendant son groupe fétiche. Dès son entrée en scène, The Maccabees est vivement acclamé, et notamment, son chanteur compositeur Orlando Weeks. Le line up implique les frères Hugo et Felix White à la guitare, Rupert Jarvis à la basse et Sam Doyleaux aux drums. Depuis 2010, Will White les accompagne en ‘live’, aux synthés.

Puissant mais contrôlé, le light show souligne la présence scénique du combo et immerge immédiatement les premiers rangs dans une ambiance électrique.

La formation ouvre son concert par « Latchmere » et « Lego », extraits de son premier long playing, paru en 2017, « Colour It In », suscitant une vague de nostalgie instantanée. Felix White, visiblement exalté, enflamme la foule en hurlant : ‘On est les putains de Maccabees !’ D’ailleurs, tout au long de la performance, interactif, il n’a de cesse d’entretenir une connexion intense avec le public, l’incitant à chanter fort sur « Precious Time » ou à donner le meilleur pour fêter ce grand retour.

L’accueil de l’auditoire est à la hauteur de l’événement : enthousiaste, ému, profondément reconnaissant. Orlando, de sa voix aérienne et maîtrisée, s’accompagne à la gratte semi-acoustique sur plusieurs morceaux.

Subtilement construite, la setlist propose un bel équilibre entre extraits des quatre albums et titres phares. Les tubes s’enchaînent, portés par l’alchimie redoutable des deux sixcordes et pimentés par la voix magnétique d’Orlando. Au fil du temps, l’intensité du show ne fait que croître, le groupe démontrant une efficacité redoutable, tant sur le plan sonore que scénique.

Le son, fidèle à la réputation du groupe, est impeccable. « Kamakura » nous réserve un moment de grâce. En retrait, Orlando laisse les guitares apaisées envelopper l’auditoire dans une atmosphère envoûtante. Un instant suspendu, comme un souffle retenu au cœur d’un concert incandescent. Le titre éponyme du dernier elpee, « Marks To Prove it », fait mouche. Le band a visé juste. Les sixcordes sont furieuses et les chœurs s’envolent. Un petit bijou qui nous entraîne dans une danse déchaînée. Jusqu’à l’explosion des drums. Cette chanson frôle la perfection, alors que la voix d’Orlando guide les siens à travers toutes les dissonances.

« Pelican » achève brillamment le show. Moment choisi par les guitares pour décoller, à nouveau.

On regrettera, néanmoins, la pop mièvre de « Feel To Follow », qui a dû ravir, cependant, les fans de… Coldplay voire de Foals.

Cette célébration de la joie s’est transformée en fête vibrante de la musique, de l’amitié et de la communauté fidèle qui s’est formée autour de la formation au fil des ans. Un rendez-vous rare, chargé d’émotion, pour raviver la magie d’un groupe qui a marqué au fer rouge toute une génération de rock indépendant…

Setlist : « Latchmere », « Lego », « X-Ray », « Feel To Follow », « Kamakura », « Wall Of Arms », « First Love », « Precious Time », « Can You Give It », « Spit It Out », « No Kind Words », « Marks To Prove It », « Grew Up At Midnight », « Something Like Happiness ».

Rappel : « Toothpaste Kisses », « Love You Better », « Pelican »

(Organisation : Live Nation)

Hellfest 2025 : du jeudi 19 au dimanche 23 juin

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Un bilan s'impose après quatre jours passés au Hellfest, un festival qui a bien mérité son nom cette année ! Entre la programmation enflammée et une chaleur digne des enfers, l'édition 2025 a été mémorable.

Le festival a subi une véritable métamorphose. L'entrée a été entièrement repensée et accueille désormais les festivaliers sous une arche gigantesque, défendue par la désormais célèbre Gardienne des enfers. Cette imposante machine donne le ton dès l'arrivée.

Parmi les autres nouveautés notables, on découvre le restaurant ‘Hellcity’, parfait pour une pause gourmande loin du tumulte des scènes.

Nouvelle zone nichée près du Metal Corner, la Purple House abrite une scène à 360° en forme de cage.

L'ancien emplacement de la gardienne a laissé place aux anciens très appréciés brasiers, parfait pour s'isoler de la foule des main stages ou pour se réchauffer si toutefois on en ressentait le besoin lors des températures caniculaires.

Heureusement, l'organisation est parvenue à gérer cette chaleur extrême en proposant des aménagements bienvenus : arrosage des festivaliers, gourdes autorisées, et points d'eau en libre accès, même si on en aurait apprécié quelques-uns de plus pour fluidifier les files d'attente.

Jour 1 : Le festival démarre en force. La Valley vibre grâce au doom des Suisses de Tar Pond, du stoner de Slomosa, et surtout du noise rock de Chat Pile, qui nous offre un set incroyable d’une quinzaine de morceaux. L'occasion de parfaire sa culture cinématographique grâce aux suggestions du chanteur qu'il partage entre chaque titre.

La journée est également marquée par les performances énergiques de Soft Play (anciennement Slaves) et de Jinjer, qui bénéficie de la technique incomparable de ses musiciens et la voix impressionnante de Tatiana Shmayluk. Impossible de ne pas mentionner Sunn O))), dont les décibels sont les seuls à grimper plus haut que le mercure du thermomètre par cette chaleur caniculaire, et Orange Goblin, les légendes du stoner qui, depuis 1994, n'ont rien perdu de leur superbe. 

Jour 2 : Cette deuxième journée est dominée par la Valley. Wormsand ouvre le bal, suivi par Crippled Black Phoenix. Un des moments forts est incontestablement le concert de Pentagram, dont les expressions de l'iconique Bobby Liebling continuent de fasciner. Mais le clou du spectacle demeure Hermano, le ‘very special guest’ mené par le légendaire John Garcia.

Petite incartade à la Warzone pour assister au concert des Sex Pistols, qui se distingue par l'énergie débordante de Frank Carter. Si la rencontre des deux semble une bonne idée, l'alchimie tant espérée s’est révélée laborieuse.

Jour 3 : Le hardcore est à l'honneur en compagnie de Pest Control, Spy, Nasty, et Terror. Mais le black metal n'est pas en reste, à travers les prestations des Sibériens de Grima et des étoiles montantes Agriculture.

La soirée atteint alors son apogée et on va se prendre deux claques mémorables. La première grâce à Deafheaven, qui confirme tout le potentiel de son dernier album "Lonely People with Power", en livrant une performance irréprochable. Ensuite, Russian Circles, les maîtres du post-metal, auteurs un set parfait, comme d’habitude.

La journée s'achève par le très attendu Turnstile, porté par son nouvel opus, "Never Enough".

Jour 4 : Déjà le dernier jour ! La dernière ligne droite commence pour nous sur la Warzone pour y accueillir le punk hardcore de Gouge Away suivi, sur la Temple, par l’expérimental Aluk Todolo. La journée est aussi marquée par l'ambiance potache de Gutalax, dont les aficionados, vêtus de combinaisons blanches, sont armés de brosses de toilettes badigeonnées de chocolat.

Les indétrônables Walls of Jericho dispensent un des meilleurs sets de l'édition sur la Warzone, prouvant qu'ils n'ont rien perdu de leur énergie depuis leur dernier elpee, paru en 2016. En face, sur la Valley, Jerry Cantrell et Greg Puciato nous offrent un concert tout aussi qualitatif.

Mais le véritable rouleau compresseur de cette édition n’est autre que Knocked Loose. Pendant qu'une partie des festivaliers regarde et écoute Linkin Park, la formation américaine a tout simplement imposé sa suprématie sur la Warzone. Enchaînant sans répit "Blinding Faith", "Don't Reach for Me" et "Mistakes Like Fractures", elle a instantanément conquis le public. Le set s'est achevé sur "Everything is Quiet Now", mettant un point final grandiose à cette édition.

Lorsque les dernières notes sont jouées, le décor fait jaillir ses dernières flammes tandis que la foule se disperse vers le camping et les dernières navettes avant que le Hellfest n'éteigne ses dernières lumières. Le festival est déjà terminé et il ne nous reste plus qu'à attendre l'édition de l'année prochaine.

Rendez-vous du 18 au 21 juin 2026. Le prochain Hellfest affiche déjà sold out pour ses pass 4 jours mais les plus chanceux pourront peut-être encore mettre la main sur des pass 1 jour. Gardez l'œil ouvert pour ne pas manquer leur mise en vente !

Que vous souhaitiez faire un rattrapage ou revivre une partie du festival, n'oubliez pas que bon nombre des concerts de cette année restent visionnables sur Arte Concert (voir ici)

Et pour les photos, c’est

(Organisation Hellfest)

 

 

Winter

Winter adults only ?

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Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme ‘Frankenstein’ de Mary Shelley et des comédies romantiques des années 90, est une lettre d'adieu à son temps à Los Angeles. Il a été enregistré sous la houlette de son collaborateur de longue date JooJoo Ashworth et mixé par Henry Stoehr.

L'opus s’ouvre par une introduction délicate avant de passer à une attaque musicale complète sur la compo "Just Like A Flower". Samira Winter, la chanteuse-compositrice et guitariste, décrit cette chanson comme capturant l'essence de la rêverie dans sa chambre. Le clip vidéo de ce morceau a été filmé à Los Angeles, ajoutant une couche de nostalgie et de vulnérabilité.

Winter, qui a grandi à Curitiba, au Brésil, et a déménagé à Los Angeles en 2013, a trouvé un sentiment d'appartenance dans la communauté rock DIY de la ville. Cependant, elle a ressenti le besoin de changer de décor pour faciliter sa croissance personnelle, ce qui l'a amenée à déménager à New York.

« Adult Romantix » explore les souvenirs et la nostalgie de ses 20 ans à Los Angeles, tout en abordant des thèmes de romance pure, d'autosabotage regrettable et de contemplation profonde. L’œuvre est marquée par des vagues de pédales de distorsion et des guitares acoustiques en accord ouvert, créant une ambiance à la fois douce-amère et introspective. 

Le clip de « Misery (feat. Horse Jumper of Love) est disponible ici et celui de « Just like a flower »

 

 

Guerilla Toss

Les bizarreries de Guerilla Toss…

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Guerilla Toss a annoncé la sortie de son nouvel elpee, "You’re Weird Now", le 12 septembre chez Sub Pop. Cet album, le cinquième du groupe et le deuxième pour Sub Pop, est une déclaration joyeuse sur la créativité. En enregistrant cet LP dans le Vermont, la chanteuse Kassie Carlson préparait des ‘punk lunch’ avec des ingrédients aléatoires du frigo du studio. Stephen Malkmus et Trey Anastasio ont participé à ces sessions, Malkmus comme producteur.

La formation a également partagé une vidéo animée pour leur nouveau single "Red Flag to Angry Bull", mettant en vedette un duo entre Malkmus et Carlson, et un solo de guitare d'Anastasio. Ce single suit "Psychosis Is Just a Number", un hymne no-wave sur le fait de rester présent dans le chaos.

Le clip d’animation de “Red Flag to Angry Bull” est disponible ici et de “Psychosis Is Just a Number” là

 

 

Wednesday

Les blessures de Wednesday…

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Wednesday a annoncé la sortie de son nouvel opus, « Bleeds », prévue pour le 19 septembre via Dead Oceans. Cet elpee opère le lien entre curiosité et confession. Karly Hartzman, fondatrice et parolière principale, attribue la maîtrise accrue de l'identité du groupe au temps passé à collaborer sur des long playings précédents et à un emploi du temps de tournée intense. Elle considère « Bleeds » comme le successeur spirituel de « Rat Saw God » et l'album par excellence de « Wednesday Creek Rock ».

La chanson « Wound Up Here (By Holdin On) », sortie avec une vidéo de Joriel Cura, est inspirée d’une histoire racontée par un ami de Hartzman. Le mois dernier, la formation a partagé le single « Elderberry Wine », interprété lors de ses débuts à la télévision dans ‘The Late Show with Stephen Colbert’.

« Bleeds » a été enregistré à Drop of Sun à Asheville et produit par Alex Farrar. Hartzman et ses camarades de groupe ont travaillé en équipe pour étoffer les compositions avec des éléments de vérité country, d’accroches indie-pop et de grunge, guidés par le lyrisme de Hartzman.

Le clip de « Wound Up Here (By Holdin On) » est disponible ici

 

Forth Wanderers

Les prolongations de Forth Wanderers…

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Forth Wanderers sortira son troisième album, « The Longer This Goes On », le vendredi 18 juillet 2025. Produit par Dan Howard et mixé par Al Carlson, il s’agite sa première production depuis l’opus éponyme, gravé en 2018.

Le groupe insiste sur le fait qu'il n’est pas de retour, mais que les musiciens se sont réunis pour enregistrer dix nouvelles chansons. Ils ont réimaginé leur processus de création musicale, travaillant de manière plus collaborative. L'elpee propose des mélodies brillantes, des harmonies vocales et des rythmes variés, montrant une maturité et une assurance accrues.

Les chansons de l'elpee reflètent leur croissance personnelle et leur évolution musicale. Ils explorent différents styles, du blues au country, tout en conservant leur son distinctif. Les paroles d'Ava Trilling sont honnêtes et poignantes, abordant des thèmes de l'amour et de l'incertitude.

Forth Wanderers ne sait pas encore ce que l'avenir lui réserve, mais ce long playing capture un moment précieux de son parcours musical. Les musicos font de la musique à leurs propres conditions, sans pression extérieure.

Le clip d’animation de « Bluff » est disponible ici et celui de « 7 months »

 

 

Yungblud

Les idoles de Yungblud…

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Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force.

Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié.

Dès « Hello, Heaven, Hello », fresque opératique de neuf minutes, Yungblud impose un ton grave, introspectif, presque mystique. Le morceau, sorte de rituel de renaissance, explore la solitude, la quête d’identité, l’appel à un soi oublié : ‘Hello, are you in there ?’. Lentement, il construit une montée cathartique, entre théâtralité et mise à nu. La chanson, à la mise en scène soignée, semble hors du temps, affranchie des carcans commerciaux.

Les morceaux suivants, comme l’émouvant « Zombie », le percutant « Monday Murder » ou encore l’explosif « War », révèlent une palette musicale riche et une maturité grandissante. Dominic Harrison, de son vrai nom, fait preuve d’une grande versatilité, alliant fougue juvénile et expérience acquise, pour proposer un album généreux, intense et parfaitement maîtrisé.

« Idols » s’impose ainsi comme un témoignage fort du talent de Yungblud, à un moment charnière d’une carrière plus prometteuse que jamais. En gravant « Idols », Yungblud tire un trait sur son passé et se réinvente. Ce nouveau chapitre s’ouvre par un adieu : celui de Dom aux postures qu’il a lui-même érigées depuis ses débuts. Fini l’adolescent en colère, porte-voix d’une jeunesse queer, figure rebelle figée dans une image devenue cliché. Il le reconnaît : il était devenu ‘cette photo accrochée au mur’. Cet opus marque la fin de cette époque. Exit les refrains calibrés pour Tik Tok, les gimmicks aguicheurs. Ici, c’est une vision d’artiste qui s’impose.

Mais « Idols » ne se limite pas à l’introspection. C’est aussi une lettre d’amour au rock britannique. Passionné par le son analogique et le récit musical, Yungblud y convoque ses héros : Bowie, Queen, Oasis… L’album entier résonne comme un hommage ambitieux, une traversée de l’histoire musicale anglaise, tout en affirmant une voix propre, sincère, risquée. Avec « Idols », Yungblud Ne cherche plus à plaire. Il cherche à marquer.

La vidéo du clip « Hello, Heaven, Hello » est disponible ici

et celle de « Zombie » 

 

 

Tropical Fuck Storm

Le chaos organisé…

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Quatuor australien majoritairement féminin, très potes avec leurs prolixes compatriotes de King Gizzard and the Lizard Wizard, Tropical Fuck Storm est moins fécond. Et pour cause, « Fairyland Codex » constitue ‘seulement son cinquième opus en neuf ans d'existence.

Un disque au sein duquel figurent les ingrédients typiques de son maelstrom musical - indie rock, punk, reggae, jazz et blues - qui semble, pour la circonstance, naviguer dans l’œil plus calme du cyclone. Un elpee ‘presque’ apaisé donc, au chaos apparemment plus structuré, dont nous parle le seul membre masculin : le guitariste et chanteur Gareth Liddiard.

Qu’évoque la chanson « Joe Meek Will Inherit The Earth » dont le refrain est ‘Charity Begins At Home’ ?

Ce titre possède des références bibliques, à l’Apocalypse, au Livre de la Révélation, à l’agneau aux sept yeux et sept cornes…

Tout le monde manifeste aujourd’hui, que ce soit le 6 janvier en Amérique dans le cas de la droite extrême, voire des ‘black blocs’, pour la gauche radicale, toujours dans une atmosphère apocalyptique. Tous se comportent comme des moines-guerriers, prêts à combattre. 

Cette chanson proclame que le chemin vers l’enfer est pavé de bonnes intentions, chacun défendant une vision utopique de la société, à partir d’un point de vue particulier…

Mais, finalement, nous avons juste tenté d’écrire une chanson qui ressemble au « Smooth Operator » de Sade. Y a-t-il un meilleur sujet pour se référer à l’apocalypse (rires… jaunes) ?

Quelle est la signification de « Dunning Kruger’s Loser Cruiser », single qui figure sur cet elpee ?

‘A loser cruiser’, c'est un mot d'argot australien pour désigner un bus... C'est une supplique pour se procurer un peu de solitude, dans une société où désormais tout est public dans l'existence.

Votre portefeuille est sur votre téléphone, tout comme votre identité. Le monde vous scrute. Cette chanson exprime le souhait d'être oublié, ce qui est désormais un luxe. Juste être un ‘non-existant’ et ne pas être jugé.

Être ‘down under’ vous permet-il d’accomplir des acte renversés et renversants, lorsqu’on a la tête en bas (head over heels) ?

(Il rit) Oui, jusqu'à un certain point. Il existe une excellente citation de Tom Waits relative à la création musicale. Il recommande à peu près ceci : ‘Ce que tu fais doit être unique et, pour y parvenir, apprends d'abord à voler. Ensuite, apprends à voler à l'envers !’

Notre musique sonne un peu comme celle de Tom Waits ou Captain Beefheart, voire, dans un autre style comme celle des B-52's.

Par ailleurs, vu que nous vivons en Australie, nous sommes éloignés de tout. A Bruxelles ou Paris, vous êtes dans le monde, contrairement à nous. Nous n'allions pas assister aux concerts der Stan Getz, des Rolling Stones, des Beatles ou du Led Zeppelin...

Nous ne nous nourrissons de rien et sommes forcés de nous alimenter nous-mêmes. On peut se sentir frustrés d'être ainsi éloigné de tout ; puis, dépasser son désespoir en réalisant que l'on peut tout se permettre, y compris les approches musicales les plus extravagantes...

Ce que vous proposez est une sorte de chaos organisé ?

Le meilleur des chaos, parce que nous le plaçons dans une structure, comme on insère une photo dans un cadre. Nous mettons ce chaos au milieu du rythme de la charpente d'une chanson pop. Elle se transforme en quelque chose d’intéressant, intégrant de la folie et du... chaos. De la même manière que Sade peut adopter des airs suaves comme « Smooth Operator » ... (rires)

Vous paraissez obsédé par Sade.

Nous l'étions en enregistrant ce dernier album, ce qui était assez amusant. Sade est tellement attirante... Il est difficile de l'être à ce point.

Vous pouvez interviewer un large éventail de groupes ou d'artistes, ils seront tous d'accord sur ce point. Si vous interrogez Slash ou d'autres musiciens du style, ils vous répondront à quel point il est difficile d'être extrêmement heavy. Mais ils seront unanimes pour affirmer qu'il est pratiquement impossible d'être aussi attirante que Sade, de l'être à un point qui conduit à un art raffiné.

Plus sérieusement, le cancer du sein de Fiona Kitschin, bassiste et cofondatrice du groupe, a-t-il eu un impact sur votre musique ?

Oui. Si nous avions été plus jeunes, nous l'aurions évoqué dans nos chansons. Mais nous nous sommes retrouvés dans l'urgence ; nous avons pris beaucoup de temps pour nous occuper de Fiona, de son traitement. Et le temps est l'essence même, puisqu'il n'est pas infini.

C'était vraiment chiant, parce que nous sortions à peine de la pandémie. Nous avions ce nouveau projet Tropical Fuck Storm dans lequel nous voulions totalement nous impliquer, tourner après la COVID, profiter du bon temps... Bref, être actifs !

Le cancer de Fiona se déclenche et soudain, nous sommes de retour à la case départ. Et bien entendu, cette tumeur se révèle d'un autre calibre que cette grippe, même si elle était sévère.

Cette maladie a affecté notre production, depuis que nous avions vraiment goûté le moment de jouer en groupe.

Ce nouvel album est d'ailleurs moins foutraque et complexe, plus direct, parce que nous voulions juste prendre nos instruments et profiter d'être tous ensemble. Nous souhaitions donner l'impression d'être en live... prouver que nous étions en vie.

Tropical Fuck Storm est composé de trois filles et un garçon. Qu’est-ce que ça change ?

C'est différent. Les filles sont différentes des garçons dans la manière dont elles communiquent leurs émotions. Elles les affrontent et les expriment plus franchement ; ils les abordent indirectement. Ce qui ne signifie pas que la communication directe et émotionnelle féminine pacifie tout.

D'autre part, les femmes sentent différemment et meilleur que les hommes... mais se droguent autant qu'eux (rires).

Les filles sont de même tout aussi amusantes que les garçons. Leur humour est un peu différent. L’humour des hommes se pratique aux dépens des autres. Pas forcément celui des femmes. Ce qui ne les empêche pas d'être drôles.

Par ailleurs, les filles sortent autant que les mecs...

Finalement, elles sont tout aussi épuisantes et ont autant de mauvaises habitudes... Par exemple, lorsqu'il est préférable d’aller se coucher parce qu'il y a un concert le lendemain, les filles restent debout jusque 4h du mat' à boire et fumer.

Bref, elles sont différentes, mais, au bout du compte... c'est la même chose (rires) !

Tropical Fuck Storm : album « Fairyland Codex » (Fire Records), paru ce 20/06/2025

En concert

Reflektor (Liège) - 4 septembre

Wintercircus (Gand) – 6 septembre

 

TVOD

Un show rock’n’roll, bordélique, énergique et rafraîchissant…

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La copieuse tournée de TVOD transitait, ce mercredi 11 juin, par le club de l’Aéronef.

TVOD (pour Television Overdose et pas pour la vidéo transactionnelle à la demande) est une formation new-yorkaise, issue de Brooklyn, très exactement, dont le premier opus, « Party time », est paru en mai dernier. Il fait suite à deux mini-elpees, « Daisy », gravé en 2020, et « Victory Garden », en 2021.

Fusionnant les influences post-punk, dance punk et krautrock, non seulement la formation bouscule les genres, mais elle s’est forgé une fameuse réputation pour ses concerts incroyablement imprévisibles où personne ne sait trop ce qui va se passer, y compris le groupe.

Le sextuor grimpe sur les planches dont deux blacks : une claviériste (aux cheveux roses/orangés) et un guitariste à la longue chevelure coiffée en rasta. Le line up compte également un second sixcordiste, un drummer (planté en retrait), une bassiste, et le chanteur Tyler Wright (il a enfilé un vieux t-shirt déformé par le temps et les lessives, on suppose) qui dès le premier morceau, « Clorox », ne tient pas en place. Dynamisé par les mélodies nerveuses, survolté, anarchique, le set entre alors dans une forme de chaos, mais sans pour autant perdre le fil.

Serge Zbrizher tient sa guitare très haut, quand il ne la brandit pas vers le plafond ou la foule, comme une arme, tout en déménageant sur toute la largeur de l’estrade, alors que son compère, Denim Casimir, se distingue surtout par sa technique et son feeling.

Une forme de paso doble berce « Boo » tandis que le single, « Car wreck » libère un bon groove, entretenu par la ligne de basse hypnotique et le drumming solide.

Pendant « Alcohol », Tyler sort une drôle de bouteille et en boit une lampée au goulot.

« Mud » trahit des réminiscences empruntées aux B-52’s. Wright mime des gestes de boxeur sur un ring. Sa voix mi-parlée, mi-chantée me fait penser à celle de James Cox (Crows). Régulièrement, il se cache le visage en soulevant son t-shirt, un peu comme un footballeur pro qui vient de manquer la conversion d’un penalty ou une occasion en or. Avant d’attaquer « Poppies », il se lâche sur le président des States : ‘Fuck Trump’. ‘Fuck the IUSA’. Depuis son élection, la plupart des groupes et artistes indés américains ressentent une aversion profonde pour leur dictateur.

Il y a un bon bout de temps que dans la fosse, les premiers rangs s’agitent. Très concentrée sur son instrument, la bassiste a du retard à l’allumage, mais finit par se mettre au diapason des autres musicos, en remuant la tête et le corps.

En se tortillant et assurant les backing vocaux (rôle partagé avec le batteur, Mem Pahl), Jenna Mark, de son clavier, diffuse des sonorités vintages et spectrales. Et elle passe au lead vocal sur « Ex-Boyfriend Beat ».

Au cours de « PIT », les spectateurs répondent aux slogans prononcés par les musicos. Tout comme sur « Party time », le titre maître du nouvel album, une compo au cours de laquelle les guitares se révèlent joyeusement discordantes.

Le rappel est accordé très rapidement et s’ouvre par « Alien », avant de s’achever sur « Mantis ». Tyler lance son fil de micro au-dessus d’une barre de support du light show, rattache le microphone, et après avoir réussi son troisième essai, recommence à chanter…

Après un show aussi rock’n’roll, bordélique, énergique et rafraîchissant, il est évident que TVOD est prêt à enflammer les grands festivals. Il doit, peut-être, encore mieux canaliser son énergie. Mais votre serviteur et votre photographe partagent un même point de vue. Ils ont l’impression d’avoir assisté à la naissance d’un futur grand groupe de scène… (photos Ludovic Vandenweghe, ici)

Setlist

Clorox
Pool House
Bend
Car Wreck
Alcohol
MUD
Super Spy
Uniform
Poppies
Ex-Boyfriend Beat
PIT
Goldfish
Wet Brain
Party Time
Alien

Rappel

Wells Fargo Bank Account
Mantis

The 113 assurait le supporting act. Issu de Leeds, ce quatuor constitue une bonne surprise pour une première partie. Plus classique, son post punk est fédéré par le tempo new wave, syncopé, imprimé par le drummer. La musique est ténébreuse et viscérale. Malgré un accent local typique bien prononcé, Frank, le chanteur/guitariste, possède une bonne voix aux intonations hip hop. Lui et le second sixcordiste assènent des riffs impeccables et bien tranchants, alors que cotonneuse, la ligne de basse s’avère rapidement hypnotique.  Le band n’a pas encore sorti d’album, mais suivant la formule usuelle, il est à suivre de très près… (page ‘Artistes’  et photos Ludovic Vandenweghe ici

(Organisation : Aéronef, Lille)

 

Badvril

In Heaven

Deuxième elpee de Badvril, « In heaven » fait suite à « I am god », paru en 2024. Une chose est sûre, les titres de ces albums possèdent des références religieuses. Et sur le dernier, il y a même des plages baptisées « Hell » et « Possessed ». Ce qui explique, peut-être pourquoi, il serait le premier groupe shoegaze à se produire dans une prison fédérale.

Tant sur le plan sonore qu'esthétique, la formation cherche à générer une personnalité qui est fidèle au créateur-chanteur et guitariste principal, Becket Schroeder.

Douces et brumeuses, les harmonies vocales flottent au-dessus de l’instrumentation guidée par les guitares tour à tour oniriques, frénétiques, savoureusement discordantes, en couches ou encore sinusoïdales, mais alors dans l’esprit de My Bloody Valentine.

Extrait de ce long playing, « Bitter » est en écoute ici

Podcast # 85 de l’émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Moonpool

Nothing Sacred (Ep)

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Entre 2017 et 2024, cette formation répondait au patronyme The Sickly Hecks et pratiquait du garage rock.

En optant pour Moonpool, elle a aussi changé de style, puisque sur son premier Ep, « Nothing Sacred », les 5 pistes révèlent un vaste éventail d’influences qui oscillent du grunge des années 90 au shoegaze, en passant par le punk.

Percutants ils se distinguent par des guitares floues, carillonnantes ou crépitantes, des synthés lourds et des voix mélancoliques.

Issu de cet Ep, « Autumn » est en écoute 

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High Colorful Minds

High Colorful Minds (Ep)

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High Colorful Minds était à l'origine le projet personnel de Florian Godier, multi-instrumentiste et concepteur de jeux. Il est ensuite rejoint par John Harding, le bassiste de Pretty Inside.

Proposant trois plages, le premier Ep du duo bordelais est éponyme.

Il recèle trois pages diamétralement différentes, mais dont le titre d’ouverture, « Take It All » est largement inspiré de l'indie rock, avec guitare, basse et voix mais enrichi d’’électronique dont des synthés, des boîtes à rythmes et des loopers. Car sa musique se veut dansante tout en conservant des accents introspectifs et parfois mélancoliques.

Quant aux textes de ses chansons, ils sont principalement liés à la peur de vivre dans un monde déshumanisé. L'autoritarisme, la violence physique et mentale, la haine et la résignation face à ce qui peut sembler immuable sont souvent au cœur des paroles.

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Mei Semones

Animaru

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Agée de 24 ans, Mei Semones est une auteure-compositrice-interprète et guitariste étable à Brooklyn. « Animaru » constitue son premier elpee. Il fait suite à son Ep, « Kabutomushi », paru en 2024.

« Animaru », c’est la prononciation japonaise du mot animal. Mais il reflète également l'incarnation de la profonde confiance de Mei dans ses instincts.

En outre, ses textes traitent de l’amour non romantique : amour de la vie, amour de la famille, amour de la musique et de sa guitare.

Elle chante en anglais et en japonais, reflétant son identité interculturelle.

Son mélange unique et rafraîchissant d'indie, de bossa nova et de jazz trouve son équilibre entre tension et relâchement.

Souvent, au sein d'un même morceau, il y a des interventions de gratte acoustique épurées, des vocalises limpides, des vagues orchestrales de cordes et des rythmes de guitare complexes.

Et tout en demeurant agréable à l’écoute, cet opus est bien plus élaboré qu’il n’y paraît.

Le premier single, « Dumb Feeling » est disponible sous forme de clip ici et celui consacré à l’autre single « I can do what I want »,

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